Réforme de l'enseignement: pourquoi la CNE soutient le mouvement des élèves et des étudiant·e·s
Nous saluons le mouvement des élèves et étudiant·e·s qui expriment leurs revendications et leurs désaccords dans leurs écoles ou dans la rue. Nous écoutons attentivement leurs demandes: nous avons largement les mêmes objectifs (protection et financement des services collectifs; emploi dignes et revenus suffisants pour les familles et les jeunes; rénovation des bâtiments publics, écologie et défense de nos environnements de vie ; écoute respect & dignité; égalité; accès réel et égal à l’instruction, à la culture et à un avenir émancipateur; respect des étudiants organisés comme contre-pouvoirs légitimes ayant pleinement droit à une concertation réelle) et les mêmes adversaires (gouvernements Arizona et Azur, pouvoirs financiers, multinationales, extrême-droite) et nous sommes réprimés de la même manière dans nos actions collectives (violences policières; attaques ou interdiction des piquets; lock-out;…)
Nous respectons l’autonomie de ce mouvement.
Leurs luttes sont nos luttes. Elles et ils sont de notre classe, de nos familles et de nos quartiers. Elles et ils ne sont pas seulement les "travailleurs de demain". Les jeunes sont aussi des travailleurs·euses d’aujourd’hui: étudiants salariés, apprentis, jeunes en emploi ou sans emploi sont déjà concernés par notre action syndicale.
Nous affirmons la solidarité entre générations. Il n’y a aucune raison d’opposer le financement de l’enseignement, l’accès à l’emploi ou au logement aux pensions et à la protection sociale. La question qui nous unit est celle de la répartition des richesses et du financement des services collectifs.
Nous affirmons notre solidarité avec leurs actions, et les soutenons. Solidarité de principe (les injustices vécues par les travailleurs·euses et par les étudiant·e·s sont globalement des injustices de classe) mais aussi solidarité concrète: nous sommes à leurs côtés, s’ils le demandent, pour les aider dans leurs actions, à protéger leurs piquets, à se faire entendre des pouvoirs locaux, à résister aux violences policières.
Nous expérimentons dans nos actions collectives le même mépris, la même violence des pouvoirs, les mêmes manipulations de grands médias pour passer sous silence nos revendications et monter en épingle des "violences", la même violence de la police. Nous refusons tout ce qui vise à disqualifier l’ensemble du mouvement ou à évacuer ses revendications. La responsabilité des autorités est d’ouvrir une véritable concertation et d’apporter des réponses sociales et politiques, dans le respect du droit de manifester.
Nous répétons notre pleine solidarité avec les enseignant·e·s victimes du mépris inouï du gouvernement Glatigny-Degryse. Le Front Commun Syndical a mis sur la table des alternatives budgétaires pour plus de 21 milliards d'euros, sans prendre un centime aux familles de la classe travailleuse. Seul un acharnement idéologique conduit les gouvernements MR-Engagés à préférer détruire l’école, le social et la culture que de demander un tout petit peu d’efforts aux ultra-riches.
Pas de paix sans justice: la violence c’est d’abord celle de l’argent, de l’injustice, des gouvernements au service des riches et des patrons. Résister collectivement à l’oppression et à l’injustice est un droit et – pour les démocrates – un devoir.
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