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L’indexation dans les secteurs de la CNE 

Nouveaux secteurs indexés à partir du 1er juillet 2026

  • CP 130 - Commission paritaire pour les employé·e·s de l'imprimerie, des arts graphiques et des journaux: +2,05%
  • CP 202 - Commission paritaire pour les employé·e·s du commerce de détail alimentaire: +1%
  • CP 209 - Commission paritaire pour les employé·e·s des fabrications métalliques: +2,81%
  • CP 211 - Commission paritaire pour les employé·e·s de l'industrie et du commerce de pétrole: +2%
  • CP 310 - Commission paritaire pour les employé·e·s des banques: +0,52%
  • CP 311 - Commission paritaire pour les employé·e·s des grandes entreprises de vente au détail: +2%
  • SCP 315.01 - Sous-commission paritaire pour les employé·e·s de la maintenance technique, l'assistance et la formation dans le secteur de l'aviation: +2%
  • CP 320 - Commission paritaire pour les employé·e·s des pompes funèbres: +2,06%
  • CP 330 - Commission paritaire pour les employé·e·s des établissements et des services de santé: 2%
  • CP 332 - Commission paritaire pour les employé·e·s dans le secteur francophone de l'aide sociale et des soins de santé: +2%

Secteurs indexés à partir du 1er août 2026

  • CP 304 - Commission paritaire pour les employé·e·s du spectacle et des arts de la scène: +2%
  • CP 307 - Commission paritaire pour les employé·e·s du courtage en assurances: +2%
  • SCP 318.01 - Sous-commission paritaire pour les employé·e·s des services des aides familiales et aides seniors (Communauté française et Communauté germanophone): +2%
  • SCP 319.02 - Sous-commission paritaire pour les employé·e·s des établissements et services d'éducation de d'hébergement de la Communauté française, de la Région wallonne et de la Communauté germanophone: +2%
  • SCP 329.02 - Sous-commission paritaire pour les employé·e·s du secteur socio-culturel de la Communauté française, de la Communauté germanophone et de la Région wallonne: +2%
  • CP 330 - Commission paritaire pour les employé·e·s du secteur des prothèses dentaires: +2%
  • CP 332 - Commission paritaire pour les employé·e·s dans le secteur de l'aide sociale et des soins de santé en Communauté germanophone: +2%
  • CP 337 - Commission paritaire pour les employé·e·s du Non Marchand: +2%

 

L’indexation, qu’est-ce que c’est ?

 

Le pouvoir d’achat des travailleurs se détériorerait petit à petit si le montant de leur rémunération reste constant tandis que le coût de la vie augmente.

 

Une manière de lutter contre cette dévaluation de l’argent est de lier le montant de la rémunération à la variation du prix des biens et services : c’est l’indexation. Contrairement aux augmentations barémiques issues des négociations liées à l’accord interprofessionnel (AIP) ou aux accords du Non Marchand, l’indexation n’est pas une réelle augmentation de salaire. En effet, le salaire qui augmente avec l’indexation permet simplement de continuer à maintenir un niveau de vie équivalent lorsque les prix ont augmenté.

 

La liaison de la rémunération à l’augmentation des prix à la consommation n’est prévue dans aucune loi. Le Conseil National du Travail n’a conclu aucune convention collective de travail (CCT) interprofessionnelle à ce sujet. C’est donc au niveau des secteurs, via les (sous-)commissions paritaires (CP), qu’ont été adoptées des CCT sectorielles prévoyant l’indexation des rémunérations. A défaut, c’est-à-dire lorsque l’indexation n’est pas prévue dans une CCT sectorielle, il faudra s’en référer aux dispositions du contrat de travail individuel. Si rien n’y est prévu, l’indexation n’est pas obligatoire.

 

 

L’indexation, comment ça marche ?

 

L’évolution des prix

 

Toutes les commissions paritaires (*) prennent en compte le même critère pour évaluer l’augmentation des prix : l’indice des prix à la consommation. 

 

Cet indice mesure l’évolution des prix des biens et services consommés par les ménages. En principe, les prix de tous les biens de consommation et de tous les services devraient être évalués. Comme cela n’est pas possible, l’indice est établi sur base d’un panier reprenant les principaux biens et services (environ 500). La valeur de ce panier est déterminée chaque mois, en points.

Une indexation plafonnée par l'Arizona

Alors que ce n’était pas prévu dans l’accord de coalition, le gouvernement Arizona du MR et des Engagés a fait adopter (contre l’avis des interlocuteurs sociaux !) une loi instaurant un double saut partiel d’indexation.

À deux reprises, en 2026 et en 2028, l’indexation (2%) ne s’appliquera pas à la partie du salaire qui dépasse 4.000 € bruts par mois.

Le gouvernement, en plafonnant l’indexation des salaires, s’attaque au principe-même du système : lorsque les prix augmentent, les salaires suivent. L'indexation n'est pas une augmentation salariale mais un mécanisme de maintien du pouvoir d'achat.

L’Arizona présente la mesure comme une contribution des travailleurs·euses à l'effort budgétaire. En réalité, il leur demande d'assumer une partie de l'inflation alors que l'indexation a justement été créée pour éviter cela. Ainsi, un travailleur de 30 ans avec un salaire de 5.000 € par mois perdra 8.263 € sur l’ensemble de sa carrière.

Mais pire encore : le plafonnement de l’indexation des salaires du secteur privé fera en réalité perdre de l’argent à la Sécu et aux caisses de l’Etat. Moins de salaires bruts versés équivaut à moins de cotisations sociales et d’impôts !

Les seuls gagnants sont les employeurs et les actionnaires, qui voient leur marge bénéficiaire augmenter parce qu’ils ne doivent pas – ou moins – adapter les salaires. À partir de 2030, la mesure leur fera gagner 800 millions d’€ par an.

Il ne s’agit pas réellement d’une mesure budgétaire, mais d’un transfert vers les employeurs, aux dépens des travailleurs·euses et de la Sécu/l’Etat !

Le plafonnement d’indexation s’inscrit dans la même logique que la norme salariale bloquant l’augmentation de nos salaires : faire porter l'effort sur les revenus du travail plutôt que sur les revenus du capital (dividendes, revenus financiers, etc.) ou les bénéfices des entreprises.


Par la soustraction de certains produits du panier de l’indice des prix à la consommation, à savoir les boissons alcoolisées, le tabac et les carburants (à l’exception du LPG), on obtient l’indice santé. Enfin, l’indice santé lissé est la moyenne des indices santé des 4 derniers mois. 

 

Les indices santé lissé peuvent être consultés sur le site gouvernemental STATBEL (se référer à la colonne de droite, « 2013 = 100 - Indice lissé »). 

 

La liaison des salaires à l’évolution des prix

 

Les modalités de la liaison des salaires à l’augmentation des prix mesurée via l’indice santé lissé sont définies par chaque secteur. Il n’existe pas un régime unique d’indexation, mais plutôt un éventail de différents mécanismes.

 

Certains secteurs prévoient une indexation uniquement pour les salaires barémiques minimums. Si l’employeur octroie un salaire effectif plus élevé que le minimum barémique sectoriel, il ne devra pas, en vertu de la CCT sectorielle, l’indexer. Dans d’autres secteurs, tant les salaires barémiques que les salaires effectivement octroyés doivent être indexés.

 

Quant aux modalités concrètes, on peut prévoir une indexation à période fixe ou une indexation conditionnée au dépassement d’un seuil. Dans le premier cas, l’indexation se fait à un moment déterminé. Il peut s’agir par exemple d’une indexation mensuelle, trimestrielle ou annuelle. C’est par exemple le cas en CP 200, où les salaires sont indexés au 1er janvier de chaque année. Dans le second cas, l’indexation se fait lorsque l’indice santé lissé atteint ou dépasse un seuil déterminé, appelé indice-pivot. Chaque commission partitaire fixe son propre indice-pivot, qui évolue suivant une moyenne arithmétique (chaque indice-pivot étant égal au précédent multiplié par un certain montant – le plus souvent 2%).

 

Lorsque l’indice santé lissé (parfois, il doit s’agir de la moyenne de plusieurs indices santé lissé consécutifs) atteint ou dépasse l’indice-pivot, les salaires sont augmentés d’un certain pourcentage (en général, 2%) le mois suivant ou le deuxième mois qui suit celui du dépassement.

 

Selon les règles édictées par chaque secteur, le moment et le montant de l’indexation peuvent donc grandement différer. 

 

L’ensemble des règles applicables aux secteurs représentés par la CNE est détaillé ci-dessous.

 

(*) Pour déterminer votre commission paritaire (CP), consultez votre fiche de paie.