Paifve: les agents appellent à l'aide !

Le 2 juillet, peu après 14h, un assistant de surveillance pénitentiaire de l’établissement de défense sociale (EDS) de Paifve a été agressé violemment par un interné. Un survenu moins d’un mois après un autre cas similaire. Le personnel n’en peut plus de ces coups à répétition !  En conséquence, les organisations syndicales, en front commun, ont décidé de déposer un préavis de grève. «Nous réclamons des solutions structurelles au problème de sous-effectif et de présence insuffisante du personnel médical en général et des psychiatres en particulier », explique Claudine Coupienne, secrétaire permanente CSC Services publics Justice.

L’EDS de Paifve peut accueillir 205 internés. Une partie de cette population souffre d’une altération de sa capacité de discernement ou de contrôle de ses actes.  En raison de cette particularité, le taux d’absentéisme du personnel est très élevé notamment à cause des accidents du travail. Ceux-ci représentent 14% des absences. « Ces accidents engendrent des périodes d’absence assez longues car ils résultent d’agressions extrêmement violentes vu les pathologies dont souffrent les internés », précise Claudine Coupienne.

Ce genre d’établissement nécessiterait la présence et l’encadrement d’une équipe médicale et psychiatrique toute la journée (de 6 à 22h). Or, les prestations des psychiatres sur place font état de +/- 93h pour le mois de juin, soit une moyenne de 3h par jour qui ne sont pas toutes dévolues aux soins… « Une moyenne totalement inacceptable pour une gestion correcte des 198 internés présents actuellement. Et à l’aube des grandes vacances, la situation ne va sans doute pas s’améliorer. L’horaire est établi de sorte qu’une présence de ce personnel qualifié n’est pas assurée tous les jours », indique Claudine Coupienne.

Quant aux infirmières, elles ne sont pas assez nombreuses pour assurer un suivi sur les différentes pauses.

Le Ministre de la Justice se fait une gloire d’instaurer un service minimum en cas de grève, mais est incapable d’assurer un suivi psychiatrique quotidien aux internés de l’EDS. C’est certainement plus porteur aux yeux de l’opinion publique de batailler pour le service minimum que pour les  soins aux internés, ces «oubliés du système ».

« Nous pourrions, dans cet établissement, nous replier par catégorie de personnel et stigmatiser l’autre. Nous ne le ferons pas. Nous aimons notre métier, mais sommes pour l’instant bien démunis pour mener à bien nos missions », expliquent les agents pénitentiaires de Paifve.

En conséquence, un préavis de grève va être déposé. Il faut que l’Administration prenne ses responsabilités, soit l’EDS est un établissement de soins et le service médical est étoffé pour les assurer, soit on continue à fermer les yeux au détriment des conditions de travail et de détention dans l’établissement.

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