Unis et combatifs face au pire des patrons d’Europe
Est-ce un miracle ? Non, ça tient à deux choses : le conflit et l’unité. La principale mesure de cet accord est la garantie d'avoir chaque mois le salaire minimum légal belge du secteur. Auparavant, si un employé était malade ou partait en vacances, et n'effectuait donc pas ses 75 heures de vol minimum, il n'était pas assuré de gagner le minimum légal. Ryanair promettait parfois de rembourser la différence plus tard, mais ce n'était pas le cas. Aujourd'hui, ce système de « top up » est supprimé. Concrètement, chaque salarié recevra donc 16.627,50€ de salaire annuel de base, plus 7.539,50€ annuel pour les 75 heures de vol minimum par mois (soit environ 2.178,17€ par mois). Certes, la fameuse norme salariale qui nous empêche de négocier une augmentation de plus de 0,4% n’a pas été respectée, mais personne ne viendra nous ennuyer avec ça.
Unité
En Belgique, les néerlandophones et les francophones se divisent souvent, mais c’est ensemble que nous sommes les plus forts : la CNE et l’ACV-Puls nous l’ont prouvé avec Ryanair. Une collaboration étroite entre nos deux organisations en est la preuve, sans cette collaboration, rien ne se serait produit. Presque 100% des travailleurs de Ryanair (pourtant des jeunes expatriés…) sont syndiqués ; et 100% chez les verts. Par leur action, ils ont montré que ACV-Puls et la CNE sont bien les syndicats de l’aviation en Belgique ! Union dans notre petit pays mais aussi dans notre petit continent. Avec nos collègues européens, nous avons ressenti la force de cette solidarité et la satisfaction que celle-ci peut apporter. Contrairement à ce qui se fait ailleurs, nous avons également créé une union entre le personnel de cabine et les pilotes. Belges, espagnols, portugais… toutes ces unions nous ont permis de créer le syndicat au sein de ce que l’on peut qualifier comme le pire produit du néolibéralisme ultra-arrogant.
Conflit
Si des syndicalistes pensent que la négociation est un art qui permet d’éviter les conflits, ils n’obtiendront jamais rien face à des patrons et à des capitalistes arrogants. La vérité est que le conflit est un art qui permet de commencer des négociations. Il a fallu 11 jours de grève mais nous y sommes. Nous avons choisi un accord à durée limitée de deux ans pour pouvoir renégocier, et peut être obtenir d'encore meilleures conditions par la suite. Dans d’autres pays, des syndicats ont attendu que Ryanair veuille bien négocier : ils attendent toujours – ou alors ils ont négocié des accords pourris. Nous avons mené le conflit, avec le courage incroyable des militants CNE et ACV-Puls, et nous avons imposé la négociation qui a conduit à la victoire. Nous avons aidé des travailleurs à ne plus avoir peur. Ce combat n’est certainement pas terminé. Il est difficile, mais cette union nous rend plus forts nous motive à le mener et à le gagner. La solidarité et le refus d’avoir peur du conflit sont la base de l’action collective qui est elle-même la seule recette pour construire une lutte syndicale.
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L'équipe syndicale de Ryanair
