Werknemers onvoldoende beschermd tegen arbeidsongevallen
Flexibilité, sécurité et santé ne font pas bon ménage!
Auteur: Kris Van Eyck, responsable du service entreprise
Avril 2026
Chaque année, le 28 avril, nous commémorons toutes les victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles. Chaque victime est une victime de trop. Sur ce point, nous sommes tous d’accord. En effet, le travail devrait être source de bien-être; pourtant pour un nombre croissant de travailleurs, il devient facteur de maladie.
Ce n’est pas un hasard, mais une conséquence directe de la politique du marché de l’emploi. Depuis des années, la flexibilisation est au cœur de cette politique. Près de 500.000 travailleurs sont intérimaires, auxquels s’ajoutent plus de 600.000 étudiants jobistes, dont 300.000 intérimaires. Près de 200.000 travailleurs occupent un flexi-job, un nombre appelé à augmenter sous l’effet des mesures du gouvernement fédéral. La Belgique compte également 250.000 travailleurs freelances.
On observe en outre une croissance dans des secteurs précaires caractérisés par des conditions de travail très flexibles, des relations de travail précaires, une main-d’œuvre souvent peu qualifiée, fréquemment issue de l’immigration, confrontée à des barrières linguistiques, à des structures éclatées où l’impact de l’employeur sur les conditions de travail est limité (notamment dans le secteur des titres-services), à des chaînes de sous-traitance et au dumping social dans la construction, les transports et d’autres activités où plus personne n’assume réellement la responsabilité,… Ajoutez l’extension des heures supplémentaires volontaires et le travail de nuit, rendu plus flexible et moins coûteux, et vous obtenez un terrain propice à la multiplication des accidents du travail et des problèmes de santé.
Conséquence directe de cette situation. Les statistiques dont nous disposons montrent que le risque d’accident ou de maladie n’est pas le même pour tous les travailleurs. Ceux qui occupent des emplois flexibles, avec peu d’ancienneté, sont nettement plus exposés. Les intérimaires, par exemple, subissent deux fois plus d’accidents du travail. Il en a toujours été ainsi. Les flexi-jobistes seront-ils les prochains à grossir ces statistiques? Autre exemple alarmant: la hausse marquée des troubles musculosquelettiques chez les travailleurs du secteur des titres-services.
Comme si cela ne suffisait pas, nous constatons que de nombreux travailleurs vulnérables ne sont pas couverts par une assurance accidents du travail ou voient plus souvent leur dossier d’accident refusé par l’assureur. Quant à la reconnaissance des maladies professionnelles, elle est pratiquement inexistante. Les travailleurs se heurtent au mur de la charge de la preuve.
Nous sommes face à un véritable choix de société. Soit nous continuons à gérer les conséquences, soit nous nous attaquons à la racine du problème en nous investissant pleinement dans une prévention réelle et efficace. La CSC propose un ensemble de solutions à mettre en œuvre de toute urgence. Cela commence par limiter – et non étendre – la flexibilité et les formes atypiques d’emploi. Il faut offrir aux travailleurs des contrats stables, avec davantage de garantie d’obtenir un revenu décent, sans dépendre des heures supplémentaires ou des flexi-jobs.
Il est également nécessaire de prévoir une formation et un accompagnement obligatoires au début de chaque mission, ainsi qu’un nombre suffisant d’inspecteurs pour en assurer le contrôle. Les services de médecine du travail doivent accorder la priorité au suivi de la santé des groupes les plus exposés. Il faut lutter contre le dumping social, limiter les chaînes de sous-traitance et faire porter la responsabilité au donneur d’ordre ou à l’entrepreneur principal. Il convient aussi d’exiger des mesures de prévention en contrepartie des subventions accordées aux entreprises de titres-services, etc. Si la prévention échoue, il faut veiller à ce que tous les travailleurs, y compris les travailleurs détachés et les travailleurs de plateformes, soient couverts par une assurance accidents du travail. Il faut également contrôler les assureurs face à la hausse des refus de dossiers d’accidents du travail et faire en sorte que toutes les maladies professionnelles soient reconnues et indemnisées.
Enfin, la plupart des formes de travail flexibles fragilisent le financement de la sécurité sociale. Qui supporte finalement le coût d’un travail qui rend malade? Ce sont précisément les victimes et la société dans son ensemble. Les travailleurs sont donc doublement pénalisés. Il est temps d’agir.
