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Saut d’index : pas question de faire payer deux fois les travailleurs

Le front commun syndical (CSC, FGTB, CGSLB) rappelle son opposition ferme à l’introduction du saut d’index partiel décidé par le gouvernement fédéral. En plafonnant l’indexation des salaires et des allocation sociales, cette mesure va directement limiter le revenu disponible de nombreux travailleurs, travailleuses et pensionnés. Dans un contexte de hausse du coût de l’énergie, il s’agit d’un signal profondément négatif envers l’ensemble des ménages.

Si les employeurs tirent un avantage direct de ce plafonnement, il est dès lors légitime qu’une partie de ce gain soit réinjectée dans la sécurité sociale via ce que le gouvernement appelle une « cotisation de modération salariale ». Alors qu’un saut d’index – même partiel - prive les pouvoirs publics de recettes fiscales et sociales, remettre en cause cette contribution, comme le demandent certains syndicats d’employeurs, reviendrait à affaiblir durablement le financement de notre sécurité sociale.

Le front commun syndical insiste : exonérer les employeurs de cette cotisation créerait un manque à gagner inacceptable pour la sécurité sociale, qui se traduirait in fine par une perte pour les travailleurs et travailleuses eux-mêmes, que ce soit en termes de prestations sociales, de pensions ou de soins de santé. Ne pas demander de cotisation de modération salariale aux employeurs signifie que le saut d’index partiel est à nouveau un cadeau que les employeurs pourraient mettre dans leur poche.

La CSC, la FGTB et la CGSLB appellent dès lors le gouvernement à ne pas céder aux pressions patronales. Depuis le début de la législature, l’exécutif affirme vouloir « valoriser le travail ». Cela passe notamment par une augmentation des salaires mais aussi par la préservation d’une sécurité sociale forte et solidaire. 

Les syndicats rappellent enfin que le gouvernement a confié aux interlocuteurs sociaux la tâche de travailler d’ici la fin 2026 à une réforme de la norme salariale et de l’indexation automatique des salaires. Il n’appartient dès lors pas au gouvernement de s’avancer sur la révision de mécanismes qui relèvent avant tout de la concertation sociale.