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Réforme des aides à la formation en Région wallonne: pourquoi jeter le bébé avec l’eau du bain?

Réforme des aides à la formation en Région wallonne: pourquoi jeter le bébé avec l’eau du bain?

situation emploi - wallonie

Auteurs: Pierre Ledecq & Nicolas Vandenhemel, conseillers au service d'études

Avril 2026

En février dernier, le Gouvernement wallon a adopté, en première lecture, un avant-projet de décret relatif aux dispositifs "Wallonie Formation Continue". Il s’agit-là des incitants financiers de formation à destination des employeurs et des travailleurs. Schématiquement: les employeurs pouvaient jusqu’alors recourir à différentes aides financières pour former leurs travailleurs (chèque-formation, crédit-adaptation, Fonds de l’expérience professionnelle, congé éducation payé [CEP]). De leur côté, les travailleurs pouvaient recourir au CEP pour se former.

Le Gouvernement wallon entend mettre tout cela à plat et remplacer ces dispositifs par "Capital Formation Entreprise" (CFP) et par "Mon Capital Formation" (MCF), deux dispositifs permettant de subventionner les employeurs, pour la formation de leurs travailleurs dans le premier cas, ou pour compenser l’absence d’un travailleur ayant activé son droit à la prise de congé en vue de se former, dans le second. Le tout au sein d’une envelopper fermée (nous y reviendrons).

Cette réforme indique viser notamment à renforcer la participation des travailleurs à la formation continue, soutenir l’acquisition et l’adaptation des compétences aux enjeux économiques, technologiques et sociétaux de demain, et soutenir les initiatives de formation des travailleurs dans une logique d’émancipation, de reconversion et de sécurisation des parcours professionnels. Des éléments auxquels nous pouvons souscrire pour autant qu’ils se traduisent dans les textes (et donc dans les faits). Or, il s’avère que le projet sur la table limite fortement le droit des travailleurs à se former: à quelques exceptions près, ce droit ne semble autorisé que s’il concorde aux besoins des employeurs, loin de la logique d’émancipation du CEP tel que repris dans la convention n°140 de l’OIT.

Explications: historiquement, le CEP a été instauré pour favoriser l’émancipation (sociale) des travailleurs.euses en leur permettant de suivre les formations de leur choix pour tracer leur propre chemin et (donc) leur émancipation. Au fil du temps, des employeurs se sont engouffrés dans la brèche et ont dévoyé le dispositif du CEP, qui ne remplissait dès lors plus que partiellement ses missions initiales. En cela, le gouvernement a raison : il était temps de sonner la fin de la récréation de cette utilisation du CEP par les employeurs. Le souci? C’est qu’au passage, le Gouvernement revoit la logique du CEP et tord le cou à sa logique d’émancipation en l’arrimant fortement aux besoins des employeurs.

Comme l’enveloppe budgétaire des aides à la formation est fermée, les craintes sont par ailleurs fortes que les employeurs s’en servent allégrement pour ne laisser que des miettes au nouveau dispositif "Mon Capital Formation". Pour la CSC wallonne, c’est donc un nouveau coup de canif contre les droits (à la formation) des travailleuses et travailleurs.

Et comme si cela ne suffisait pas: l’avant-projet de décret entend ouvrir les "Capital Formation Entreprise" aux "grandes entreprises" mais pas au secteur du non-marchand. Un "deux poids deux mesures" injustifiable!