Communiqué de presse
11/02/2026
La stratégie industrielle doit se concentrer sur les travailleurs, pas s’en détourner
Deux sommets majeurs pour sauver l’industrie européenne ont lieu ce mercredi à Anvers et jeudi au château d’Alden Biesen. La CSC se joint à d’autres organisations pour appeler les dirigeants européens à faire les bons choix.
L’industrie européenne – des produits chimiques aux métaux en passant par les pièces automobiles – subit de fortes pressions. Dans les milieux patronaux, on entend malheureusement trop souvent que les droits des travailleurs sont le problème et que la dérégulation, sous prétexte de simplification, serait la solution.
Premièrement, aucune usine ne voit sa production se réduire parce que les travailleurs ont le droit de connaître la composition de leur salaire, parce qu’il faut consulter les conseils d’entreprise ou parce que les travailleurs vulnérables méritent une protection minimale. Les véritables défis structurels de l’industrie européenne ne sont pas les droits des travailleurs, mais les prix élevés de l’énergie, la baisse de la demande et le commerce déloyal.
Les secteurs à forte intensité énergétique souffrent particulièrement des coûts de l'énergie bien plus élevés qu’aux Etats-Unis ou dans certaines régions d’Asie.
Le continent européen dans son ensemble a donc besoin d’un plan pour accélérer la transition vers une énergie propre et abordable.
Lorsque les consommateurs retardent leurs achats et que les gouvernements limitent leurs investissements, les usines tournent au ralenti. Il est urgent de stimuler la demande intérieure européenne. Renforcer la négociation collective et les investissements est essentiel, notamment dans des services tels que l’accueil de la petite enfance, le logement, les soins de santé, les transports et l’enseignement, des secteurs qui soutiennent à la fois la demande et la compétitivité.
Les industries européennes subissent également la pression de surcapacités massives subventionnées par les pouvoirs publics d’autres pays, notamment dans les secteurs de la chimie, de l’énergie solaire, de l’acier, de l’automobile et des batteries. L'Europe devrait se concentrer sur la défense de sa base industrielle et investir stratégiquement pour rester résiliente face à la pression mondiale.
Plutôt que de promouvoir la dérégulation, l’Europe et ses Etats membres doivent adopter une stratégie centrée sur les besoins réels. Il faut mettre en œuvre une politique industrielle offensive avec un cadre réglementaire durable et des marchés publics favorisant une industrie locale neutre en carbone. Toute aide publique ou marché public doit être conditionné à des critères sociaux transparents et à un ancrage local. Il faut lutter contre le dumping et la surcapacité mondiale et préserver le marché, au travers de mesures de protection commerciale efficaces.
Grâce à des investissements publics et privés coordonnés à grande échelle, il faut construire une capacité industrielle verte, résiliente et socialement responsable, et massifier la production d’ énergie propre et abordable.
Cette transformation industrielle doit s’accompagner de justice sociale, de formation et du respect du dialogue social. Aucun travailleur ni aucune région ne doit être laissé pour compte alors que l’Europe se décarbone et se numérise.
La CSC appelle les dirigeants de l'UE à rejeter les appels de certains employeurs et à se concentrer à nouveau sur la sauvegarde de nos industries et de nos emplois. La déréglementation est un piège, tandis que l'investissement dans les personnes, la technologie et des emplois de qualité est la véritable base d'une économie européenne en ligne avec les défis du futur.
