65 % des nettoyeur·euses n’ont bénéficié d’aucune reconnaissance pour leur travail pendant la crise sanitaire

2 professionnel·les du nettoyage sur 3 disent n’avoir reçu aucune marque de reconnaissance pendant la pandémie. Seuls 9 % ont pu obtenir une compensation financière. Ces chiffres ressortent d’une enquête menée auprès de 5 402 nettoyeur·euses et organisée par la CSC Alimentation et Services dans le cadre de la Semaine des pros du nettoyage. 

À l’occasion de la première édition de la Semaine des pros du nettoyage, du 14 au 20 juin, la CSC Alimentation et Services appelle à plus de reconnaissance et de valorisation des métiers du nettoyage. Par le biais d’une enquête, le personnel de nettoyage a été interrogé sur la manière dont il a vécu la crise sanitaire.  « Le personnel de nettoyage a joué un rôle important durant la crise sanitaire. Pourtant, il a eu très peu de reconnaissance de la part des employeurs, des autorités et du public. Au contraire : 41 % des personnes interrogées déclarent avoir dû fabriquer ou acheter leur propre équipement de protection, ce qui témoigne d’un triste manque de respect », déclare Pia Stalpaert, présidente de la CSC Alimentation et Services. « Compte tenu des bas salaires du secteur, nous plaidons pour l’introduction d’une prime qui viendrait s’ajouter à la norme salariale, négociée au niveau sectoriel. » Pour la syndicaliste, l’argument selon lequel les entreprises de nettoyage ne pourraient pas payer cette prime est faux. « La plupart des entreprises de nettoyage ont dégagé des bénéfices en 2020. ISS, par exemple, a réalisé un bénéfice d’exploitation de 9,5 millions d’euros et a versé un montant record de 15 millions d’euros en dividendes. D’autres grandes entreprises de nettoyage ont également réussi à verser des sommes considérables à leurs actionnaires. »


Craintes de contamination

La crise sanitaire semble avoir un impact sur la santé mentale du personnel de nettoyage. 83 % des personnes sondées ont craint d’être contaminées par le COVID-19 sur leur lieu de travail. À cela s’ajoutent les dangers pour leur santé physique. Plus d’un·e nettoyeur·euse sur quatre en milieu professionnel (hôpitaux, bureaux et écoles) déclare avoir utilisé des produits de nettoyage plus agressifs dans le contexte de la lutte contre la pandémie. « Nous nous battons depuis des années pour limiter l’utilisation des produits de nettoyage qui peuvent présenter un risque pour la santé. C’est une tendance contre laquelle nous voulons absolument mettre en garde. »

16 juin : 10 ans de la Convention pour les travailleuses et travailleurs domestiques

Au cours de la Semaine des pros du nettoyage, nous célébrerons également le 10e anniversaire de la Convention 189 de l’OIT pour un travail décent des nettoyeur·euses et autres travailleur·euses domestiques. La Belgique fait partie des 31 pays qui ont ratifié la convention. Pia Stalpaert était à la table des négociations lors de l’élaboration de la convention. « Cette enquête prouve que notre pays doit encore faire des efforts pour que les métiers du nettoyage soient mieux reconnus. Nous continuons à militer pour un environnement de travail sûr et sain pour l’ensemble des travailleuses et travailleurs domestiques. »



Personalization