Budget Actiris: entre austérité budgétaire et renoncement politique
Budget Actiris: entre austérité budgétaire et renoncement politique
Auteur: Benoit Dassy, secrétaire général bruxellois
UPDATE: communiqué: budget bruxellois consacré aux politiques de l'emploi
Avril 2026
À Bruxelles, les choix budgétaires en matière d’emploi prennent une dimension particulièrement préoccupante. Le refus du projet de budget 2026 d’Actiris par son comité de gestion – dont la CSC fait partie – et, le lendemain, la démission de la direction générale, Mme Amboldi, ne constituent pas de simples incidents.
Des partenaires sacrifiés face à une charge accrue
C’est dans un contexte d’exclusion des allocations de chômage, que le ministre régional de l’Emploi, Monsieur Hublet (Les Engagés), fait le choix de réduire drastiquement les moyens accordés aux partenaires d’Actiris – opérateurs d’insertion socioprofessionnelle, Missions locales, économie sociale – pourtant ancrés de longue date dans la politique régionale de l’emploi. Si la préservation du partenariat avec les CPAS est positive, le fait que le Ministre cible spécifiquement les économies sur les partenariats réduit l’efficacité de la politique régionale de l’emploi puisque que c’est par ceux-ci qu’Actiris pourrait poursuivre l’accompagnement des publics exclus du chômage. Cette logique s’inscrit pleinement dans la politique fédérale de l’Arizona, qui renvoie la solidarité vers le niveau local. Elle pose question quant à l’avenir de la mission de service public régionale mise en œuvre par Actiris.
Attaque contre les ACS: un effet domino sur le non marchand
Les restrictions budgétaires frappent également de plein fouet le dispositif des Agents contractuels subventionnés (ACS), pilier de l’emploi non marchand bruxellois. Suppressions de conventions, réduction uniforme de 5 % des primes, non-indexation prévue jusqu’en 2029: le Ministre fait le choix de répartir l’effort de manière aveugle, fragilisant l’ensemble du secteur non marchand et provoquant davantage de suppressions d’emplois que ne l’exigeraient les économies recherchées. Ces décisions ont été prises sans étude d’impact, ni évaluation préalable, alors même que la Déclaration de politique régionale le prévoyait explicitement pour les ACS.
Un défaut de gouvernance qui froisse et fragilise
Le comité de gestion d’Actiris a rejeté ce budget à la majorité mais le Ministre décide, sous pression des instructions budgétaires, de passer outre. Ceci en dépit des articles de loi qui précisent que seul le gouvernement peut se substituer au Comité de gestion – après un délais minimum de huit jours. Il place ainsi Actiris devant une conflit de loyauté à un moment où sa direction est déjà particulièrement fragilisée. Des recours juridiques de la part des structures lésées sont donc à prévoir. Il serait préférable de prendre le temps de la concertation pour obtenir un budget plus équilibré au sein d’Actiris plutôt que de fâcher les principaux partenaires du pilotage de la structure.
Un choix de société
Pour la CSC, réduire abruptement les budgets de l’emploi et du non marchand, en particulier ceux qui accompagnent les publics bruxellois les plus fragilisés, c’est organiser l’exclusion de demain. À Bruxelles, la transition vers un emploi durable exige au contraire des financements stables, une concertation sociale réelle, le respect de la gestion paritaire et une vision de long terme
