Après des mois de discussions stériles et de prétendues « négociations » qui n’ont mené à absolument rien, le constat est sans appel : l’administration des douanes a délibérément choisi le passage en force.
Dans les prochains mois, un nouveau règlement horaire est imposé de manière unilatérale aux douaniers. Cette réforme s’est faite en violation totale des principes de concertation sociale, malgré une opposition massive, claire et constante de l’ensemble des agents. Pire : face à la contestation, l’administration a répondu par des menaces en cas de non-respect du règlement, installant un climat de pression et de mépris indigne d’un service public.
Le bras de fer est désormais ouvert. D’un côté, des agents épuisés, à bout, qui alertent depuis des mois. De l’autre, une administration sourde, inflexible, qui impose sans justification sérieuse, sans raison opérationnelle valable, et avec un dédain assumé, un horaire fondé sur une uniformisation absurde. Chacun sait pourtant qu’un douanier de Liège ne fait ni le même travail, ni les mêmes horaires, ni les mêmes missions qu’un douanier d’Anvers ou de Charleroi.
Les conséquences humaines sont dramatiques et documentées :
• près d’un tiers des agents a déjà été en incapacité de travail pour épuisement ou fatigue extrême ;
• certains agents enchaînent jusqu’à 12 jours de travail consécutifs avec un seul jour de repos ;
• d’autres doivent prester trois week-ends de suite, sans récupération suffisante.
La situation est catastrophique. Les agents sont sur les rotules. Continuer à nier cette réalité relève de l’aveuglement volontaire.
C’est dans ce contexte que la CSC Services publics soutient pleinement les douaniers de Bierset et a mené une action le 5 janvier à Grâce-Hollogne. Cette mobilisation visait à dénoncer l’entêtement de l’administration, à exiger le retrait de ce règlement horaire destructeur et à rappeler que la santé des agents n’est pas une variable d’ajustement.
Une action symbolique a déjà eu lieu récemment lors d’une visite officielle d’un ministre sur le site de Bierset, afin de rendre visible la tension extrême qui règne au sein des douanes. Mais le cœur du combat est ailleurs : il est dans le refus collectif de continuer à subir une gestion managériale déconnectée et autoritaire.
Les douaniers ne demandent pas l’impossible. Ils demandent du respect, de l’écoute, et des horaires compatibles avec la réalité du terrain et la santé humaine.
La mobilisation du 5 janvier n’est pas un coup d’éclat.
C’est une alerte.
Et si l’administration persiste, elle en portera l’entière responsabilité.
Il est temps d’écouter les douaniers et de retirer immédiatement cet horaire destructeur.