Deux ans après l'annonce de la fermeture d'Audi Brussels: transformer la promesse en emplois de qualité
Deux ans après l'annonce de la fermeture d'Audi Brussels, la CSC tient d'abord à saluer la solidarité et la mobilisation exemplaires des travailleurs, des délégués syndicaux et de l'ensemble des acteurs qui ont permis d'accompagner l'une des plus importantes restructurations industrielles qu'ait connues Bruxelles ces dernières décennies.
Le 9 juillet 2024, près de 3.000 travailleurs apprenaient que leur avenir était remis en question. Aujourd'hui encore, les conséquences sociales de cette décision continuent à se faire sentir pour de nombreuses familles, à Bruxelles, en Flandre et en Wallonie.
Un accompagnement qui produit des résultats
Depuis deux ans, la CSC s'est mobilisée pour obtenir les meilleures garanties possibles pour les travailleurs licenciés et pour assurer un accompagnement vers l'emploi ou la formation. Les résultats sont réels. Plus de 1.500 travailleurs d'Audi et de la sous-traitance ont aujourd'hui retrouvé un emploi ou sont engagés dans un parcours de formation. Plus de 1.200 personnes ont retrouvé un travail, majoritairement sous contrat à durée indéterminée. Ces chiffres démontrent que les dispositifs d'accompagnement, les cellules pour l'emploi et l'action des partenaires sociaux ont permis à de nombreux travailleurs de rebondir. Les responsables politiques doivent intégrer une fois pour toute qu’associer les organisations syndicales, y compris à l’accompagnement collectif des travailleurs licenciés, renforce la remise à l’emploi. Ces dispositifs doivent davantage être soutenus à l’avenir y compris à Bruxelles, et non rabotés comme souhaite le faire la Wallonie.
Mais derrière ces résultats encourageants se cache une autre réalité : plusieurs centaines de travailleurs restent encore sans solution durable. La baisse des offres d'emploi observée ces derniers mois complique également le retour à l'emploi de nombreux travailleurs expérimentés.
Le dossier Audi n'est pas terminé
Pour la CSC, la fermeture de l'usine n'a jamais été seulement un dossier social. Elle pose aussi une question fondamentale: quel avenir industriel voulons-nous pour Bruxelles?
Le gouvernement bruxellois a placé l'ancien site Audi au cœur de sa stratégie économique «Brussels All.In». La future Zone d'Accélération Économique annoncée par le ministre Laurent Hublet doit devenir un projet pilote de réindustrialisation régionale.
La CSC partage l'ambition de recréer de l'activité économique et de l'emploi sur ce site stratégique de 55 hectares et l'objectif affiché de créer jusqu'à 50 emplois par hectare.
Des garanties concrètes sont nécessaires
Les intentions ne suffisent cependant pas. Pour la CSC, plusieurs conditions devront être réunies pour que la reconversion du site soit un succès:
- le maintien de l'affectation industrielle du site compatible avec les enjeux de transition écologique de l’économie;
- la création d'emplois stables et de qualité;
- une attention particulière à l'embauche des travailleurs bruxellois et des anciens travailleurs d'Audi et des sous-traitants;
- le développement du futur « skills center » en lien direct avec Actiris et Bruxelles Formation;
- des contreparties claires et contrôlées aux aides publiques et avantages fiscaux qui seraient accordés aux investisseurs;
- l'implication permanente des interlocuteurs sociaux dans le suivi du projet.
Nous serons particulièrement attentifs à ce que le site ne devienne pas uniquement une opération immobilière ou logistique, mais reste un véritable pôle productif créateur d'emplois.
Une responsabilité collective
L'avenir du site Audi représente un test majeur pour la politique industrielle bruxelloise. Bruxelles, et sa grande agglomération, ne peut pas se permettre de perdre durablement l'un de ses derniers grands sites industriels. La réussite du redéploiement doit bénéficier aux travailleurs, aux chercheurs d'emploi et à l'ensemble de la Région.
Deux ans après l'annonce de la fermeture, la CSC reste pleinement mobilisée. Nous continuerons à accompagner les travailleurs concernés et à défendre une reconversion qui allie création d'emplois, formation, transition industrielle et développement économique écologiquement soutenable.
L'histoire d'Audi ne doit pas se terminer par une fermeture. Elle doit ouvrir un nouveau chapitre industriel pour Bruxelles.
