FAQ
Vous avez des questions concernant les syndicats, le monde du travail, vos droits, vos obligations ou autre ? Retrouvez les réponses aux questions les plus fréquentes dans notre Foire aux questions.
Vous avez des questions concernant les syndicats, le monde du travail, vos droits, vos obligations ou autre ? Retrouvez les réponses aux questions les plus fréquentes dans notre Foire aux questions.
Dans cet espace, nous avons rassemblé les questions qui reviennent le plus souvent afin d'aider au mieux les travailleurs et les travailleuses concernant des problématiques bien précises au sein de leur entreprise.
Pour aider les travailleurs et les travailleuses à y voir plus clair sur leurs droits, nous avons donc répondu à leurs questions les plus fréquentes dans des FAQ spécifiques également disponibles en PDF.
À noter que tous les membres de la CNE dont les questions resteraient sans réponse malgré les outils ci-dessous sont invité·e·s à nous contacter, soit par email à l’adresse cne.info@acv-csc.be ou par téléphone, du lundi au mercredi de 9h à 12h et le jeudi de 13h30 à 16h30, au 067 88 91 00.
Parce que personne n'est à l'abri d'un gros pépin de santé, et parce que l'absence pour raisons médicales d'un·e travailleur·euse peut parfois s'étendre sur plusieurs mois, tout salarié·e doit connaître ses droits en entreprise.
Quelle est la différence entre un trajet de réintégration et un trajet de retour au travail (RAT) ? Quelles sont les conséquences d'une reprise progressive sur les revenus ? Qui peut enclencher le trajet de résiliation ? Est-il obligatoire de se rendre à une invitation du médecin du travail ? Voilà autant de questions dont vous trouverez les réponses dans notre FAQ - Maladies de longue durée.
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Parce que les vacances annuelles constituent un moment important dans la carrière des travailleurs et des travailleuses, la CNE considère qu'il est tout aussi important de faire respecter ses droits pendant cette période de l'année.
Outre les informations et conseils repris sur le site de la CSC, vous trouverez ci-dessous d'autres précisions liées aux vacances annuelles et à vos droits durant cette période.
+ À TÉLÉCHARGER | Vacances annuelles: tout sur les dernières nouveautés
Depuis le 1er janvier 2024, plusieurs mesures liées aux vacances annuelles s'imposent aux travailleurs et aux travailleuses.
+ À TÉLÉCHARGER | Tout sur mes droits durant les vacances annuelles
Le reclassement professionnel, c'est quoi ? Qui est concerné exactement ? Qui finance cette procédure ? Et, en tant que travailleur·euse, suis-je obligé·e d'accepter cet "outplacement" ? Les réponses à toutes ces questions, et bien d'autres encore, sont disponibles dans la FAQ - Guide syndical du reclassement professionnel.
À l'occasion d'une augmentation du remboursement minimum pour les transports en commun, la CNE a fait le point sur les règles minimales en matière d'intervention patronale dans les frais de déplacement liés au travail.
+ À TÉLÉCHARGER | Frais de déplacement : voici à quel remboursement (minimal) vous avez droit
Depuis le 1er janvier 2026, de nouvelles mesures ont cours en ce qui concerne le crédit-temps fin de carrière.
+ À TÉLÉCHARGER | Crédit-temps fin de carrière: tout ce qu'il faut savoir les nouvelles mesures
Parce qu'on apprend à tout âge et que le monde du travail évolue continuellement, les syndicats ont obtenu le droit pour les travailleurs et les travailleuses de se former tout au long de leur carrière. Voici les possibilités qui s'offrent aux travailleurs et aux travailleuses.
+ À TÉLÉCHARGER |Formation: tout ce qui existe pour les travailleurs et les travailleuses
Parce qu'il est possible d'agir syndicalement contre le harcèlement, les violences sexistes et sexuelles au travail, voici quelques informations et précisions utiles.
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+ À LIRE | Que faire en cas de harcèlement (sexuel) au travail?
Avec l'entrée en vigueur de nouvelles règles relatives à la responsabilité extracontractuelle, les travailleurs pourraient-ils plus rapidement être considérés comme responsables de leurs fautes ? Réponse.
+ À TÉLÉCHARGER | Les travailleurs plus rapidement responsables de leurs fautes?
Depuis septembre 2024, les syndicats, dont la CNE, mettent en garde contre les réformes prônées par le gouvernement Arizona. Parce qu'elles s'en prennent aux travailleurs et aux travailleuses (conditions de travail, salaires,...) mais aussi aux pensionné·e·s et aux plus faibles, les mesures du gouvernement fédéral suscitent d'importantes levées de boucliers au sein de la société.
Toutefois, l'intervention des syndicats dans le débat politique face aux réformes du gouvernement De Wever suscite aussi de nombreuses questions. Et c'est pour répondre à ces interrogations que la CNE a compilé une FAQ spéciale "Arizona".
Un scénario à la grecque en Belgique? Ce scénario est très improbable.
D’une part, les paramètres budgétaires de la Belgique n’ont rien de comparables avec ceux de la Grèce au moment de sa crise (2009). Le déficit de la Grèce (différence entre ses recettes et ses dépenses) était 3 fois plus important proportionnellement que celui de la Belgique actuelle.
| Grèce (2009) | Belgique (2025) | |
| Déficit (en % du PIB) | -15,4% | -5,5% |
| Dette (en % du PIB) | 128,5% | 107,5% |
D’autre part, la crise de la Grèce en 2010, et contrairement au récit simpliste qui en est souvent fait, s’explique principalement, non par son déficit (et les dissimulations de celui-ci aux autorités européennes), mais par l’inaction de la BCE. Quand la Grèce fut attaquée par ses créanciers sur les marchés financiers, la BCE aurait dû intervenir (en rachetant la dette) pour calmer les marchés financiers. Elle ne l’a pas fait et ce fut un désastre pour la Grèce et pour l’Europe. Depuis lors, la BCE a appris et évolué. Elle est intervenue en 2012 (risque d’éclatement de la zone euro) et en 2020 (pandémie) pour soutenir les Etats attaqués sur les marchés. Comment la BCE agira-t-elle à l’avenir? Personne n’est en mesure de le dire. Mais, dans l’hypothèse elle-même très peu probable où une telle crise surviendrait à nouveau, il y a très peu de chances que la BCE resterait au balcon. Une Europe qui doit affronter Trump et Poutine ne peut se payer le luxe de commettre à nouveau de telles erreurs. Bref, la BCE de 2025 n’est plus celle de 2010 et cela va à l’encontre des messages alarmistes.
D’ailleurs, l’un de nos plus prestigieux économistes, Paul De Grauwe, professeur à la London School of Economics et spécialiste mondialement connu des questions monétaires, a lui-même déclaré en 2024 que "Prétendre que la Belgique pourrait connaître un “moment grec” est tout à fait farfelu".
Non, pas du tout, la dette publique ne menace pas les générations futures. Il est totalement erroné de croire que les générations futures seraient contraintes de rembourser la dette actuelle (environ 600 milliards d’euros). Ceux qui propagent ce type de message font croire qu’un ménage endetté et un Etat endetté font face aux mêmes contraintes de remboursement. Or, c’est faux. Comme chacun d’entre nous le sait, lorsque nous avons un crédit bancaire, nous en remboursons la totalité, soit le principal et les intérêts. L’Etat n’est pas dans la même situation. Il rembourse les intérêts (les "charges de la dette"), mais pas le principal. Pourquoi? Parce que l’Etat "fait rouler" sa dette. Le principal est remboursé au fur et à mesure en émettant une nouvelle dette qui remplace l’ancienne. La dette de l’Etat est perpétuelle, elle fluctue selon les périodes, mais jamais elle n’est remboursée en tant que telle.
Pour s’en convaincre, il faut se représenter en quoi consiste concrètement la dette publique. La dette publique, ce sont des tranches de bons d’Etat ayant une échéance moyenne d’environ 15 ans. Chaque année, l’Etat rembourse d’anciennes tranches venant à échéance et émet de nouvelles tranches. Ces bons d’Etat sont vendus aux investisseurs (banques, épargnants, etc.). Mettons qu’en 2025, l’Etat émet une tranche de 100.000 euros de dette qui viendra à échéance en 2040. La génération de 2040 devra-t-elle rembourser cette tranche? Pas du tout. En 2040, l’Etat remboursera les détenteurs de la tranche émise en 2025 de leurs 100.000 euros en émettant une nouvelle dette de 100.000 euros. Il ne puisera pas dans ses recettes (impôts), ce qui veut dire que la génération de 2040 ne devra pas se serrer la ceinture pour rembourser 100.000 euros. La seule chose que l’Etat doit vraiment payer avec ses impôts, ce sont les charges sur la dette. Si la dette est de 600 milliards € et le taux annuel sur la dette de 3 %, il y aura 18 milliards d’euros de charges d’intérêt chaque année. C’est une dépense de l’Etat inscrite dans son budget annuel. En résumé, l’Etat (c’est-à-dire nous) paye les intérêts mais pas le principal.
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En outre, l’Etat se différencie d’un ménage parce qu’il détient une arme qu’aucun ménage n’a: la création monétaire. Certes, l’Europe a une situation unique au monde, car il ne s’agit pas à strictement parler de l’Etat (ou de la Banque nationale de Belgique), mais de la Banque centrale européenne (BCE). Admettons que, lorsque la dette de 100.000 euros vient à échéance, l’Etat n’arrive pas à trouver des créanciers pour lui fournir 100.000 euros de nouvelle dette. La BCE peut décider de créer 100.000 euros de monnaie et acheter 100.000 euros de bons de l’Etat belge. Elle peut aussi utiliser la création monétaire pour réduire le taux d’intérêt et donc les charges sur la dette à payer par l’Etat belge. Vous connaissez un ménage qui peut faire cela? En clair, l’Etat dispose de deux moyens pour éviter que les générations futures remboursent la dette: faire rouler la dette, créer de la monnaie pour racheter la dette si les marchés financiers (c’est-à-dire en fait les banques) ne le font pas.
On entend souvent dire que la Belgique "dépense trop" et que notre État social serait devenu trop coûteux. Pourtant, quand on regarde les chiffres de près, cette idée ne tient pas vraiment. Oui, la Belgique a un niveau élevé de dépenses publiques, mais ce n’est pas dans la protection sociale que nous dépensons davantage que nos voisins. Au contraire, pour des postes comme les pensions, le chômage, le logement ou les soins de santé, la Belgique se situe en dessous de la moyenne de nos pays voisins. Là où nous dépensons réellement plus, c’est dans les aides et subsides aux entreprises, qui représentent une part nettement plus importante de nos dépenses publiques par rapport aux autres pays.
Il faut aussi rappeler que le niveau de dépenses publiques n’est jamais une question purement économique. C’est avant tout un choix de société. Une société peut décider d’organiser collectivement des services essentiels - via les services publics et la sécurité sociale - ou, au contraire, de laisser ces besoins à la charge des individus via le marché. Dans les pays où l’État dépense moins pour la protection sociale, cela ne signifie pas que les travailleurs dépensent moins au total. C’est même l’inverse: les ménages doivent souscrire davantage d’assurances privées, ce qui augmente leur facture personnelle. Quand on additionne dépenses publiques et dépenses privées liées à la protection sociale, la Belgique ne se distingue donc pas par un niveau global élevé. Certains pays voisins - ainsi que les États‑Unis - consacrent plus d’argent à la santé, aux pensions ou à la solidarité, mais en laissant beaucoup plus de coûts à la charge des familles.
En réalité, la question de savoir si la Belgique peut « se permettre » un État social étendu est donc mal posée. Ce n’est pas une contrainte économique inévitable, mais un choix politique : celui de répartir collectivement les risques et les besoins, ou de faire porter cette responsabilité sur les individus. Et les comparaisons internationales montrent clairement qu’un État social fort ne coûte pas nécessairement plus cher à la société dans son ensemble ; il peut simplement permettre une répartition plus équitable et plus efficace de la facture.Les syndicats ont de multiples propositions pour réinvestir dans les services essentiels à la population, la sécurité sociale et la transition écologique. Certaines peuvent être mises en œuvre tout de suite:
Ces mécanismes, même s’ils étaient mis en œuvre aujourd’hui, ne suffiraient pas pour financer ce dont nous avons besoin. L’adaptation de la société au changement climatique va coûter énormément d’argent aux Etats. Il faut donc aussi réfléchir au refinancement de l’Etat en allant au-delà du cadre actuel qui est très limitatif (règles européennes).
Une source d’inspiration très utile pour le faire est l’histoire économique. Posons-nous des questions. Où les gouvernements ont-ils trouvé l’argent pour faire la guerre en 40-45? Pour se reconstruire après 1945? En créant des alternatives. Le fait est qu’ils ont trouvé l’argent et qu’ils ont en plus, après 1945, construit un Etat-providence, des transports publics, etc. Un autre moment intéressant et celui de la pandémie (2020). Où nos gouvernements ont-ils trouvé l’argent pour vaincre le virus (vaccins, respirateurs, etc.) et éviter un crash économique? En créant des alternatives de financement : émission pour la première fois d’une dette européenne (et plus seulement nationale) ; suspension pour la première fois des règles budgétaires européennes ; soutien inconditionnel de la dette des Etats par la BCE et création massive de monnaie pour financer les Etats (là aussi c’était la première fois pour la BCE).
Quand les Etats veulent se refinancer, ils y arrivent... Ne nous laissons pas manipuler par ces politiciens qui disent qu’ils ne peuvent rien y faire. S’ils ne peuvent/veulent rien faire, qu’ils laissent la place à des politiciens plus imaginatifs et volontaristes!D’abord, certains besoins essentiels restent non couverts: en 2024, le revenu d’intégration pour une personne isolée ne représente que 84% du seuil de pauvreté, et d’autres allocations restent clairement insuffisantes pour vivre dignement. Réduire les dépenses reviendrait à sabrer dans les services publics et la protection sociale, alors que la pauvreté reste élevée: en 2024, 11,4% de la population vit sous le seuil de pauvreté, et 18,3 % est à risque d’exclusion sociale
Ensuite, la Belgique est un pays très riche, mais la richesse y est extrêmement concentrée. Selon Oxfam, les 17 milliardaires belges possèdent plus que 31% de la population, soit 3,6 millions de personnes. Le 1% le plus riche détient 22% de la richesse totale, soit plus que les 75% les moins riches réunis.
Or, la fiscalité actuelle est moins progressive qu’on ne l’imagine. Alors que les citoyens paient en moyenne 43 % de leurs revenus en impôts, le top 1% n’en paie que 23%, et les 20% les plus pauvres 37%. Les revenus du capital sont largement avantagés. Ils doivent plus contribuer aux dépenses publiques.
Enfin, la transition écologique - isolation, énergies renouvelables, transports publics - exige des investissements massifs. Des coupes budgétaires rendraient ces investissements impossibles, alors qu’ils sont indispensables pour réduire les factures énergétiques et assurer notre avenir.
Augmenter les recettes là où la richesse se concentre est la solution la plus juste pour financer un État social solide et préparer l’avenir.
Il est un fait que l’Europe et l’OTAN réclament que la Belgique dépense énormément d’argent dans sa défense. Curieusement, alors qu’on nous prétend depuis trente ans que le vieillissement démographique est impayable, nos gouvernements trouvent énormément d’argent pour se réarmer. Rien que cela devrait nous faire réfléchir.
Cependant, la vraie question est celle de savoir s’il est possible à la fois d’investir dans la défense et d’investir dans les autres besoins essentiels de la société. Le gouvernement nous dit que ce n’est pas possible, qu’on doit choisir. En fait, c’est faux, et un minimum de connaissance historique le prouve. Lorsque le Royaume-Uni et les Etats-Unis ont dû financer leur énorme effort militaire en 1940-45 pour gagner la guerre, ils ne l’ont pas fait en désinvestissant les services essentiels (santé, éducation, routes, voies ferrées...) mais en trouvant des alternatives. C’est assez aisé à comprendre. Vous ne pouvez mobiliser votre population pour faire la guerre si en même temps vous détruisez les services qui lui sont proposés. On n’attire pas des mouches avec du vinaigre...
Mais ces alternatives, c’était quoi? Demander aux citoyens et entreprises qui avaient de l’argent en réserve de l’investir dans des bons d’Etat "patriotiques", voire les y obliger. Ou encore, utiliser cette arme extraordinaire que l’Etat et les banques ont, la création monétaire. La banque centrale et les banques privées ont la privilège de créer de la monnaie par simple jeu d’écriture. C’est très banal. Quand une banque vous fait crédit de 100.000 euros, elle crée une écriture sur votre compte, ces 100.000 euros ne provenant pas d’une épargne préexistante. C’est la création monétaire. Si ces Etats du passé ont utilisé ces alternatives, pourquoi les Etats d’aujourd’hui n’agissent-ils pas de même? C’est cela la vraie question. Il y a gros à parier que nos Etats, s’ils prétendent vraiment atteindre leur objectif de réarmement, vont innover.En parlant d’attractivité, les entreprises mettent les pays et les travailleurs en compétition.
Politiquement cet argument est problématique. En parlant d’attractivité, les entreprises mettent les pays et les travailleurs en compétition. Si on baisse les salaires en Belgique pour être plus compétitif que les travailleurs·euses français·es (ou les Chinois·es ou les Américains·es,…), les Français·es se voient obligé·e·s de faire la même chose pour rester "compétitifs". On rentre dans une spirale de nivellement par le bas qui ne bénéficie qu’aux actionnaires de ces entreprises. A long terme, cet approche détruit aussi le marché pour la plupart des entreprises car si seule 1% ou 10% les plus riches ont encore du pouvoir d’achat il ne restera plus personne à qui vendre des choses et des services…
C’est pour ça que la CNE est internationaliste. Nous pensons qu’il est dans notre intérêt à tou.te.s d’améliorer les conditions de vie de tous les travailleurs et toutes les travailleuses dans le monde. Nous ne serons libres que si nous le sommes tou.te.s, sinon patrons et gouvernements continueront toujours de nous mettre en compétition les uns avec les autres.
Par ailleurs, même si on accepte l’argument de la compétitivité, dans le cas des entreprises qui vendent leurs produits à l’international par exemple et dont le prix est dicté par le "marché". De nombreuses études montrent que la présence des organisations syndicales et une concertation sociale structurée permet en réalité d’améliorer la productivité, l’innovation et la compétitivité des entreprises.
Du point de vue macroéconomique, les syndicats améliorent le pouvoir d’achat des travailleurs.euses et donc soutiennent la demande intérieure. Les gens ont des meilleures salaires, plus de sécurité et plus de temps libre, ils consomment donc plus ce qui est positif pour les entreprises qui vendent sur le marché intérieur. En Belgique, c’est un élément fondamental de la croissance belge.
Cette vision évite toutes les discussions essentielles : qu’est-ce qu’on produit ? Pour qui ? Qui en profite ? Quels sont les effets négatifs ? Face aux défis sociaux et écologiques de notre temps, il faut remettre ces questions au centre des débats. Attirer des entreprises est nécessaire, évidemment. Mais pour quoi faire ? Avec quels emplois ? Avec quels impacts écologiques ici et ailleurs ?
La CNE partage le constat qu’il faut agir face à l’augmentation du nombre de travailleurs et travailleuses en maladie de longue durée. Mais elle refuse l’approche du gouvernement Arizona du MR et des Engagés, qui consiste à culpabiliser et sanctionner les personnes malades.
Pour la CNE, les solutions doivent être double.
La maladie de longue durée n’est pas un manque de volonté de travailler, mais la conséquence de carrières toujours plus longues et de conditions de travail dégradées.
Concrètement, il est possible - mais c’est un choix politique - d’agir en amont:
Moins de travail qui rend malade, c’est moins de maladies de longue durée.
Parce que la maladie peut toucher n’importe qui, à n’importe quel moment, il faut garantir à celles et ceux qui tombent malade de pouvoir guérir sans pression financière ni administrative. Cela implique:
Mettre la pression sur les personnes malades n’accélère pas la guérison: cela prolonge et aggrave les maladies.
Pour la CNE, il faut prévenir plutôt que punir, protéger la santé plutôt que sanctionner.
C’est cette approche humaine, efficace et responsable que défend le syndicat.
Au sein des entreprises, il existe un conflit entre le patron et les travailleurs, même s’il n’y a ni agressivité ni violence.
Le conflit résulte des intérêts divergents qui animent le patron et les travailleurs·euses. Le patron veut faire tourner son entreprise/son institution de la manière la plus productive possible, soit pour avoir des bénéfices, soit des "parts de marché", soit davantage de subsides, soit améliorer son image de marque… Cette logique néolibérale est "naturelle" dans les secteurs marchands mais elle s’infiltre également dans les secteurs publics et non marchands. Les patrons y prescrivent les mêmes modes de management que dans le privé et les mêmes mots s’y retrouvent: "collaborateur, talent, optimisation, maximisation des performances, modernisation, task force, KPI, responsabilité, flexibilité, agilité…"
Les travailleurs vendent leur force de travail d’abord pour obtenir un salaire qui doit leur permettre de se nourrir, de se loger, de se soigner, de prendre soin des personnes dont ils ont la responsabilité et de s’épanouir via des loisirs propres. Si elles·ils acceptent, via leur contrat de travail, d’être sous l’autorité d’un·e patron·ne durant leur temps de travail moyennant un salaire, ce n’est pas à n’importe quelles conditions : le temps de travail doit être défini et respecté, les conditions de travail ne doivent pas nuire à leur intégrité physique et mentale (si c’est le cas, il faut des compensations)…
Les intérêts des patron·ne·s et des travailleureuses ne sont pas identiques. Le dialogue social n’existe pas sans rapport de force. Les travailleureuses et les employeurs·euses ne sont pas sur pied d’égalité. Les employeurs·euses sont dans un lien hiérarchique par rapport aux travailleureuses: ils·elles disposent du pouvoir d’acheter leur force de travail ou pas, d’améliorer ou d’empirer leurs conditions de travail et de vie... ou pas.
Ce n’est qu’en s’unissant, en s’organisant en syndicat que les travailleurs·euses peuvent faire le poids et montrer au patron·ne que si lui peut faire fonctionner son entreprise/institution, c’est uniquement grâce à l’expertise et à la force de travail des travailleureuses.
Le banc patronal ne donne pas de nouveaux avantages/droits/amélioration pour rien.
Pour activer le rapport de force, les travailleurs·euses ont beaucoup de moyens à leur disposition et, avant d’arriver à la grève, il y a beaucoup d’étapes qui ont été envisagées et testées: informations, consultations, discussions, enquêtes, pétitions, assemblées générales, arrêts de travail, actions symboliques, …
Mais la grève est un droit et le moyen le plus efficace de visibiliser le rôle essentiel que jouent les travailleurs·euses dans l’entreprise: sans elles·eux, rien ne tourne. Elles·Ils ont donc droit à des conditions de travail qui leur permettent de travailler correctement, en respectant leur santé.
La CSC n’est pas impliquée dans la politique des partis, mais il est évident qu’elle est en contact avec le monde politique. C’est inévitable, car la politique a un impact considérable sur la vie des travailleurs. Il suffit de penser à la formation des salaires, aux diverses formes de flexibilité, aux pensions,...
Il est d’ailleurs frappant de constater qu’une fois élus et au pouvoir, les responsables politiques prennent des décisions qu’ils n’avaient pas évoquées avant les élections. Or, la démocratie ne se résume pas être autorisé à noircir une case une fois tous les cinq ans, après quoi les responsables politiques ont les coudées franches. La démocratie doit laisser place à une participation permanente, y compris de la part des citoyens ordinaires. La promotion et la défense des intérêts des travailleurs, au travers de discussions et de concertations avec les responsables politiques, constituent une partie importante et constante de notre travail. En exerçant des pressions sur les partis et les responsables politiques, les syndicats cherchent à obtenir des avancées positives en matière de droits du travail, de salaires, de conditions de travail et d’enjeux sociétaux.
"La concertation sociale quand c’est possible, l’action syndicale quand c’est nécessaire", telle est la devise de la CSC.
Le gouvernement Arizona évoque souvent la concertation sociale dans son accord. Toutefois, elle doit se faire entre partenaires de discussion égaux. Et c’est là que le bât blesse. Les organisations patronales sont très favorables à l’égard du gouvernement Arizona et nous savons tous pourquoi: elles bénéficient largement de la politique de ce gouvernement. Alors, pourquoi devraient-elles organiser des concertations sociales sérieuses avec les syndicats? Elles obtiendront ce qu’elles veulent avec le gouvernement. D’ailleurs, ce gouvernement déclare que si les interlocuteurs sociaux ne parviennent pas à un accord, il tranchera lui-même.