Vos droits
bab449ae-2477-46b3-8fca-27c4c5741bd6
https://www.lacsc.be/vos-droits
true
Actualité
59ea6a04-d5cb-49bb-86bf-262457cb04b8
https://www.lacsc.be/actualite
true
Services
c7cddb17-187f-45c2-a0e2-74c299b8792b
https://www.lacsc.be/services
true
S'affilier
abbb02d8-43dd-44b5-ae75-3cd90f78f043
https://www.lacsc.be/affiliation
true
La CSC
c62ac78b-1aa2-4cb9-a33b-59e6fc085fb4
https://www.lacsc.be/la-csc
true
Contact
7f7bdd4f-c079-401e-a1bf-da73e54f00c2
https://www.lacsc.be/contactez-nous/pagecontact
true
Je m'affilie

Yves Coppieters, Ministre de l’Economie Sociale?

Les idées reçues sur l’efficacité des dépenses publiques démystifiées par un rapport de la Commission européenne

Parlement wallonie Bruxelles

CNE - Canva

Auteur: François Sana, conseiller au service d'études

Octobre 2026

Le débat sur les finances publiques repose souvent sur une idée simple: la Belgique dépenserait trop et il faudrait donc réduire les dépenses publiques. Un rapport de la Commission européenne invite à une lecture beaucoup plus nuancée.

tableau finances belgique commission européenne

Le tableau ci-dessus indique l’efficacité des dépenses publiques dans différents domaines. Plus le score est faible, en-dessous de 1,8, plus les dépenses sont considérées comme efficaces. À l’inverse, un score supérieur à 2,2 indique une efficacité faible. Pour l’ensemble des dépenses, la Belgique obtient un score de 2,06, contre 2,00 pour la moyenne non pondérée de l’UE. L’écart global est donc très limité.

De plus, notre moyenne nationale cache des différences importantes entre les politiques publiques. Le résultat le plus frappant concerne la recherche et développement (R&D), avec un score belge de 4,53, contre 2,75 en moyenne européenne. L’environnement affiche également un score élevé, à 2,49, contre 1,88 dans l’UE. L’ordre public et la sécurité atteignent 2,37, contre 2,17 en moyenne européenne. La marge d’amélioration de nos dépenses publiques en ces domaines est donc très élevée.

À l’inverse, certains domaines affichent des résultats nettement meilleurs. C’est notamment le cas de la protection sociale, avec un score de 1,67, contre 2,05 pour l’UE. Les dépenses consacrées aux loisirs, à la culture et à la religion obtiennent également un score très favorable de 1,51. D’autres dépenses, concernant la santé, l’éducation et le logement, obtiennent également un assez bon score. 
Nous observons ainsi la confirmation qu’avec un score de 1,67, les dépenses de protection sociale effectuées en Belgique se situent bien mieux que la moyenne européenne. Cela ne signifie évidemment pas que tout fonctionne parfaitement en ce domaine, mais cela montre que la dépense sociale ne peut pas être présentée comme un secteur inefficace.

Ce rapport nous fournit un argument de plus en faveur d’une approche ciblée. S’il existe des marges d’efficacité, elles doivent être recherchées là où les résultats sont les moins favorables, plutôt que d’appliquer indistinctement des économies à l’ensemble des services publics. Ainsi, par exemple, le résultat très élevé (donc très peu efficace) des dépenses belges en matière de R&D plaide en faveur de notre proposition fiscale: réduire la déduction fiscale pour les revenus d’innovation dans l’impôt des sociétés. En effet, cette mesure n’incite pas les entreprises à investir davantage dans la R&D, puisqu’elle permet aux entreprises de bénéficier de déductions fiscales pour les revenus provenant d’innovations déjà réalisées. Son efficacité est donc plus que douteuse. Une réduction de la déductibilité de 85% à 40% rapporterait 272 millions d’euros chaque année en économie de dépense.

Nous avons besoin d’améliorer l’efficacité de nos dépenses publiques. Ceci doit se faire de manière intelligente, en ciblant en priorité les secteurs pour lesquels nous sommes les moins efficaces.