« Le record des flexi-jobs à Liège n'est pas une médaille, c'est un signal d'alarme »
La CSC Liège-Verviers-Ostbelgien réagit aux chiffres d'Acerta concernant le taux élevé de flexi-jobs en Province de Liège.
L'étude publiée par Acerta révèle que la province de Liège compte la plus forte proportion de flexi-jobistes du pays. Plus d'un travailleur sur dix y exerce aujourd'hui un flexi-job. Pour la CSC Liège-Verviers-Ostbelgien, ce « record » ne doit pourtant pas être présenté comme une réussite.
« Être la première province de Belgique en nombre de flexi-jobistes n'est pas un titre dont nous devons nous réjouir. Derrière ces chiffres, il y a des travailleuses et des travailleurs qui cherchent avant tout à préserver leur pouvoir d'achat ou à compenser un emploi principal qui ne leur permet plus de joindre les deux bouts », réagit Isabelle Debroux, Secrétaire fédérale de la CSC Liège-Verviers-Ostbelgien.
Pour l’organisation syndicale, la vraie question n'est pas pourquoi les flexi-jobs progressent, mais pourquoi un nombre croissant de travailleurs ne parvient plus à vivre avec un seul salaire.
D’autant qu’avec l'élargissement du dispositif à la quasi-totalité des secteurs d'activité depuis le 1er juillet, « on prend le risque de banaliser un modèle où des emplois réguliers sont progressivement remplacés par des statuts plus flexibles et moins protecteurs. Ce n'est pas la faute des travailleurs : c'est le résultat d'un choix politique qui rend ces contrats toujours plus attractifs pour les employeurs et toujours plus précaires pour les travailleurs », souffle Isabelle Debroux.
Si les flexi-jobs répondent parfois à un besoin ponctuel, tant pour certains employeurs que pour certains travailleurs, ils ne peuvent devenir une réponse structurelle aux difficultés du marché du travail. « Notre priorité doit rester la création d'emplois stables, correctement rémunérés et offrant une protection sociale complète. Le travail doit permettre de vivre dignement sans devoir multiplier les contrats. », affirme la Secrétaire fédérale.
Car cette évolution n’est pas sans conséquence pour la collectivité : « Lorsque l'on favorise des statuts qui cotisent moins à la sécurité sociale, c'est l'ensemble de notre modèle social qui s'en trouve fragilisé. Les pensions, les soins de santé et la protection sociale se financent grâce au travail. Il est essentiel de préserver cet équilibre. »
« Si de plus en plus de Liégeois ont besoin d'un second emploi, ce n'est pas le signe que notre marché du travail va mieux. C'est le signe qu'il reste beaucoup à faire pour garantir à chacun un emploi de qualité et un salaire qui permette de vivre dignement », conclut Isabelle Debroux.
