Les hausses de prix des titres-services frappent durement les aides-ménagères
La CSC Alimentation et Services appelle à un effort commun pour assurer un avenir durable au secteur.
Les récentes hausses de prix dans le secteur des titres-services ont un impact négatif évident sur les aides-ménagères. C’est ce qui ressort d’une enquête de la CSC Alimentation et Services auprès de 1 377 aides-ménagères réparties dans les différentes régions du pays. Une augmentation de la charge de travail, une perte de clientèle et une sécurité des revenus menacée : telle est aujourd’hui leur réalité, surtout à Bruxelles et en Wallonie.
Pas moins de 80 % des aides-ménagères interrogées constatent que le comportement des clients a changé depuis les hausses de prix. Il arrive plus souvent que les clients exigent davantage de tâches dans le même laps de temps, réduisent le nombre d’heures ou mettent fin à la collaboration. Près de la moitié des aides-ménagères ont perdu des clients et 45 % ont vu leur volume de travail diminuer. Pour une aide-ménagère sur huit, cela se traduit même par une baisse considérable de revenus.
Dans le même temps, la charge de travail augmente fortement : plus de la moitié des aides-ménagères font état d’une charge plus lourde. À Bruxelles, ce chiffre atteint même 61 %, avec une augmentation notable de la pression physique et mentale. Le soutien des employeurs fait souvent défaut à cet égard. Seuls 44 % ont reçu une aide active pour trouver de nouveaux clients, tandis que beaucoup se sentent livrées à elles-mêmes.
« Si on ne répond pas aux exigences toujours plus élevées des clients, ils finiront par nous remplacer par quelqu’un qui voudra bien le faire. Pour ne pas perdre de clients, on est souvent obligées de travailler dans des conditions beaucoup plus difficiles et pénibles », confie Ellen, une trentenaire travaillant comme aide-ménagère chez Easy Life à Anvers.
« J’explique à mes clients que je n’ai aucun pouvoir sur les frais administratifs. C’est ce point qui les dérange le plus, car ils n’ont aucune visibilité sur ces frais : ils ne savent pas à quoi ils servent ni ce qui nous revient réellement. Avec la conjoncture actuelle, chacun surveille de près son portefeuille, ce qui renforce leur incompréhension », dit Virginie, aide-ménagère chez XLG Home dans le Hainaut.
S’appuyant sur ces résultats, la CSC Alimentation et Services lance un appel à tous les acteurs concernés – pouvoirs publics, employeurs et clients – afin qu’ils s’engagent ensemble à construire un avenir durable pour le secteur, avec pour priorité les aides-ménagères elles-mêmes.
« Les hausses de prix ne peuvent pas être répercutées sur les travailleurs », estime le syndicat. « Il faut des salaires corrects et plus élevés, des conditions de travail faisables, mais aussi plus de respect et de protection. »
La CSC Alimentation et Services insiste également sur la responsabilité des pouvoirs politiques : les fonds publics doivent être utilisés de manière transparente et ciblée, et ne peuvent pas disparaître au profit des actionnaires pendant que les travailleurs en paient le prix. Sans revalorisation structurelle de la profession, l’avenir du secteur des titres-services est gravement menacé.

