Mercredi 7 avril 2021 Une manifestation pour que la Commission européenne donne la priorité à la santé plutôt qu'aux profits pharmaceutiques

Une cinquantaine de militants de la santé ont organisé une manifestation devant la Commission européenne. Les militants ont visuellement représenté la distribution inégale des vaccins contre la COVID-19 dans le monde et l'influence disproportionnée des entreprises pharmaceutiques sur la Commission européenne.

Les militants demandent à la Commission de faire du vaccin contre le coronavirus un bien public en levant les brevets et en obligeant les entreprises pharmaceutiques à partager les technologies existantes. Cette action a été lancée par le Réseau européen contre la commercialisation et la privatisation de la santé et de la sécurité sociale et l'initiative citoyenne européenne "No Profit On Pandemic". Cette dernière souhaite recueillir un million de signatures pour forcer la Commission européenne à agir. Plusieurs organisations belges ont participé à l'action, dont la CNE, ABVV-SETCA, ACV, la Mutualité Chrétienne, la Fédération des Maisons Médicales, Plate-forme d’action Santé & Solidarité, WSM, Viva Salud et Médecine pour le Peuple. A l'occasion de la Journée mondiale de la santé, des actions ont lieu dans toute l'Europe aujourd'hui.

Les pays riches, qui ne représentent que 14% de la population mondiale, ont jusqu'à présent réservé 53% des vaccins. La distribution rapide du vaccin dans le monde entier est non seulement justifiée sur le plan éthique mais elle est aussi nécessaire sur le plan médical. Une enquête menée par The People's Vaccine Alliance révèle que deux tiers des épidémiologistes interrogés estiment que le coronavirus va muter d’ici un an, voire moins, au point de rendre la plupart des vaccins actuels inefficaces.

“La pandémie a déjà coûté la vie à 860 8921 Européens (1) et met à rude épreuve le personnel et les systèmes de santé du monde entier. Pourtant, rien que cette année, la société pharmaceutique Pfizer peut tirer 15 milliards de la vente du vaccin contre la COVID-19 avec une marge bénéficiaire de 25 à 30 %. La logique du profit ne devrait jamais prendre le pas sur les vies et les moyens de subsistance de la population mondiale", déclare Yves Hellendorff, secrétaire national de la CNE secteur non marchand, membre du Réseau européen contre la commercialisation des soins de santé.

La Commission européenne bloque une proposition au sein de l'Organisation mondiale du commerce visant à retirer temporairement les brevets sur les vaccins, les traitements et les technologies contre la COVID-19. Cette proposition pourrait augmenter considérablement la capacité de production mondiale en permettant aux entreprises pharmaceutiques du monde entier de produire les vaccins approuvés. En effet, selon l'UNICEF, seulement 43% de la capacité mondiale de production de vaccins est actuellement utilisée pour produire des vaccins contre le coronavirus. Dans une lettre ouverte adressée le 2 avril aux dirigeants européens, 80 organisations dénoncent cette situation.

"Il est incompréhensible que la Commission européenne restreigne l'accès au vaccin pour protéger les profits du Big Pharma. Ce faisant, elle permet au coronavirus de faire encore plus de victimes. Mais grâce à la pression du public, nous pouvons changer cela" a déclaré Anne Delespaul, initiatrice de l'initiative citoyenne européenne No Profit on Pandemic.

L'initiative citoyenne européenne a déjà recueilli plus de 130 000 signatures grâce aux efforts de plus de 300 organisations en Europe. En Belgique, l'initiative est soutenue par plusieurs syndicats, mutuelles, ONG et organisations issues du secteur de la santé. Lorsqu'une ICE recueille un million de signatures, la Commission européenne est obligée de la prendre en considération.

(1)D'après les données de OurWorldInData, Bloomberg, données consultées le 1er avril 2021. Disponible sur https://www.bloomberg.com/graphics/2020-coronavirus-casesworld-map/ et https://ourworldindata.org/covid-vaccinations 


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