Une réforme systémique adaptée aux enjeux bruxellois
Une réforme systémique adaptée aux enjeux bruxellois
Autrice: Benoit Dassy, secrétaire régional CSC Bruxelles & Julie Macq, conseillère au service d'études
Juin 2026
La CSC bruxelloise se réjouit que le gouvernement bruxellois ait enfin rejoint la réforme systémique de l’enseignement qualifiant, l’enseignement pour adultes et la formation professionnelle. Initiée lors de la précédente législature, cette réforme ne peut s’inscrire dans un contexte où les spécificités et les priorités bruxelloises seraient ignorées.
L’instance bassin de Bruxelles, en travaillant au consensus entre opérateurs de formation, acteurs de l’enseignement, représentants des travailleurs et représentants des employeurs avait pu déjà établir une série de priorités pour Bruxelles:
- Un pilotage de l’offre de formation qui reste aux mains de l’instance bassin, instance au fait des réalités bruxelloises et qui réunit une série d’acteurs primordiaux. L’offre de formation doit être pensée au-delà des territoires des 19 communes étant donné que la mobilité interrégionale est une réalité pour beaucoup de bruxellois.
- Une attention particulière au développement de l’alternance et aux enjeux bruxellois auxquels elle devra faire face : places de stage, mobilité interrégionale, …
- Une réforme du système d’équivalence de diplômes avec un renforcement de l’information sur la procédure administrative, une simplification et une réduction des coûts de celle-ci et une attention particulière à la non-discrimination des diplômes en fonction de leur pays d’origine.
La CSC bruxelloise rappelle que cette réforme systémique prend malheureusement place dans un contexte où les mesures prises à d’autres niveaux de pouvoir compromettent sa bonne mise en œuvre. Le devenir de l’enseignement qualifiant, aux moyens déjà rabotés en 2024, est trouble. Là où le qualifiant devait être revalorisé, la ministre de l’Enseignement a raboté le tronc commun et donc l’opportunité pour les jeunes d’y accéder par choix positif et non par relégation. Le flou qui persiste sur l’organisation du tronc commun et de l’après tronc commun ne permet pas de créer un climat serein où la réforme systémique pourra prendre place.
De plus, la réforme des allocations de chômage est un réel frein à la formation professionnelle ou à l’accès à l’enseignement pour adulte. La précarisation accrue de certains publics accentuera le décrochage scolaire, chantier pourtant considéré comme prioritaire dans la réforme. Selon la CSC bruxelloise, le décrochage scolaire travaillé uniquement sous le prisme de l’enseignement qualifiant et non avec l’enseignement général est une nouvelle forme de stigmatisation qui accentue l’image de la filière qualifiante comme une filière de relégation.
La CSC bruxelloise appelle les responsables politiques à porter les priorités bruxelloises dans la mise en œuvre de la réforme systémique et rappelle que les missions citoyennes de l’enseignement doivent être préservées. La formation professionnelle doit rester accessible et offrir une réelle montée en compétences durables et transférables pour tout citoyen qui le souhaite. Enfin, le chantier d’exploitation des données, annoncée dans la réforme, ne peut mener à un écrémage des publics par une course aux résultats pour les opérateurs de formation.
