Quand près d’un travailleur sur deux utilise le budget mobilité pour se loger, cela montre l’ampleur de la crise du logement
Pour la CSC, ces chiffres envoient un message clair : si tant de travailleurs utilisent un outil censé favoriser la mobilité durable pour payer leur logement, c’est avant tout parce que le coût du logement pèse de plus en plus lourd dans le budget familial.
L’étude souligne également qu’aucune conclusion ne peut aujourd’hui être tirée quant à l’impact réel de cette mesure sur les comportements de mobilité, la réduction des embouteillages ou les émissions de CO₂. Les auteurs observent eux-mêmes que le dispositif semble davantage servir à une optimisation résidentielle et fiscale qu’à modifier les déplacements domicile-travail.
Les interlocuteurs sociaux ont rendu un avis sur le budget mobilité en avril dernier. Pour éviter que celui-ci ne soit utilisé comme outil d’optimisation salariale et pour éviter une hausse indésirable des coûts sur le marché du logement, les organisations de travailleurs et d’employeurs souhaitent que les nouveaux budgets mobilité accordés à partir du 1er janvier 2027 ne puissent plus être utilisés pour les frais de logement qu’à hauteur de 50 % maximum. L’autre moitié devra être consacrée à des moyens de transport durables ou être versée en espèces, moyennant la retenue de la cotisation ONSS. Pour les budgets mobilité en cours, rien ne change.
Pour la CSC, une réflexion plus large s’impose. Nous avons toujours soutenu le budget mobilité comme un levier permettant de corriger les dérives liées à l’absence de véritable politique en matière de voitures de société. Ni le climat, ni la mobilité, ni notre sécurité sociale ne tirent profit des 600 000 véhicules de société qui circulent aujourd’hui sur nos routes. Le fait que près d’un travailleur sur deux utilise désormais son budget mobilité pour payer son loyer ou son crédit hypothécaire a, d’une part, pour effet d’alimenter la hausse des coûts du logement. D’autre part, cela met en évidence que le logement représente aujourd’hui l’une des dépenses les plus importantes des ménages alors que son poids réel est insuffisamment pris en compte dans certains indicateurs économiques et dans le débat sur l’évolution du coût de la vie.
La CSC demande dès lors au gouvernement :
- une meilleure prise en compte du coût réel du logement dans le calcul de l’indice des prix à la consommation;
- une politique ambitieuse en faveur d’un logement abordable et accessible pour tous;
- une augmentation des salaires permettant aux travailleurs de faire face à l’explosion des coûts du logement et des autres dépenses essentielles;
- le maintien et le renforcement des mécanismes d’indexation automatique qui protègent le pouvoir d’achat;
- de tenir compte de l’avis des interlocuteurs sociaux sur le budget mobilité.
