Lettre aux parlementaires pour soutenir les sans papiers

AFP

La situation des sans papiers grévistes de la faim est de plus en plus inquiétante. Aujourd'hui aura lieu la dernière séance plénière de la Chambre avant les vacances,

la CNE a envoyé un courriel aux parlementaires pour qu'ils interpellent le Gouvernement fédéral. Après, il sera trop tard ! En soutien au mouvement 
#Time2Act lancé par le Mouvement Présence et Action Culturelles.

N'hésitez pas à diffuser massivement l’interpellation ci-dessous et envoyez-là aux parlementaires sur les réseaux sociaux et/ou par mail. Ensemble faisons bouger les lignes !


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Mesdames et messieurs les parlementaires,

En mon nom et au nom des 170.000 membres de la CNE je vous demande de ne pas laisser mourir nos collègues

Cela fait 52 jours que 470 femmes et hommes sans papiers sont en grève de la faim.

Ce sont nos collègues ! Ils et elles vivent ici, travaillent ici, paient ici des impôts ; leurs enfants vont à l’école ici ; nous avons besoin d’elles et eux pour leur travail, leurs richesses, leur force de vie ;  et notre économie a besoin d’eux.

VOUS LE SAVEZ : ils et resteront ici.  Le choix n’est pas une Belgique avec ou sans eux : le choix est qu’ils vivent parmi nous avec ou sans droits. Comme des concitoyens, ou comme des esclaves.

Tout autre discours, sur le soi-disant renvoi (vers où ????) de ces 150.000 collègues est de pure démagogie : soi-disant pour prendre des voix aux partis racistes : mais ça ne marche jamais.  Les électeurs ont besoin de messages courageux, réalistes et humains.  Pas de pâles imitations de la rhétorique raciste, qui renforcent l’original.

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En grève pour réclamer une vie digne. Ces personnes vivent avec nous depuis de longues années, elles travaillent ici, scolarisent leurs enfants ici, ont des ami.e.s ici…. Elles font partie de notre communauté politique !

Il est insupportable d’imaginer qu’en 2021, au cœur de Bruxelles, un gouvernement laisse mourir ces personnes qui ne demandent qu’à s’intégrer, à participer à notre pays, à cesser de subir l’exploitation.

La société civile se mobilise, l’Eglise, les syndicats, le patronat… Tout le monde appelle à ce que l’on trouve une solution. Tant au Sud qu’au Nord du pays.

Il y a là un enjeu démocratique fondamental. Il est porté par de nombreux citoyens qui demandent aux représentants politiques de le prendre en charge. Nous ne pouvons pas juste dire « cela ne fait pas partie de l’accord de gouvernement ». Il y a lieu de trouver une solution dans l’urgence et de remettre cette question en chantier, en discussion dès que possible.

52 jours… La détresse est extrême. L’urgence est là. Nous refusons d’attendre qu’il y ait des mort.e.s.

Il est temps d’agir !

Nous, citoyennes et citoyens, vous demandons de jouer votre rôle de représentant.e.s des électrices et des électeurs en interpellant, lors de la dernière séance plénière avant vos vacances, les membres du gouvernement pour :

  • Désignez un médiateur chargé de chercher une solution à court terme avec les représentants des grévistes de la faim et avec les pouvoirs publics. 
  • Convoquez immédiatement la conférence interministérielle. Trouver des solutions ne relève pas seulement de la responsabilité du secrétaire d’Etat, ni du seul niveau fédéral.
  • Créez des zones neutres où ils peuvent introduire leur dossier et expliquer leur situation à l’Office des Etrangers (droit d’audition). Ils doivent également pouvoir se faire assister par la société civile et par des juristes.
  • Reconnaissance du Covid-19 comme situation exceptionnelle pour la reconnaissance d’un permis de séjour temporaire. Compte tenu de la pandémie, un retour dans le pays d’origine est difficile voire impossible pour bon nombre d’entre eux.
  • Reconnaissez l’exploitation économique : nous demandons que la directive sur les sanctions soit intégralement transposée. Les sans-papiers peuvent dénoncer leur employeur pour exploitation d’êtres humains mais ils risquent de ce fait aussi d’être expulsés. Accordez une protection à ces travailleurs jusqu’à ce que leur plainte ait été traitée.     
  • Réactivez la commission interdisciplinaire et indépendante pour les étrangers: cette commission garantit le droit des personnes qui introduisent leur dossier d’être entendues.  Ce n’est toutefois possible qu’en leur donnant l’occasion d’introduire un dossier de régularisation individuelle, de les entendre sur leur situation et, sur la base de critères généralement admis de procéder à la régularisation.  En plus le secrétaire d’Etat garde toujours sa compétence discrétionnaire.
  • Single Permit: laissez la possibilité aux sans-papiers qui travaillent dans un métier en pénurie de demander un permis de travail en Belgique. 

Agissez maintenant avant qu’il ne soit trop tard !

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