Analyse
07/01/2026
Ce 8 janvier en fin de journée, c’est le « CEO Jackpot Day » en Belgique !
Ce 8 janvier en fin de journée, les CEO du Bel 20 auront déjà gagné l’équivalent du salaire annuel médian des travailleurs belges.
Sachant que le salaire mensuel médian des travailleurs belges en 2024 est de 4.237€ brut par mois (salaire estimé sur base des dernières statistiques disponibles), les CEO du Bel 20 gagnent le salaire annuel médian des travailleurs belges en 5 jours de travail1. Sur base du calendrier 2026, c’est donc ce 8 janvier en fin de journée que les CEO du Bel 20 auront gagné l’équivalent d’un an de salaire du travailleur belge médian. Un CEO du Bel 20 gagne donc 52 fois le salaire médian.
L’écart est encore plus fragrant avec le salaire minimum. En 2024, le salaire minimum (revenu minimum mensuel moyen garanti) est de 2.070,48€. Un CEO du Bel 20 gagne plus de 124 fois le salaire minimum. Il a gagné autant qu’un travailleur au salaire minimum après 2,1 jours de travail.
Entre 2014 et 2024, la rémunération médiane des CEO du BEL 20 a augmenté de 92,1% alors que le salaire médian n’a augmenté que de 42,4% et le salaire minimum de 37,9% (chiffres inflation comprise). Cela montre de manière très évidente que tous les salaires ne sont pas logés à la même enseigne. Alors que les augmentations de salaire de la plupart des travailleurs sont bloqués par la loi de blocage des salaires (loi de 1996 sur la compétitivité), les salaires des CEO du BEL 20 se sont envolés ces dernières années.
Le double saut d’index partiel prévu par l’Arizona engendrera des pertes salariales importantes pour beaucoup de travailleurs. Ainsi, le double saut d’index prévu par l’Arizona pour les salaires bruts à temps plein de plus de 4.000€ par mois ferait perdre plus de 4.000€ pour un travailleur payé au salaire médian avec encore 20 ans de carrière avant la pension ou 13.848,61€ pour un travailleur avec un salaire de 5.000€ brut par mois et 20 ans de carrière avant la pension.
« Pour diminuer les inégalités et augmenter la part de la richesse qui revient aux travailleurs, nous voulons, au contraire, supprimer la loi de blocage des salaires pour obtenir des augmentations de salaires bruts et nous voulons maintenir et étendre l’indexation des salaires » indique Clarisse Van Tichelen, permanente au service d’études de la CNE.

