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< septembre2025 >
Pour Camille Delhoux, permanente Migrant.e.s pour la CSC Charleroi - Sambre et Meuse, ce projet de loi est un vรฉritable recul, et une atteinte ร la libertรฉ de vivre de chacun et chacune.
La CSC Migrants exprime sa vive inquiรฉtude face ร lโavant-projet de loi approuvรฉ par le Conseil des ministres le 18 juillet dernier. Celui-ci ouvre la voie ร des visites domiciliaires autorisรฉes par un juge dโinstruction afin dโinterpeller des personnes en sรฉjour irrรฉgulier, considรฉrรฉes comme ne coopรฉrant pas ร leur retour et reprรฉsentant un danger pour lโordre public.
Ce projet, soutenu par le gouvernement De Wever, sโinscrit dans une volontรฉ affichรฉe de durcissement de la politique migratoire. Mais au-delร de la rhรฉtorique sรฉcuritaire, il sโagit ici dโune mesure gravement attentatoire aux droits fondamentaux, notamment le droit ร lโinviolabilitรฉ du domicile, garanti par notre Constitution.
La tentative de mise en place de telles visites en 2018 sous le gouvernement Michel, alors quโun certain Thรฉo Franken รฉtait alors ministre de lโImmigration, avait dรฉjร suscitรฉ un tollรฉ, y compris dans les milieux judiciaires. Aujourdโhui encore, lโAssociation des juges dโinstruction rappelle que ce projet reste problรฉmatique : il dรฉtourne la mission du juge dโinstruction, qui agit normalement dans le cadre dโenquรชtes pรฉnales, pour lโintรฉgrer ร une logique administrative et rรฉpressive, sans garanties de suivi judiciaire.
Comme le souligne le professeur de sociologie Andrรฉa Rรฉa (ULB), le texte mรฉlange des critรจres liรฉs ร lโordre public avec des situations bien plus larges, englobant tout รฉtranger sous le coup dโune mesure dโรฉloignement.
Ce flou juridique entretient une confusion dangereuse et risque de criminaliser davantage les personnes en situation irrรฉguliรจre, tout en intimidant celles et ceux qui leur viennent en aide.
Ce projet constitue une ingรฉrence grave dans le droit au respect de la vie privรฉe et familiale, et une rupture inquiรฉtante dans notre conception de lโhospitalitรฉ, de la solidaritรฉ et des libertรฉs individuelles.
On voit les dรฉgรขts engendrรฉs par de telles mesures dans des pays comme les Etats-Unis, dont les forces de lโordre nโhรฉsitent pas ร entrer de force dans les maisons et ร enfermer les migrants comme de grands criminels sans procรจs prรฉalable en vue de leur expulsion plongeant une population dรฉjร prรฉcaire dans une pauvretรฉ extrรชme et la peur, les isolant du reste de la population qui les dรฉnonce.
La CSC Migrants invite le Parlement ร rejeter fermement ce projet, ร ouvrir un vรฉritable dรฉbat sur la proportionnalitรฉ des moyens mis en ลuvre, et ร refuser toute banalisation des dรฉrives sรฉcuritaires au dรฉtriment des droits fondamentaux.
