Vos droits
bab449ae-2477-46b3-8fca-27c4c5741bd6
https://www.lacsc.be/vos-droits
true
Actualité
59ea6a04-d5cb-49bb-86bf-262457cb04b8
https://www.lacsc.be/actualite
true
Services
c7cddb17-187f-45c2-a0e2-74c299b8792b
https://www.lacsc.be/services
true
S'affilier
abbb02d8-43dd-44b5-ae75-3cd90f78f043
https://www.lacsc.be/affiliation
true
La CSC
c62ac78b-1aa2-4cb9-a33b-59e6fc085fb4
https://www.lacsc.be/la-csc
true
Contact
7f7bdd4f-c079-401e-a1bf-da73e54f00c2
https://www.lacsc.be/contactez-nous/pagecontact
true
Je m'affilie

La réalité, c’est que des corrections s’imposent

La réalité, c’est que des corrections s’imposent

Auteurs: Marie-Hélène Ska & Ann Vermorgen

Mars 2026

"Faire grève ne changera pas la réalité", a déclaré le Premier ministre. C’est vrai, mais l’enjeu est précisément de faire prendre conscience de la réalité à ce gouvernement. À savoir que certains changements s’imposent si l’on veut réellement offrir un avenir à notre pays.

La réalité, c’est que ce gouvernement fait le choix d’une série de mesures idéologiques qui ne font que creuser notre déficit budgétaire. Il suffit, pour s’en convaincre, de consulter les projections du Bureau fédéral du Plan. Une autre réalité est que ce gouvernement ne maîtrise pas ses recettes. Là encore, les chiffres du Bureau du Plan sont sans appel.

Autre constat: nos prétendues "dépenses excessives" ne relèvent pas du volet social, mais bien du volet économique. Ici aussi, les chiffres de la Banque nationale et d’Eurostat parlent d’eux-mêmes. Ce sont là des faits, rien que des faits.

S’agissant de la réforme des pensions, le gouvernement choisit clairement d’ignorer la réalité. Car la réalité, c’est que les travailleurs ne peuvent pas recommencer leur carrière de manière rétroactive. C’est aussi que les femmes travaillent plus souvent à temps partiel, parce que l’ensemble de la société continue de s’organiser, de manière implicite comme explicite, autour de cette réalité. Et la réalité, c’est que, loin de réduire cet écart, ce gouvernement entend au contraire étendre encore le travail à temps partiel, avec des contrats correspondant à un dixième d’un temps plein, qui ne permettent pratiquement pas de se constituer des droits. Il n’est absolument pas question de mieux coordonner et de renforcer la politique de l’emploi et de l’accueil de la petite enfance dans les Régions.

L’indexation forfaitaire des salaires dans le secteur privé constitue un autre bel exemple de déni de la réalité. Là encore, le gouvernement se cramponne à cette mesure, sans que personne ne soit capable d’expliquer précisément ce que l’État gagnerait sur le plan budgétaire à ne pas indexer intégralement les salaires du secteur privé. En réalité, un saut d’index prive les pouvoirs publics de moyens, en raison des cotisations et des recettes fiscales perdues. Pendant ce temps, ce sont les travailleurs qui voient leur salaire diminuer. Le gouvernement espère compenser cette perte au moyen d’une cotisation de modération salariale supplémentaire, ce qui soulève la question suivante: à quelle fin le gouvernement prend-il cette mesure?

Aussi absurde que cela puisse paraître, on prête une oreille attentive aux doléances des employeurs qui souhaitent neutraliser cette mesure relative à la norme salariale et limiter dans le temps la cotisation de modération salariale. Pourtant cette mesure leur procure déjà un avantage. Comme elle touche à la fois les salaires et les barèmes, elle réduit non seulement les salaires des travailleurs actuels, mais aussi ceux des travailleurs de demain.

Qu’il s’agisse des réformes du marché du travail, des réformes des pensions ou des mesures relatives à l’indexation, le Conseil d’État a systématiquement rendu des avis particulièrement critiques, sans que le gouvernement n’y prête vraiment attention. C’est cela aussi la réalité.

Il appartient donc au Parlement d’assumer pleinement la mission pour laquelle il a été élu et d’apporter les corrections nécessaires aux mesures qui sont actuellement soumises au vote. Car en définitive, c’est au législateur qu’il revient de légiférer lorsque le gouvernement perd tout sens des réalités.