ARC-EN-CIEL: PLUIE ET SOLEIL!

Lundi 9 septembre 2019, un peu plus de 100 jours après les élections, fumée blanche au niveau de la région wallonne et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Les trois partis PS-MR et ECOLO à propos desquels on aurait pu imaginer qu’ils ne gouvernent plus (pas) ensemble se sont mis d’accord sur un programme concernant la Wallonie et la Fédération.
Nous avons analysé les deux déclarations de politique gouvernementale.

Au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui gère les principales matières touchant à l’enseignement, le premier constat nous permet de dire que nous sommes face à une note à coloration progressiste.

D’une part, le futur Gouvernement entend poursuivre l’énorme chantier du Pacte, en concertation avec les acteurs et dans le cadre budgétaire pluriannuel tout en veillant via un monitoring constant à la soutenabilité financière pour la Fédération. Dans ce cadre, le tronc commun est maintenu jusqu’à la troisième année de l’enseignement secondaire; on parle à présent d’une troisième «orientante » qui permettra à l’élève de poser ses choix quant à son avenir. Nous osons espérer qu’il n’y a pas là d’un retour déguisé des options.

D’autre part, nous y retrouvons quatre de nos cinq priorités, à savoir : une attention aux personnels notamment en tenant compte de le dimension sociale du changement, la taille des classes, le refinancement de l’enseignement supérieur, la concertation sociale.

En matière d’attention aux personnel on notera la volonté d’améliorer notre système éducatif et la lutte contre la pénurie d’enseignants par une plus grande reconnaissance du travail des équipes pédagogiques. Pour ce faire, le Gouvernement s’engage à:
«mener une réflexion globale sur l’attractivité de la carrière d’enseignant et sur la manière de l’améliorer: conditions de travail, barèmes, tutorat, etc.» ;
La note se veut optimiste quant à l’enseignement fondamental puisque les partenaires s’engagent à «Continuer à soutenir l’enseignement maternel en prévoyant un encadrement adéquat afin d’assurer la qualité de l’accueil et améliorer le soutien à l’enseignement fondamental» et par «l’engagement plus élevé de puériculteurs». Un bémol concerne l’évaluation et l’adaptation du décret «titres et fonctions» dont nous continuons à penser qu’il est indispensable et certainement pas responsable de tous les maux qu’on veut bien lui prêter.

Le point «taille des classes» pèche par manque de courage et d’ambition. La déclaration y fait bien allusion mais uniquement pour «la classe d’accueil, des classes d’intégration et des classes accueillant des élèves à besoins spécifiques».

La déclaration aborde également la concertation sociale puisqu’on peut y lire que: «le Gouvernement entend défendre une concertation sociale et participative forte tout au long de la législature et mettre en œuvre les protocoles d’accord sectoriels signés par les partenaires sociaux et le Gouvernement».  Voilà de quoi nous rassurer.

L’enseignement supérieur fera l’objet d’un refinancement progressif. En outre, le Gouvernement s’engage à encourager les synergies et éviter les concurrences territoriales.

La réforme de la formation initiale des enseignants et son passage à quatre ans est postposée d’une année afin de (entre autres) «Évaluer le coût d’organisation de la réforme de la formation initiale des enseignants et son intégration dans la trajectoire budgétaire» et «évaluer le coût barémique de la réforme. Cette estimation portera sur 20 ans.» Petite piqûre de rappel: le dernier accord sectoriel prévoit la mise en place d’un groupe de travail qui d’ici deux ans devra s’accorder sur l’aspect barémique engendré par la réforme!

Le décret-inscriptions (qui a déjà fait couler beaucoup d’encre et de salive) sera abrogé et SIMULTANEMENT (le mot nous semble important) remplacé par de  nouvelles mesures. Pour la CSC-Enseignement il serait impensable que la nouvelle version empêche la mixité sociale dont on sait qu’elle est un aspect important pour la mise en place et la réussite du Pacte d’excellence.

Parmi les autres points qui rejoignent nos priorités, on pointera: l’amélioration du travail et de la mobilité interréseaux, la fin d’inégalités barémiques entre enseignants, la construction de nouvelles écoles qui organisent l’ensemble du tronc commun, la coopération entre les enseignants et les écoles,…

Certains points devront faire l’objet d’une attention soutenue de notre part. Parmi ceux-ci, je pointe notamment: la politique en matière des cours de langues mais aussi des cours de religion, la question des rythmes scolaires annuels et journaliers, les heures supplémentaires avec avantages fiscaux et la façon dont la réforme du qualifiant va être amorcée, la réforme de la certification…

Même si l’objectif de faire de la formation en alternance un parcours d’excellence est louable, le fait d’autoriser les élèves à accéder à l’enseignement en alternance en quittant prématurément le tronc commun remet en cause la philosophie de ce dernier et maintient l’image de relégation de la filière de l’alternance.

Reste à savoir qui sera le(s) capitaine(s) du navire et comment toutes ces mesures seront financées. Sur cet aspect la déclaration est particulièrement muette. Nous le rappelons une nouvelle fois, sans une politique de refinancement, l’enseignement risque de payer dans quelques années les frais des politiques actuelles. N’agissons pas pour cette matière comme nous le faisons pour le climat. N’attendons pas qu’il soit trop tard. 
A bon entendeur !

Roland LAHAYE, Secrétaire général

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