RFIE

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Dossier informatif relatif à la réforme de la formation initiale des enseignants

 

Mai 2020...

La RFIE -Réforme de la formation initiale des enseignants votée en 2019 - reconnue par l’ensemble des acteurs de l’enseignement comme une condition indispensable à la réussite du PACTE pour un enseignement d’excellence, est à nouveau à l’ordre du jour du Gouvernement de la FWB qui vient d’approuver en deuxième lecture le décret la modifiant. 

Cette nouvelle mouture de la réforme est loin d’être celle que nous attendions et va à contre sens de la DPC de 2019  qui précisait: "Il est impossible de renforcer les apprentissages de base sans avoir des enseignants bien formés devant les classes» puisqu’elle prévoit d’utiliser les étudiants de dernière année comme enseignants salariés pour lutter contre la pénurie." 

Rétroacte... Un long chemin

2009 - DPC -Déclaration de politique communautaire

Certains constats ont amenés une réflexion sur la nécessité d'une RFIE dans la DPC 2009-2014:

  • complexification du métier d'enseignants;
  • augmentation des attentes de la société au niveau de l'école;
  • objectifs de plus en plus ambitieux attendus par la société de la part de notre système éducatif

De plus, les enquêtes PISA se succèdent et les résultats en FWB ne s’améliorent globalement pas ou peu.

Ces constats ont amenés à la conclusion est que notre système coûte cher, donne de mauvais résultats et est particulièrement inégalitaire.

2011/2012 -Evaluation de la formation initiale  et note d'orientation  du Gouvernement

Une étude visant l'évaluation de la formation initiale, initiée par le Ministre de l'enseignement supérieur J-C. Marcourt, est confiée au Centre d’Études Sociologiques des Facultés universitaires Saint-Louis (USL-B). Elle s'inscrit dans le cadre de la DPC dans la perspective qui y est exposée d’allonger, le cas échéant, la formation initiale et d’en revoir les contenus et les méthodes.

Evaluation qualitative, participative et prospective de la RFIE en FWB (PDF)

Dans la foulée, le Gouvernement de l’époque produit une note d’orientation ambitieuse,  un Comité de suivi est créé et celui-ci charge le GT4O (Groupe de Travail des 4 Opérateurs de formation d’enseignants: universités, Hautes Ecoles, Promotion sociale et Ecoles Supérieures des Arts) d’émettre des propositions concrètes de réforme de la formation des enseignants, qui aboutiront à un rapport en 2016.

Note d'orientation (PDF)

Voici les grands axes émanant des conclusions de l'enquête de l'USL-B et des propositions émises par le le GT4O:

  • la revalorisation du métier d’enseignant;
  • la redéfinition du métier d’enseignant, de ses connaissances et de ses compétences pratiques (en formation initiale et continue);
  • l’unicité du métier sans hiérarchie implicite selon le niveau auquel on enseigne pour ainsi permettre une meilleure continuité des apprentissages;
  • la masterisation  de la formation d’enseignant afin d’atteindre le niveau 7 du cadre européen de certification;
  • l’articulation renforcée de l’approche théorie-pratique avec une meilleure préparation et prise en compte du rôle de maître de stage;
  • l’articulation entre la recherche en éducation et en didactique avec la formation initiale, pour établir une «formation adossée à la recherche»;
  • le renforcement de la formation des formateurs en établissements d'enseignement supérieur;
  • la création de nouvelles formations directes à l’enseignement et de formations différées en diversifiant les voies d’entrée et passerelles.
La CSC-E a soutenu le projet d’une RFIE qui avait comme double objectif une amélioration de notre système éducatif particulièrement inégalitaire et une revalorisation du métier d’enseignant. 
Elle a participé activement aux travaux du GT4O et aux discussions entourant ce projet de réforme.  
2017 - Avis N°3 du Pacte pour un enseignement d'excellence

En parallèle de ces travaux, le Pacte pour un enseignement d’excellence se déploie avec l’objectif convergent d’améliorer notre système éducatif pour le rendre plus efficace et plus équitable. 

La complémentarité de ces réformes est précisée dans l’avis n°3 du Pacte «Le Groupe Central insiste par ailleurs sur le fait que la mise en œuvre du Pacte est liée à une réforme de la Formation initiale des enseignants». La mise en œuvre du Pacte engendre de nouveaux besoins qui doivent être rencontrés en formation initiale et continuée.

Février 2019 - Décret  modifiant la formation initiale 

Le 7 février 2019, après un long travail de réflexion, le décret modifiant la formation initiale voit enfin le jour. Bien qu’imparfait et comportant de nombreuses zones d’ombre et d’incertitudes, il était le premier pas concret vers une révision de la formation des enseignants et de leur statut. 

Malheureusement, du point de vue de la CSC-E, les propositions retenues dans ce décret sont relativement décevantes en regard du travail effectué par les groupes d’experts. En résumé, nous regrettons:

-la distinction entre une formation initiale en 4 ans et en 5 ans (pas de véritable unicité du métier même si la 5e année était quand même accessible par une spécialisation);

-un certain nombre d’incohérences avec le Pacte dues au manque de concertation entre les auteurs de ces deux réformes;

- la complexité au niveau de l’opérationnalisation résultante de lobbying des institutions et Pouvoirs organisateurs  plutôt que de tenir compte des réels besoins dans les classes et du résultat des enquêtes officielles;

- les zones d’incertitude, notamment sur les différences de statut entre les personnels des différents types d’opérateurs;

- les «coquilles» aberrantes, comme l’existence d’une option par endroit et pas dans d’autres parties du décret;

- l’incertitude concernant le nouveau barème (pour le master en 4 ans) qui devait être renvoyé aux négociations sectorielles de la majorité suivante.

Face à ces constats, il était évident que le décret doit être revu pour lever plusieurs incohérences, mais il a le mérite de mastériser la formation et de bien la passer à 5 ans avec une spécialisation, de revaloriser le métier, de lever les barrières entre les niveaux d’enseignement, de renforcer la cohésion entre l’enseignement obligatoire et la formation initiale par la création d’un Comité de concertation (CoCoFIE), de développer la recherche en Haute Ecole, de revaloriser les maîtres de stage, d’outiller les futurs enseignants pour mieux répondre aux défis actuels, etc.
C’est la raison pour laquelle la CSC-E a continué à soutenir cette réforme tout en pointant ses faiblesses.
Septembre 2019 - DPC Déclaration de politique communautaire

La DPC 2019-2024 prévoit un report de la RFIE pour permettre:

  1. d'analyser si les établissement d'enseignement supérieurs étaient en capacité d'organiser les formations prévues dans le décret dans ses modalités pratiques d'organisation. 
  2. de vérifier la  soutenabilité  financière de la réforme pour le budget de FWB au niveau du financement de la réforme proprement dite, mais aussi et surtout, au niveau du potentiel nouveau barème auquel les enseignants nouvellement formés (mais aussi, selon certaines modalités, les enseignants déjà en place) pourraient prétendre.
  3. vérifier la cohérence entre le Pacte et la RFIE, ces deux réformes complémentaires ayant été initiées par deux Ministres différents. 

Afin d’atteindre ces trois visées, le Cabinet de la Ministre Glatigny, en collaboration avec celui de la Ministre Désir, a mis sur pied quatre groupes de travail pour analyser le décret du 7 février 2019. Un GT est consacré à l’opérationnalisation de la réforme, un autre à la cohérence Pacte/RFIE, le troisième à la problématique de la pénurie d’enseignants et, bien entendu, le dernier au budget…  Il s’agit essentiellement de GT «techniques» composés d’experts de l’administration qui ont exploré les documents de référence, mais une consultation des acteurs de terrain a quand même eu lieu pour alimenter les réflexions des trois premiers GT.

Cette consultation, sous forme d’un questionnaire et d’une journée d’échanges sur les résultats, a été mise en place sur un délai très court et a été peu approfondie. Certains éléments remontés lors de cette consultation ont été décontextualisés ou instrumentalisés pour justifier certaines propositions de modification du décret. 
Juin 2020- Note d'orientation du Cabinet de la Ministre Glatigny

Vous trouverez la synthèse de cette note dans l'article du CSC-EDUC N°141 de septembre 2020 intitulé: "La réforme de la formation initiale des enseignants a-t-elle encore un avenir?"

Eté 2020 - APD (avant-projet de décret) soumis à la concertation

Il en ressort notamment que l'’ensemble des acteurs dénoncent une trop grosse concentration de stages en dernière année de formation, l’articulation théorie-pratique ne pouvant uniquement se faire que lors de la dernière année de formation. Dans ce cadre, la charnière de la formation qui  associe la théorie à la pratique pendant tout le cursus ne pouvait être respectée.

Les modifications proposées déforçant davantage la plus-value de la RFIE, la CSC-E et l’ensemble des organisations syndicales remettent un avis défavorable lors des négociations

Communiqué de presse dans le CSC-Educ n°142 d’octobre 2020. 
30 avril 2021-  Adoption d'un nouvelle version de l'APD

Depuis, sans autre consultation des acteurs concernés, le Gouvernement a planché sur une nouvelle version du décret de RFIE qui a été approuvée en deuxième lecture par le Gouvernement de FWB le 30 avril 2021.

La CSC-E et les autres organisations syndicales ont été invitées à une concertation informelle le 6 mai, soit seulement quatre jours après avoir reçu le texte. Bien que non obligatoire, cette concertation nous a permis d’exprimer notre mécontentement. Nous avons mis en avant que cette nouvelle version de la réforme s’éloigne de plus en plus de l’idéal attendu en énumérant les points problématiques à l’égard de celle-ci. 

La CSC-E  a remis un avis défavorable. Nous ne sommes pas dupes, les modifications apportées au décret initial visent essentiellement une réduction des coûts de la mise en place de la réforme. Subtilité supplémentaire, elles permettraient également de lutter contre la pénurie à moindre coût. 

Certes dans ce nouvel APD, le Cabinet a entendu l’objection concernant la  concentration des stages en fin de cursus et celle-ci est moins moins prononcée dans le nouvel APD…MAIS elle est remplacée par une charge professionnelle en dernière année de formation, c’est-à-dire par la prise en charge effective d’une classe par un étudiant rémunéré.

Cette mesure soulève de nombreuses questions et critiques… En synthèse, vous pourrez trouver les thèmes principaux qui posent problème et notre analyse dans l'article du CSC-EDUC n°150 du mois de juin 2021 intitulé "La réforme de la formation initiale des enseignants à nouveau à l'actualité! Bonne ou mauvaise nouvelles?"

 

Le Cabinet de la Ministre Glatigny espère avoir l’avis du Conseil d’Etat et l’approbation en troisième lecture du projet, pour un vote du Parlement en juillet et une première étape de mise en application en septembre 2022.

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