Police: nos droits ne sont pas négociables
Le Comité de négociation 634 du 25 mars 2026 devait ouvrir une nouvelle phase de discussions sur l’attractivité du métier policier et sur nos conditions de fin de carrière. Il a surtout confirmé une réalité inquiétante : l’autorité ne respecte ni ses engagements, ni les travailleurs qui assurent chaque jour la sécurité de la population.
Dès l’ouverture du comité, nous avons découvert que le point consacré à l’attractivité, pourtant annoncé comme une priorité politique, ne comportait aucun contenu concret. Pas de projet, pas de mesures, pas même une note de travail. Le ministre s’est contenté d’évoquer le « conclave attractivité » dont aucune trace écrite n’a été fournie, ainsi que quelques pistes comme la défiscalisation des heures supplémentaires ou une augmentation du montant des chèques repas. Rien de sérieux, de structuré ou qui puisse améliorer durablement vos conditions de travail.
Pour une profession en pénurie, épuisée et sous pression : c’est tout simplement inacceptable.
Pire encore, un projet d’arrêté royal modifiant profondément la NAPAP a été placé à l’ordre du jour. Selon l’autorité, il s’agirait d’un simple alignement demandé par le SPF Pension. En réalité, les documents montrent une volonté claire de réduire la NAPAP de 4 à 2 ans, d’augmenter l’âge d’ouverture du droit de 58 à 59 ans, de supprimer progressivement des mécanismes favorables, et de cumuler ces restrictions avec des règles de pension déjà extrêmement pénalisantes.
Il ne s’agit pas d’un ajustement technique mais d’un démantèlement pur et simple d’un droit acquis essentiel, reconnu depuis des années comme une compensation pour un métier pénible, dangereux et usant.
Nous le répétons haut et fort : ces mesures sont socialement et financièrement dévastatrices. Elles ignorent totalement la réalité de nos métiers : le stress, la violence, les nuits, la misère humaine, la santé sacrifiée et une espérance de vie moindre que celle de la population générale. Elles vont à l’encontre même des engagements publics répétés par tous les partis politiques avant les élections, qui affirmaient reconnaître la police comme métier particulier et nécessaire.
Aujourd’hui, l’autorité agit comme si les policiers étaient une variable d’ajustement budgétaire. Nous le disons clairement, ce mépris doit cesser.
Face à ce projet destructeur, nous avons exprimé une opposition ferme, totale et cohérente. Nous avons rappelé que cette réforme ferait disparaître la NAPAP à terme, qu’elle ne concernerait pas l’ensemble du personnel et qu’aucune alternative n’a été proposée. Rien qui améliore la fin de carrière, rien qui reconnaisse la pénibilité, rien qui valorise la profession. L’autorité dit « comprendre » notre position, mais ne propose rien. Le point est simplement repoussé. Autrement dit : on temporise, on gagne du temps, on espère nous faire avaler l’inacceptable.
Nous attendons des propositions sérieuses et écrites sur l’attractivité.
Nous resterons fermement opposés à toute modification de la NAPAP.
À la CSC Police, notre position est claire :
Arrêtez les attaques contre nos droits. Plutôt que de toucher du bout des doigts prenez conscience de ceux et celles qui l’embrasse chaque jour et y vivent !
Prochainement, vous devrez probablement vous mobiliser, vous rassembler pour défendre vos droits et vos acquis. L’autorité ne croit pas que vous en êtes capable. Nous serons présents et à vos côtés, nous serons prêts.
Nous sommes avec vous, serez-vous avec nous ?
