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Grève dans l'enseignement le 10 février 2022

Le front commun syndical estime qu'un coup de semonce clair envers le gouvernement de la FWB est plus que nécessaire.

Comment?

D'abord, par des arrêts de travail

En amont de la journée de grève, des arrêts de travail de moins de 50 minutes seront organisés en front commun  par les délégations syndicales durant la semaine du 31 janvier 2022. 

Ils seront l’occasion de réunions d’information qui pourront se tenir au moment le plus opportun compte tenu des réalités locales et dans le respect des règles sanitaires. 

Vos délégués disposeront sous peu de toutes les informations utiles.

Ensuite, par une journée de grève 

Faites part de  votre mécontentement en participant à la journée de grève du 10 février.

Une concentration le même jour sera organisée à Bruxelles à 11h00, place Surlet de Chockier

Pourquoi une telle action?

Tous les personnels de l’enseignement, toutes fonctions confondues, ont fait jusqu’à présent beaucoup d’efforts. Malgré cela, ils n’ont obtenu aucune véritable reconnaissance ni aucune revalorisation de leur métier. D’ autant plus durant ces deux dernières années, en pleine crise COVID, où chacun a fait preuve d’une adaptabilité exemplaire face aux difficultés du terrain (hybridation, port du masque, coût d’achat de celui-ci, difficulté d’aération des locaux, quarantaine, abondance des circulaires sur la gestion du COVID à appliquer de manière immédiate, absences des élèves, relations parfois difficiles avec les parents, désinfection des locaux, matériel inadapté pour le personnel ouvrier, possibilité de télétravail pour le personnel administratif appliquée de manière hétérogène…).

La pénurie d’enseignants n’est plus à démontrer mais les considérations du politique ne poussent pas les jeunes à se tourner vers ce métier ou à y rester. 

Des accords sectoriels mous, voire inconsistants

Le processus  de négociations sectorielles en cours n'accouche pas d'une proposition de protocole jugée suffisante au stade actuel.

Aucune proposition concrète à l’heure actuelle n'est apportée en réponse au cahier de revendications remis en avril dernier. 

Aucun planning n'est établi concernant les nombreux points des accords passés obtenus et non réalisés jusqu’ici. 

Le FWB à la volonté d’étendre la période des négociations sectorielles de 2 à 4 ans sous prétexte des conditions actuelles difficiles (COVID).Il s’agit, ni plus, ni moins, d’une rupture dans le cycle de négociations bisannuelles et d’une infraction à la législation (décret du 19/05/2004). Il est à noter que l’essentiel de cette enveloppe devrait être consacré à l’augmentation de la partie fixe de la prime de fin d’année. Ces 32 millions ne constituent donc pas un cadeau mais un rattrapage par rapport à des mesures d’économie antérieures.

Des conditions de travail dégradées

Environnement de travail laissant à désirer: l’état des bâtiments scolaires est plus qu’inquiétant. Certes, un budget a été dégagé mais les réparations tardent à venir. Les pannes de chauffage sont légion en plein hiver, des fenêtres cassées, d’autres condamnées ainsi que des locaux mal isolés sont le quotidien des membres du personnel.

Hybridation chaotique : Les mesures de soutien (notamment formations) pour assurer l’enseignement à distance (hybridation) sont quasiment inexistantes. De surcroît, les nouvelles pratiques amenées par le numérique laissent peu de droit à la déconnexion en ne respectant plus la frontière vie privée–vie professionnelle et ajoutent une surcharge de travail.IL est nécessaire d’établir un cadre commun contraignant en matière de droit à la déconnexion et l’intégrer dans chacun des statuts.

Utilisation de son matériel numérique privé malgré tous les risques que cela comporte. Il est nécessaire de mettre à disposition de tous les personnels un matériel répondant à leurs besoins.

Le décret taille des classes été une avancée mais la réduction doit se poursuivre et les multiples dérogations doivent cesser. C’est une priorité pour les membres du personnel et un facteur influant non seulement sur les conditions de travail des enseignants mais aussi sur les conditions d’apprentissage des élèves.

Membres des personnels méprisés

Le personnel des établissements scolaires a été mis en situation dangereuse pendant la pandémie de façon

à laisser tourner le monde économique.

Malgré cela, dans le journal « l’Echo », le ministre-président Jeholet a réitéré des propos manquant totalement de considération envers ces membres du personnel en faisant des comparaisons entre secteurs privé et public. 

Exemple : « … tout le monde a du mal, il y a des indépendants qui crèvent avec la crise, il y a des salariés qui n’ont plus que 65 % de leur salaire. Alors, je suis désolé, si on n’accepte pas cela, il ne faudra pas pleurer toutes les larmes de son corps en disant que la situation de la FWB est intenable… »

« Revaloriser les enseignants dans le cadre de leur formation initiale, c’est impayable. Je n’y suis pas opposé, mais il faudra alors discuter d’autres choses. […] Osons des discussions sur les normes d’encadrement, voyons si on est prêts à travailler une heure de plus par semaine ».

Ou encore en remettant en cause les DPPR qui permettent d’alléger la fin de carrière des plus anciens: « Les DPPR, aussi, ça coûte un fric bête, lâche le ministre-président. On a déjà, avec l’indexation des salaires et les malades qu’il faut remplacer, 250 millions de plus à comptabiliser pour la masse salariale comparé à l’exercice budgétaire initial. On ne va pas pouvoir faire autrement que d’en discuter, ce ne sont pas des déclarations de guerre que je fais là, ce sont des déclarations d’un ministre responsable. » 

Et de joindre les menaces au mépris: « … le risque sera que les Régions reprennent l’enseignement en leur sein. À leurs conditions. Et là, il n’y aura pas d’états d’âme, croyez-moi. » 

Surcharge de travail

Surcharge administrative: nous assistons à une augmentation exponentielle des démarches « administratives » (gestion et élaboration des plans de pilotage, futur DAccE RFIE, Décret paysage…) et diminution importante envisagée des « jours blancs » permettant de réaliser certaines de ces tâches.

Taille-classe trop importante: cela fait des années que les conditions de travail des enseignants souffrent d’une taille trop importante des classes les empêchant de soutenir comme il se doit les élèves en difficulté. Bien que ceci soit incessamment dénoncé par les syndicats, les différentes réformes n’en prennent aucunement compte.

Nettoyage et désinfection: La crise du Covid a augmenté considérable la charge de travail du personnel ouvrier, sans remplacement possible des collègues contaminés fautes de moyens financiers.

Tracing réalisé par les agents des PSE et CPMS WBE: le personnel des CPMS et PSE a également été poussé aux extrêmes afin d’effectuer le tracing et les dossiers COVID dans les établissements (travail le soir, les week-ends et même pendant leurs congés sans récupération).

Personnels des internats délaissés et dévalorisés: les éducateurs et administrateurs d’internat ont dû faire face aux difficultés dues au COVID sans encadrement supplémentaire et sans aucune valorisation de leur travail.

Grandes ambitions sous-financées et réformes déséquilibrées 

Étant donné l’état des  finances de la FWB, les moyens alloués aux différentes réformes qui sont initiées depuis l’instauration du Pacte pour un enseignement d’Excellence ne suffisent pas à couvrir une mise en œuvre efficiente. 

Espacer les réformes eût été plus judicieux en termes d’appréhension, de surcharge de travail mais aussi en termes budgétaires. 

Rappel de quelques réformes

Organisation du travail et plans de pilotage: cette réforme passe à côté de ses ambitions car dans l’équipe éducative ne se reconnaît pas dans le plan. On peut constater le manque de liberté pédagogique et de liberté pour organiser son travail collaboratif.

Réforme de la CPU (Certification Par Unités) : dans l'enseignement qualifiant, suppression des moyens spécifiques destinés à la remédiation immédiate alors que l’apprentissage découpé en UAA  (Unités d'Acquis d'Apprentissage) perdurera ainsi que l’étalement en 4-5-6 des options.

Réforme de l’enseignement qualifiant : fermetures imposées d’options considérées comme sous-fréquentées. Pertes d’emploi et fragilisation de certains établissements qualifiants dans des zones urbaines et particulièrement à Bruxelles.

Réforme des rythmes scolaires : Est-ce si impératif de la faire débuter à la rentrée prochaine?

Charge des enseignants: augmentation exponentielle des démarches « administratives » (gestion et élaboration des plans de pilotage, gestion et mise en œuvre de l’outil du futur DAccE mais aussi l’accès à ses formations…) et diminution importante envisagée des « jours blancs » permettant de réaliser certaines de ces tâches.

Évaluation systématique des enseignants à venir: les premières étapes du système envisagé susceptibles d’être effectuées par des collègues enseignants laisse présager l’instauration d’un climat encore plus malsain dans certaines écoles. Il s’agit d’un moyen de pression supplémentaire aigu sur les membres du personnel

Pôles territoriaux: auront pour conséquence la suppression de certains emplois et la diminution des périodes d’accompagnement pour les élèves en intégration.

Accompagnement personnalisé dans l’enseignement fondamental: aura un impact négatif sur la taille des classes et une augmentation de la charge de travail

Réforme des CPMS qui tend à minimiser le soutien psychosocial au bénéfice des élèves et présente un risque de suppression de certains emplois.

L'affiche à mettre en évidence dans les salles des profs se trouve en page centrale de votre CSC-EDUC du mois de février et également téléchargeable en format PDF : Affiche - grève 10 février 2022 

En savoir plus : impact de la grève sur  le salaire, les droits sociaux et l'indemnité de grève versée par la CSC

Youtube : vidéo du front commun syndical de l'enseignement

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