08/05/2023
Est-ce que vous trouvez cela juste ?
Durant plus de 30 ans elle a travaillé pour Delhaize. Son mari aussi, puis sa fille. Pendant le Covid, sans masque ni protection, méprisée par ses patrons, applaudie par les clients, elle a continué : parce que le commerce alimentaire, c’est essentiel, n’est-ce pas ?
Delhaize a fait des bénéfices énormes, les dividendes aux actionnaires ont quasi doublé, mais son salaire à elle est bloqué depuis des années, sur ordre d’un gouvernement couché devant les grands patrons.
Est-ce que vous trouvez cela juste ?
Et puis, il y a deux mois, elle a appris qu’elle n’était pas seulement vendeuse ; elle était désormais vendue. Comme 9.300 autres. Dont environ 5 à 6.000 verront leur emploi disparaître. A surface de vente égale, en effet, un magasin franchisé emploie (en CDI) environ un tiers du personnel d’un magasin normal. Le restant du boulot ? Il sera compensé par la cravache (des journées plus longues et moins bien payées), des étudiants, des intérimaires… voire du travail en noir comme on l’a vu dans plusieurs cas.
En Belgique, la loi impose à une entreprise qui vire plus de 30 personnes de passer par une procédure « Renault ». Mais Delhaize a trouvé un truc : il se débarrasse de 9.200 personnes… mais ne les licenciera pas lui-même : chacun des 128 « indépendants » (pieds et poings liés) choisira qui il garde et qui il jette. Il n’y aura ni procédure Renault, ni concertation : « mes conditions, ou le chômage ». Et si une partie de ces franchisés tombent en faillite ? Tant pis, Delhaize ne sera responsable de rien : les milliards sont partis aux Pays-Bas, le personnel a été vendu et peut rester sur le carreau…
Est-ce que vous trouvez cela juste ?
Vous aurez, peu ou prou, la même histoire si vous remplacez « Delhaize » par « Mestdagh » ou par « Total shops » : les magasins des stations d’autoroute sont menacés de disparation par le recul des moteurs thermiques… la multinationale Total, qui vient d’offrir 5.000 millions € à ses actionnaires, n’imagine pas assumer la moindre responsabilité : shops et personnel sont à vendre, et « après nous les mouches ! ».
Dans tous ces cas, ces multinationales veulent utiliser pour leurs magasins les règles et conventions prévues pour les vrais petits indépendants. Qui paiera la facture ? Les clients moins bien servis, le personnel écrabouillé, et la société (le travail digne disparaît) Mais aussi les vrais indépendants : l’épicier du coin sera mis en situation de concurrence déloyale très violente avec un franchisé qui a une force d’achat et de promotion un million de fois plus grande que lui. Mais le gouvernement laisse faire : il paraît que c’est « légal »
Est-ce que vous trouvez cela juste ?
Nous, non.
Nous sommes toutes et tous Delhaiziens. Triplement. D’abord par solidarité : nous n’accepterions pas qu’on fasse ça à notre frère ou à notre fille : nous ne le tolérerons pas non plus pour nos collègues. Ensuite par réalisme : la violence de Mestdagh, Delhaize et compagnie, c’est aussi celle qui nous est réservée, à presque tous, demain. Si eux sont à vendre, alors nous sommes toutes à vendre ! Enfin, par fierté. Nous sommes Delhaiziens dans le combat digne et courageux ; nous sommes fiers de faire partie de cette classe qui ne se laisse pas écraser. Ils ont les milliards, mais nous sommes les millions : et nous allons gagner. Avec vous
Chaque samedi, venez nous aider près de chez vous.
N’entrez plus dans un Delhaize tant que le conflit dure !
Tous à Bruxelles le lundi 22 mai !
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Felipe Van Keirsbilck
Secrétaire général

