Communiqué de presse
06/02/2026
Durcir le contrôle des chômeurs bruxellois ne leur donnera pas plus d'emploi.
Ce vendredi 6 février, le Parlement bruxellois examinera en séance plénière une proposition de résolution adressant au gouvernement des demandes de « réforme de la procédure de contrôle de la disponibilité des chercheurs d’emploi » qui risque d’aggraver plus encore l’exclusion sociale et de fragiliser le modèle bruxellois de concertation sociale.
Alors que plus de la moitié des chômeurs indemnisés sont menacés de perdre leurs allocations suite à la limitation dans le temps décidée par le gouvernement Arizona, certains proposent aujourd’hui de réformer le contrôle régional de la disponibilité active des chômeurs bruxellois.
Cette proposition vise à imposer plus d’obligations aux demandeurs d’emploi, plus de contrôles, moins de possibilités de recours, plus de sanctions. Elle repose implicitement sur l’idée que ce sont les contrôles, les sanctions et les pertes d’allocations qui créent de l’emploi.
Pour la FGTB Bruxelles, la CSC Bruxelles et l’asbl Collectif solidarité contre l’exclusion, cette vision unilatérale est erronée et totalement déconnectée des réalités structurelles du marché de l’emploi bruxellois.
« Pour qui n’a qu’un marteau, tous les problèmes ressemblent à des clous. Pour qui ne pense qu’en termes de sanctions, tout devient un problème d’obligations et de contrôles. La solution préconisée par les auteurs de la résolution repose sur une vision idéologique du marché de l’emploi, qui ne tient pas compte des réalités bruxelloises » réagit Arnaud Lismond-Mertes, secrétaire général du Collectif solidarité contre l’exclusion.
« À Bruxelles, le marché de l’emploi exige souvent des diplômes élevés, alors que beaucoup de demandeurs d’emploi disposent de peu de qualifications reconnues. Le chômage est trois fois plus élevé chez les personnes peu qualifiées. Cette situation s’accompagne d’une forte précarité : 30 % des contrats durent moins de trois mois, ce qui ne permet pas de sortir durablement du chômage » précise Benoit Dassy, secrétaire régional de la CSC.
Bien que leur rôle dans la cogestion paritaire d’Actiris soit reconnu, les interlocuteurs sociaux – syndicats et organisations patronales – ont été contournés par les auteurs de la proposition. Celle-ci a été discutée en Commission de l’Emploi sans audition des partenaires sociaux, alors que le ministre de l’Emploi et la directrice générale d’Actiris ont, eux, été entendus.
« Consultées par le ministre de l’Emploi, les organisations syndicales et patronales ont pourtant adopté ce lundi un avis commun sur la réforme du contrôle de la disponibilité, qui s’écarte largement de la proposition de résolution » souligne Florence Lepoivre, secrétaire générale de la FGTB Bruxelles.
Initialement déposée par DéFI et Anders, la proposition a obtenu en commission une majorité de circonstance, à la suite d’amendements portés par le MR et le CD&V, et grâce au ralliement du MR, de la N-VA, de Groen, des Engagés et de la Team Fouhad Ahidar.
« Par son contenu comme par son processus d’adoption, cette proposition constitue une menace pour les demandeurs d’emploi bruxellois et pour le modèle bruxellois de concertation sociale et de cogestion du marché de l’emploi. Sa mise en œuvre ne ferait que renforcer les risques d’exclusion, éloignant les chômeurs de l’emploi au lieu de les en rapprocher. La proposition renforcerait par ailleurs la confusion entre les missions de contrôle et d’accompagnement d’Actiris et mettrait l’institution en difficulté, en imposant des objectifs impossibles à atteindre avec les moyens actuels » déplore Yves Martens, coordinateur et co-rédacteur en chef d’Ensemble!.
Face à la crise sociale qui touche durement les Bruxelloises et les Bruxellois - conséquence des politiques du gouvernement Arizona - la Région doit se rassembler autour de ses forces vives pour défendre un modèle fondé sur la cohésion sociale, les équilibres environnementaux et une approche positive de la diversité.
L’adoption - par une majorité de circonstance - de cette résolution stigmatisante ne ferait que renvoyer davantage de demandeurs d’emploi vers les CPAS ou la solidarité familiale et aggraver l’instabilité régionale. La Région bruxelloise a besoin de politiques inclusives, capables de rassembler durablement et de préserver la paix sociale. Nous appelons donc les députés bruxellois à rejeter ce projet de résolution en séance plénière.
