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Travail des plateformes : une nouvelle convention en vue à l’OIT

La 114e Conférence internationale du travail s’est ouverte aujourd’hui à Genève. Ann Vermorgen, présidente de la CSC, intervient en qualité de porte-parole des travailleurs au sein de la Commission permanente de l’application des normes (CAN). 

L’Organisation internationale du travail (OIT), le plus ancien et unique organe tripartite des Nations unies, organise cette Conférence chaque année. Gouvernements, employeurs et syndicats issus de pas moins de 187 pays s’y réunissent pour tenter de conclure des accords visant à améliorer les conditions de travail.

La CSC est fière d’y participer avec une délégation importante: «Il est essentiel de négocier ici pour préserver notre modèle social, influencer les normes internationales et créer des conditions de concurrence plus équitables pour les travailleurs partout dans le monde. Plus les normes internationales seront ambitieuses, moins nous risquons de nous engager dans une course au nivellement par le bas et mieux nous protégerons les travailleurs belges et leur emploi, souligne Ann Vermorgen».

Plateformes numériques

Une première discussion portera sur les plateformes numériques. Dans tous les pays du monde, les travailleurs de plateformes constituent une catégorie croissante, sans statut clair, avec un accès limité, voire inexistant, aux droits sociaux. En outre, les plateformes appliquent souvent des méthodes et des conditions de travail peu transparentes. Cette conférence devrait aboutir à une nouvelle convention consacrée au travail de plateformes. Il s’agirait d’une avancée décisive dans la lutte contre les faux indépendants, contre la gestion algorithmique et en faveur d’une protection sociale garantie pour ces nouvelles formes de travail.

Égalité de genre

Les femmes continuent de gagner moins, travaillent plus souvent dans des secteurs sous-valorisés, assument une part beaucoup plus importante des tâches ménagères et ont moins de perspectives d’évolution professionnelles que leurs homologues masculins. Elles sont également plus exposées à des risques psychosociaux et à des troubles musculosquelettiques. Elles sont en outre davantage confrontées à la violence et au harcèlement sur leur lieu de travail.

Cette deuxième discussion vise à définir un programme de transformation. Six piliers – l’égalité salariale, le congé de soins rémunéré, l’emploi et l’apprentissage tout au long de la vie, l’investissement dans les soins, l’éducation et la santé, l’égalité d’accès à l’emploi et la prévention de la violence et du harcèlement sur le lieu de travail – doivent permettre d’accélérer la réalisation de l’égalité de genre dans le monde du travail.

Le thème du dialogue social est abordé dans le cadre de cette discussion permanente. Partout dans le monde, nous observons une érosion des droits syndicaux et de la concertation collective, au détriment des travailleurs.

Commission permanente de l’application des normes (CAN)

Enfin, chaque année, des pays sont appelés à rendre des comptes pour violation des conventions de l’OIT ou des normes fondamentales du travail. En sa qualité de porte-parole du groupe des travailleurs, Ann Vermorgen, présidente de la CSC, conduira la délégation et négociera au nom des organisations syndicales. 

Cette année, la liste comptera 23 pays, dont trois sont signalés par des points d'exclamation (la «double note de bas de page» dans le jargon de l’OIT): l’Érythrée, qui contraint sa population au travail forcé, le Mali, qui exploite des enfants pour l’extraction de l’or, le trafic de drogue et comme forces armées dans des conflits, ainsi que la Russie, en raison des violations de la liberté syndicale et du droit d’adhérer à un syndicat. D’autres cas de violations seront également examinés dans des pays tels que l’Argentine, le Panama et le Nigeria. Plusieurs de ces États figurent aussi dans l’Indice annuel de la Confédération syndicale internationale (CSI) parmi les pays où les droits des travailleurs et les libertés syndicales se sont considérablement détériorés au cours de l’année écoulée. La Commission de l’application des normes (CAN) consacrera également une session spéciale au Myanmar et, comme l’an dernier, à la Biélorussie.

Le centenaire de la CAN

La CAN célèbre son centenaire cette année. Le lundi 8 juin, Marc Leemans, ancien président de la CSC et ancien porte-parole du groupe des travailleurs, participera à une table ronde réunissant des représentants gouvernementaux et des interlocuteurs sociaux. Ils discuteront de l’impact de la CAN et de l’OIT sur la promotion des droits sociaux et la défense des valeurs démocratiques, de la cohésion sociale et de l’état de droit dans leurs pays respectifs.

La 114e conférence de l’OIT se tiendra jusqu’au 12 juin.