Il est temps que le gouvernement remette de l’ordre dans les finances publiques!
Le rapport publié hier par le Comité de monitoring le confirme une nouvelle fois, noir sur blanc: à politique inchangée, notre pays se dirige vers un gouffre budgétaire encore plus profond que ce qui avait été prévu au début du gouvernement.
"Il est clair que le gouvernement de Bart De Wever n’a toujours pas assaini les finances publiques, malgré ses grands discours et une succession de mesures antisociales. Si son objectif est réellement d’assainir le budget, le gouvernement devra revoir radicalement sa copie. Il est temps qu’il remette de l’ordre dans les finances publiques", déclare Ann Vermorgen, présidente de la CSC. "Au lieu de laisser les problèmes s’enliser, le gouvernement doit enfin prendre des mesures garantissant des recettes plus équitables."
La CSC appelle le gouvernement à mettre un terme à l’érosion des recettes publiques. Les cotisations sociales réduites applicables aux flexi-jobs et au travail des étudiants constituent un cadeau empoisonné. L’application de cotisations sociales normales rapporterait déjà plus d’un milliard d’euros. Les travailleurs indépendants cotisent eux aussi moins que les salariés, alors que leur pension minimale est désormais équivalente. Une correction de leurs cotisations permettrait de dégager quelque 700 millions d’euros de recettes supplémentaires. Il faut également s’attaquer au système des sociétés de management, dont la seule finalité est de réduire les contributions fiscales.
Aujourd’hui, les revenus du travail sont imposés de manière disproportionnée par rapport aux revenus du capital. En demandant un effort plus important aux grosses fortunes, au moyen d’un impôt sur le patrimoine – qui rapporterait 5 milliards d’euros et constitue la priorité absolue pour 70% des Flamands – il serait possible de réduire les impôts sur les revenus du travail pour l’ensemble des travailleurs.
Pour la CSC, réaliser des économies n’est pas un tabou. Encore faut-il commencer par les coûts pour lesquels la Belgique dépense clairement plus que les pays voisins. Il ne s’agit pas de notre protection sociale, mais des aides économiques et des subventions aux entreprises. Il faut mettre fin à ces subventions inutiles, telles que la réduction des cotisations sociales accordées pour la première embauche. Cette mesure ne crée pratiquement pas d’emplois supplémentaires; sa suppression permettrait de dégager 620 millions d’euros. Autre exemple: la déduction fiscale liée aux revenus de l’innovation. Cette mesure coûteuse n’incite pas les entreprises à investir davantage dans la recherche et le développement: elle leur accorde un avantage fiscal pour des innovations déjà réalisées. La limitation de ce dispositif permettrait d’économiser 1 milliard d’euros, tandis que l’instauration d’un plafond pour les aides à l’innovation générerait encore 1 million d’euros supplémentaires.
«Toutes ces mesures ont été chiffrées et validées tant au niveau national qu’international», déclare la présidente de la CSC, Ann Vermorgen. «La véritable question est désormais de savoir si le gouvernement est enfin prêt à mettre un terme à cette profonde injustice.»
