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Un budget bruxellois d'austérité alors que des alternatives existent

Ce vendredi, le Parlement bruxellois s’apprête à voter un budget après des mois de fonctionnement en 12e provisoire. Ce budget s’inscrit dans une austérité abrupte pour les services publics et non-marchands. Pour la CSC, il existe des alternatives à cette austérité aveugle

SERVICES PUBLICS EN DIMINUTION

Le financement du personnel du service public diminue partout, en conséquence du moratoire sur les embauches. Les frais de fonctionnement prévus diminuent de manière plus importante, parfois drastiquement pour certaines institutions. Notons quand même que les moyens globaux prévus pour le social-santé ne semblent pas diminuer. Mais pour la majorité des institutions, ce sont à chaque fois des projets, des missions qui ne seront plus effectuées et du personnel qui se retrouvera dans des équipes de plus en plus réduites. Entre pression au travail par manque de personnel et dépression au travail par manque de missions financées, l’avenir est sombre. Même les services opérationnels (Bruxelles propreté, la STIB…) sont touchés alors que les besoins de la population ne diminuent pas.

IMPACT MAJEUR SUR LES PARTENAIRES D’ACTIRIS

Les moyens d’Actiris sont particulièrement impactés mais essentiellement répercutés sur ses partenaires, alors que le nombre de demandeurs d’emploi augmente chaque mois. Dans un effort de transparence et de concertation à saluer, le ministre de l’Emploi et de l’économie a discuté avec les partenaires sociaux des réductions budgétaires envisagées dans les différents programmes. Si certaines sont compréhensibles et pourraient permettre de mieux calibrer les politiques (concernant les réductions pour travailleurs âgés, par exemple), d’autres sont plus inquiétantes pour leurs effets systémiques.

Il s’agit particulièrement du financement des ACS (agents contractuels subventionnés) qui s’est au fil du temps aussi installé comme soutien à diverses compétences non-régionales (culture, formation, insertion socio-professionnelle, accueil de la petite enfance, etc.) sur le territoire bruxellois. Des missions souvent dépendantes de financements multiples, de co-financements européens et disposant de très peu de ressources propres. Nous craignons fortement qu’en fragilisant de manière linéaire le soutien à l’emploi dans ces structures, celles-ci soient obligées de licencier, diminuant par là leurs missions, entraînant la perte d’autres subsides… jusqu’à la fermeture de certains services. Cette dynamique négative se ressent déjà sur le territoire de la région wallonne, inutile de s’en inspirer.

Ceci serait catastrophique pour la population bruxelloise déjà fragilisée comme pour les travailleurs impactés. On doit ici regretter le choix politique de concentrer les efforts sur les opérateurs non-marchands, ceux-là même qui offrent accompagnement et projets de formation et d’insertion pour les publics plus éloignés de l’emploi, ceux-là même que la coalition Arizona exclut du chômage. Bruxelles semble donc conforter le choix de l’abandon des demandeurs d’emploi, et abandonner toute possibilité de mener une politique régionale de l’emploi qui tienne compte de la population bruxelloise. Cette orientation a obligé aujourd’hui les organisations syndicales et les employeurs du non-marchand à refuser le budget 2026 présenté au Comité de gestion d’Actiris. Nous espérons que ceci permettra de trouver d’autres moyens de faire rentrer le budget d’Actiris dans la dotation prévue par le gouvernement. 

DES ALTERNATIVES SONT POSSIBLES

Nous sommes pourtant aussi persuadés que le gouvernement aurait pu rechercher de nouveaux moyens pour financer les besoins bruxellois. Rappelons que la région dispose d’une autonomie sur sa part d’impôt de personnes physiques, sur le précompte immobilier ou sur les héritages. Il s’agit à l’avenir de creuser ces pistes plutôt que celles de nouveaux cadeaux fiscaux aux poches le plus pleines, qui ne font qu’appauvrir la collectivité.