Le rapport européen par pays mérite davantage de considération
Le rapport européen par pays mérite davantage de considération
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Autrices: Ann Vermorgen & Marie-Hélène Ska
Juin 2026
La Commission européenne a publié son rapport sur la Belgique le 3 juin. Puisque notre gouvernement souhaite se conformer aux règles européennes, il faut espérer que, cette fois-ci, il examinera le rapport de manière un peu moins sélective. Celui-ci contient en effet de nombreuses remarques qui contribueraient grandement à faire avancer l'exercice budgétaire. Il dénonce également une série d'hypothèses incorrectes et de choix politiques erronés qui doivent être corrigés de toute urgence.
La Commission souligne ainsi une fois de plus que nous consacrons deux à six fois plus de moyens à la politique économique générale que nos voisins. Il convient toutefois de se demander quel en sera le résultat. Il n'existe pas d'évaluations ni d'examens des dépenses consacrées à la politique d'entreprise, et lorsqu'il y en a, elles sont reléguées au fond d'un tiroir. Grâce à la Cour des comptes et à la Banque nationale, nous savons pertinemment que ce premier recrutement est un gaspillage d'argent. Les analyses du Bureau du Plan démontrent que, dans le cadre de la politique d'innovation, certains instruments fiscaux n'ont plus d'impact positif. Ils peuvent donc être rationalisés. Des économies peuvent donc certainement encore être réalisées dans ce domaine. Même la Commission cite la première embauche à plusieurs reprises.
En matière de réforme de l'État également, la Commission souligne l'impact des économies d'échelle. Quiconque sait lire entre les lignes comprendra donc que nous devons cesser de tout régionaliser de manière dogmatique. Il ne s'agit pas d'une solution miracle, bien au contraire.
La Commission réitère sa demande de réduire progressivement les subventions accordées aux énergies fossiles. Encore une économie qui semblerait évidente. Mais surtout, elle demande aussi de réduire les avantages fiscaux. Car toute critique concernant la pression fiscale devrait d'abord s'accompagner d'une analyse des différentes exonérations associées à chaque taux et à chaque système. Une étude récente du HIVA (2026*) vient justement de montrer que pour chaque tranche de 3 euros perçus, 2 euros ne le sont pas. En résumé, sur le plan fiscal aussi, il ne faut pas se fier aux apparences et il reste encore beaucoup d'économies à réaliser, sans pour autant augmenter les taux.
La Commission constate elle aussi désormais que toutes sortes de manigances en matière de rémunérations extra-légales provoquent des perturbations. Elle note, par ailleurs, qu’avec l'essor des « flexi-jobs », les emplois faiblement rémunérés se réduiront comme peau de chagrin. Enfin, elle observe le risque lié aux sociétés de gestion, qui ne se constituent que pour des raisons fiscales et se livrent ainsi à l'évasion fiscale, mais qui réduisent la productivité globale.
La Commission souligne également que la norme salariale ne permet pas de prendre en compte la productivité et les différences entre les secteurs. Une situation qui n'est pas améliorée par l'obstination du gouvernement à vouloir appliquer telle quelle l'indexation plafonnée, alors que les problèmes sur le terrain ne cessent de s'accumuler.
En résumé, les analyses de la Commission montrent qu'une autre politique s'impose bel et bien, et que ce gouvernement dispose de nombreuses possibilités pour la mettre en œuvre. Plusieurs membres du gouvernement ont déjà indiqué que le 21 juillet ne constituait pas une date butoir pour l'élaboration d'un nouveau budget. Ce rapport pourrait alors constituer une bonne lecture pour les vacances.
