Salaires en Belgique: plusieurs indexations annoncées pour février 2026
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En Belgique, à partir du 1er février 2026, les travailleurs et les travailleuses de nombreuses commissions paritaires verront leur salaire être indexé.
Créé afin de permettre aux travailleurs et travailleuses de conserver un bon pouvoir d'achat, le système d'indexation automatique des salaires va s'appliquer à de nombreuses commissions paritaires à partir de ce 1er février 2026.
Parmi les secteurs gérés par la Centrale nationale des employés, pas moins de cinq commissions paritaires sont ainsi concernées par cette indexation:
- CP 304 - Commission paritaire pour les employé·e·s du spectacle
- SCP 318.01 - Sous-commission paritaire pour les services des aides familiales et des aides seniors de la Communauté française, de la Région wallonne et de la Communauté germanophone
- SCP 319.02 - Sous-commission paritaire des établissements et services d'éducation et d'hébergement de la Communauté française, de la Région wallonne et de la Communauté germanophone
- CP 329.02 - Sous-commission paritaire pour le secteur socio-culturel de la Communauté française et germanophone de la Région wallonne
- CP 337 - Commission paritaire auxiliaire pour le secteur non-marchand (sauf mutualités et universités libres)
Concrètement, le salaire des travailleurs et travailleuses de ces cinq commissions paritaires sera indexé de 2% dès février 2026.
En janvier, le système d'indexation automatique des salaires avait profité aux personnel de pas moins de 17 des commissions paritaires gérés par la CNE.
Pour rappel, le pouvoir d’achat des travailleurs se détériorerait petit à petit si le montant de leur rémunération reste constant tandis que le coût de la vie augmente.
Une manière de lutter contre cette dévaluation de l’argent est de lier le montant de la rémunération à la variation du prix des biens et services: c’est l’indexation.
Toutefois, et contrairement aux augmentations barémiques issues des négociations liées à l’accord interprofessionnel (AIP) ou aux accords du Non Marchand, l’indexation n’est pas une réelle augmentation de salaire. En effet, le salaire qui augmente avec l’indexation permet simplement de continuer à maintenir un niveau de vie équivalent lorsque les prix ont augmenté.
Plafonnement de l’indexation: l’Arizona appauvrit les travailleurs, enrichit les actionnaires
Grâce aux mobilisations syndicales, le gouvernement Arizona (MR et Les Engagés pour les francophones) n’a pas osé :
- Supprimer l’indexation automatique des salaires
- Imposer un saut généralisé d’indexation
Mais ce que le gouvernement n’a pas réussi à faire frontalement, il tente de le faire par la bande : un plafonnement de l’indexation pour les salaires considérés comme « plus élevés ».
Qu’est-ce que ça implique ?
Les salaires jusqu'à 4.000 euros brut continueraient d'être indexés normalement, comme c'est le cas actuellement.
Tout ce qui se trouve éventuellement au-delà de ce montant ne sera pas indexé.
Pourquoi c’est injuste ?
- Une attaque contre un travailleur sur deux
Le salaire médian dans le secteur privé se situe aux alentours de 4.000 euros. Cela signifie que la moitié des travailleurs sera concernée par la limitation de l’indexation des salaires.
La mesure ne cible donc pas les « épaules les plus larges » comme le prétend l’Arizona du MR et des Engagés, mais une personne sur deux.
Pour eux, il s’agira d’une perte de milliers d’euros au total. À titre d’exemple, un·e travailleur·euse qui touche 5.000 euros brut (environ 2.600 euros net) perdra environ 23.500 euros en 30 ans de carrière. Et le montant des pertes cumulées sur 30 ans atteindra même 45.400 euros pour un salarié·e qui perçoit actuellement 6.000 euros brut.
- Un nouveau cadeau aux employeurs…au détriment de la Sécu
Grâce au plafonnement, les employeurs dont les travailleurs gagnent plus de 4 000 € brut réaliseront une économie automatique.
Et le gouvernement annonce qu’ils peuvent garder la moitié de cette économie. Dans leur poche, ou dans celle des actionnaires.
Alors que si l’entièreté du salaire était indexée, non seulement cela ferait plus d’argent dans la poche des travailleurs (au lieu de celle des actionnaires), mais en plus cela permet de nouvelles rentrées d'impôts et de cotisations sociales pour financer l'État et la sécurité sociale (les hôpitaux, les écoles, les pensions, etc.).
Bref, moins d'indexation signifie évidemment moins d'argent pour les travailleurs et les travailleuses mais aussi moins de cotisations sociales et moins de financement pour les hôpitaux, les pensions, les malades,...
