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Un gouvernement d'ingénieurs disaient-ils...

Un gouvernement d’ingénieurs disaient-ils….

situation emploi - wallonie

Auteure: Daniel Cornesse, secrétaire national de la CSC Wallonne et Francophone

Janvier 2026

A l’issue des élections régionales de 2024, les Présidents des partis de la coalition Azur se félicitaient d’imprimer dorénavant une gestion plus rigoureuse de la région. En ce début d’année 2026, à l’heure où les files de chômeurs exclus, particulièrement dans les grandes villes, jalonnent les rues des CPAS, parfois dans un froid polaire, il est temps de s’arrêter quelques instants sur la politique menée en matière d’emploi depuis la mise en place du Gouvernement Azur.

Dès le départ, le Gouvernement Wallon considérait la politique d’exclusion des allocations de chômage avant tout comme une politique émancipatrice et souhaitait y associer toutes les mesures d’accompagnement nécessaires à la réinsertion professionnelle. La campagne électorale des Engagés était sur ce point assez clair, telle une mécanique bien huilée: un emploi sera proposé à chaque demandeur d’emploi!

Après plus d’une année d’exercice et quelques reformulations sémantiques, le bilan sur ce point reste assez pauvre. Une réforme du Forem axée sur une accélération de l’accompagnement (et des sanctions pour des chômeurs, déjà sous la menace d’une limitation des allocations de chômage) est en cours, et d’autres réformes peinent à se mettre en place de manière positive et suffisamment concertées.

Le ministre de l’Emploi entendait revoir la politique des aides à l’embauche, le paysage de l’insertion, les emplois de proximité. Mais derrière ces quelques incantations, en adoptant une approche factuelle des choses, là ou de véritables solutions auraient dû être en place dès le 1er jour des exclusions, les faits sont tout autres.

Au 1er janvier 2026, aucune solution de fond n’a été trouvée pour les travailleuses et travailleurs en ALE exclus du droit aux allocations de chômage qui, pour beaucoup, travailleront dorénavant pour 4.10 € de l’heure. Aucune solution non plus d’ailleurs pour les aidants proches exclus aussi de toute forme de droit. 

Au 1er janvier 2026, le Forem, face au plus grand défi de son existence, doit composer avec une énième réorganisation, des moyens en nette diminution, et en arrive à devoir se vanter d’avoir mis au travail 35% des chômeurs ciblés par l’exclusion au moins un jour en 2025!

Au 1er janvier 2026, le secteur de l’ISP, acteur majeur de lutte contre la désaffiliation sociale, se retrouve sous subventionnée et dans une incertitude sur les fondamentaux de ses missions.

Au 1er janvier 2026, des dispositifs entiers d’insertion ont été abrogés et/ou modifiés sans aucune réorientation claire des budgets. Les territoires zéro chômeur de longue durée sont brulés, les cellules de reconversion sont violentées, les SAACE sont totalement réorganisés.

Au 1er janvier 2026, les CPAS, dorénavant référents dans l’accompagnement des chômeurs exclus et dans l’attente d’une réforme de l’Article 60 et 61, ont la certitude qu’ils ne recevront aucun budget spécifique pour insérer ces dizaines de milliers de personnes supplémentaires.

Au 1er janvier 2026, on ne voit toujours aucune perspective d’une politique ambitieuse de création d’emplois, pourtant bien nécessaire pour la Région Wallonne. Aujourd’hui encore, comptablement, nous dénombrons à peine 40 000 offres d’emploi sur le site du Forem (dont la plupart en Flandre, ou en intérim ou en CDD) pour près de 275 000 demandeurs d’emplois. Ajoutons à cela les innombrables travailleuses et travailleurs en maladie de longue durée, issu·e·s pour beaucoup des grandes villes marquées par le déclin industriel, qui seront dorénavant activé·e·s et nous mesurons alors l’ampleur de la tâche.

Soyons clair, rien n’a été correctement anticipé. Ce gouvernement est condamné à travailler dans l’urgence s’il veut répondre au défi qu’il s’est lui-même créé. Les quelques réponses apportées à ce stade reposent encore et toujours sur le même dogme: l’accompagnement, le contrôle et la formation comme seules politiques capables d’augmenter le taux d’emploi! 

Sans doute sourd aux conclusions de l’enquête portant sur l’impact très limité des formations dans les métiers en pénurie, nous ne cesserons de lui faire entendre que la seule issue reste celle d’une concertation sociale solide permettant au monde du travail de retrouver sens et cela à travers une politique d’emploi axée sur des conditions de travail de qualité, une création nette d’emploi et un partage du temps de travail.

C’est aussi l’une des raisons d’être de cette newsletter qui, tout au long de l’année, permettra de faire écho de nos analyses syndicales sur les différents dossiers d’actualité.

Au nom de la CSC Wallonne et francophone, je vous souhaite une excellente année à toutes et tous.