Pompes funèbres: des indexations salariales plafonnées au 1er juillet 2026
CNE - Canva
Dès ce mercredi 1er juillet 2026, le salaire des travailleurs et travailleuses des pompes funèbres sera indexé de 2,06%. Enfin, pas totalement… Explications.
En Belgique, à l’aube des vacances scolaires, des milliers de travailleurs et travailleuses vont bénéficier d’une indexation de leur salaire à partir de ce 1er juillet 2026.
Imaginé pour pallier à l’inflation des prix et à la hausse du coût de la vie, le système d’indexation automatique des salaires va notamment profiter prochainement aux employé·e·s des pompes funèbres.
Malheureusement, à l’instar de ce qui attend les employé·e·s en 2028, le mois de juillet 2026 marque aussi le début d’un saut d’index partiel voté par le gouvernement Arizona, avec le soutien du MR et des Engagés. Ce que ça signifie? Que l’indexation (2%) ne s’appliquera pas à la partie du salaire qui dépasse 4.000 € bruts par mois.
Concrètement, dans la CP 320, les travailleurs et travailleuses des pompes funèbres qui ont un salaire supérieur à 4.000€ brut (soit environ 2.600 net) verront leurs émoluments être indexés de 2,06% jusqu’à 4.000€ brut et seulement 0,06% pour le reste.
Pour rappel, le pouvoir d’achat des travailleurs se détériorerait petit à petit si le montant de leur rémunération reste constant tandis que le coût de la vie augmente.
Une manière de lutter contre cette dévaluation de l’argent est de lier le montant de la rémunération à la variation du prix des biens et services: c’est l’indexation.
Toutefois, et contrairement aux augmentations barémiques issues des négociations liées à l’accord interprofessionnel (AIP) ou aux accords du Non Marchand, l’indexation n’est pas une réelle augmentation de salaire. En effet, le salaire qui augmente avec l’indexation permet simplement de continuer à maintenir un niveau de vie équivalent lorsque les prix ont augmenté.
Une indexation plafonnée par l'Arizona
Alors que ce n’était pas prévu dans l’accord de coalition, le gouvernement Arizona du MR et des Engagés a fait adopter (contre l’avis des interlocuteurs sociaux !) une loi instaurant un double saut partiel d’indexation.
À deux reprises, en 2026 et en 2028, l’indexation (2%) ne s’appliquera pas à la partie du salaire qui dépasse 4.000 € bruts par mois.
Le gouvernement, en plafonnant l’indexation des salaires, s’attaque au principe-même du système : lorsque les prix augmentent, les salaires suivent. L'indexation n'est pas une augmentation salariale mais un mécanisme de maintien du pouvoir d'achat.
L’Arizona présente la mesure comme une contribution des travailleurs·euses à l'effort budgétaire. En réalité, il leur demande d'assumer une partie de l'inflation alors que l'indexation a justement été créée pour éviter cela. Ainsi, un travailleur de 30 ans avec un salaire de 5.000 € par mois perdra 8.263 € sur l’ensemble de sa carrière.
Mais pire encore : le plafonnement de l’indexation des salaires du secteur privé fera en réalité perdre de l’argent à la Sécu et aux caisses de l’Etat. Moins de salaires bruts versés équivaut à moins de cotisations sociales et d’impôts !
Les seuls gagnants sont les employeurs et les actionnaires, qui voient leur marge bénéficiaire augmenter parce qu’ils ne doivent pas – ou moins – adapter les salaires. À partir de 2030, la mesure leur fera gagner 800 millions d’€ par an.
Il ne s’agit pas réellement d’une mesure budgétaire, mais d’un transfert vers les employeurs, aux dépens des travailleurs·euses et de la Sécu/l’Etat !
Le plafonnement d’indexation s’inscrit dans la même logique que la norme salariale bloquant l’augmentation de nos salaires : faire porter l'effort sur les revenus du travail plutôt que sur les revenus du capital (dividendes, revenus financiers, etc.) ou les bénéfices des entreprises.
