Rendre l’économie écologique
Le thème de l’environnement avait fait une percée avant la pandémie. Pris à partie par les manifestants du climat, les politiciens affichaient leurs bonnes intentions. La nouvelle Commission européenne se fixait comme principale priorité un « Pacte vert européen ». Cette transition écologique de notre économie devrait logiquement s’accélérer à la suite de la crise actuelle. Celle-ci trouve son origine dans les déséquilibres écologiques, et constitue ce que certains ont appelé la première crise de l’Anthropocène.
La transmission d’un virus d’un animal sauvage (ici le pangolin ou la chauve-souris) à l’homme est rare. Elle devient plus probable quand l’homme surexploite la nature et que ces animaux sauvages se retrouvent sur des étals de marchés.
La crise nous confirme que notre économie est devenue dangereuse pour la nature mais aussi pour nous-mêmes. Ce message, il faut le défendre aujourd’hui encore plus fortement qu’hier. Car en ce moment, le but des gouvernements est de relancer l’économie le plus vite possible. Au risque de négliger une fois de trop la question écologique. Une telle attitude était possible il y a 40 ans. Elle ne l’est plus aujourd’hui. Il faut sauver les emplois et sauver la nature, pour nous sauver nous-mêmes. Pas question donc de relancer l’économie, sans en même temps la réorienter vers des productions compatibles avec notre avenir à long terme. Cela nous place devant des choix difficiles, comme celui de savoir s’il faut aider le secteur aérien et à quelles conditions. Au minimum, toute aide accordée doit être conditionnée à une amélioration environnementale et sociale des entreprises. Et l’Etat doit proposer un plan crédible de reconversion pour les travailleurs dont l’emploi est menacé par la transition.
