Nouveaux chiffres alarmants : La sécurité sur les chantiers doit devenir une priorité absolue
Les résultats de l'action nationale de contrôle éclair menée par l'Inspection du travail sur les chantiers de construction ne laissent guère de place au doute : la sécurité des travailleurs de la construction est encore trop souvent mise en péril. Lors des contrôles effectués les 25 et 26 juin 2026, pas moins de 256 infractions ont été constatées auprès de 116 entreprises. Dans 47 cas, l'Inspection du travail a même dû ordonner l'arrêt immédiat des travaux en raison de risques graves pour la sécurité.
Pour la CSC bâtiment - industrie & énergie (CSCBIE), ces chiffres sont particulièrement préoccupants. Derrière chaque infraction se cache un potentiel accident du travail. Derrière chaque accident du travail se trouve un travailleur qui peut être blessé, subir des séquelles permanentes, voire pire.
Le risque de chute reste la principale menace
Les résultats des inspections montrent que le risque de chute demeure le principal danger sur les chantiers belges. À lui seul, le risque de chute de hauteur depuis l'ouvrage en construction représente 29 % de l'ensemble des infractions constatées. À cela s'ajoutent de nombreuses défaillances liées aux échafaudages, telles que l'absence de garde-corps, des planchers incomplets ou encore des problèmes de stabilité. Ensemble, ces risques représentent près de la moitié de toutes les infractions relevées.
Cette situation est inacceptable. Les travaux en hauteur figurent depuis des années parmi les principales causes d'accidents du travail graves et mortels dans le secteur de la construction. Pourtant, ces contrôles démontrent une nouvelle fois que des mesures de sécurité élémentaires ne sont pas suffisamment respectées.
"Le fait que près de la moitié des infractions constatées soient liées aux risques de chute prouve que la sécurité ne reçoit toujours pas l'attention qu'elle mérite sur de nombreux chantiers. Chaque travailleur a droit à un lieu de travail sûr. Ce n'est jamais sur la sécurité qu'il faut réaliser des économies", souligne Patrick Vandenberghe, président de la CSCBIE.
Bien plus que les risques de chute
Les inspecteurs ont également relevé de nombreuses autres insuffisances :
- une protection insuffisante contre la poussière de quartz ;
- une protection insuffisante contre la chaleur et les rayons UV ;
- des équipements sociaux insuffisants sur les chantiers ;
- un recours insuffisant aux équipements de protection individuelle ;
- des manquements concernant la formation de base obligatoire en sécurité.
Les constatations relatives à la protection contre la chaleur sont particulièrement marquantes. Durant les journées d'inspection, la Belgique a été confrontée à des températures élevées, mais sur plusieurs chantiers, les mesures de protection des travailleurs contre la chaleur et le rayonnement solaire se sont révélées insuffisantes. Le manque de protection contre la poussière de quartz reste lui aussi extrêmement préoccupant, compte tenu des graves risques pour la santé qui y sont associés.
Trop d'accidents du travail dans la construction
Ces résultats d'inspection ne constituent malheureusement pas un cas isolé. Année après année, le secteur de la construction demeure l'un des secteurs les plus exposés aux accidents du travail graves. Malgré les campagnes de sensibilisation, les formations et les réglementations en vigueur, trop d'accidents continuent de se produire alors qu'ils auraient pu être évités.
Lorsque les dispositifs de sécurité font défaut, lorsque les impératifs de délai prennent le pas sur la prévention ou lorsque les investissements en matière de sécurité sont considérés comme une dépense plutôt que comme une nécessité, ce sont les travailleurs qui en paient finalement le prix.
La sécurité n'est pas une option, c'est un droit fondamental
Les résultats de cette campagne nationale de contrôle montrent qu'il reste encore beaucoup à faire. Le fait que 256 infractions aient été constatées en seulement deux jours d'inspection et que 47 chantiers aient dû être arrêtés immédiatement démontre que la prévention, le contrôle et l'application des règles demeurent plus que jamais indispensables.
La CSCBIE appelle dès lors l'ensemble des acteurs concernés à assumer leurs responsabilités : employeurs, donneurs d'ordre, pouvoirs publics et partenaires sociaux. La sécurité ne doit jamais être sacrifiée au profit des délais, de la productivité ou des économies de coûts.
Car personne ne devrait risquer sa santé ou sa vie pour exercer son métier.
