Des contrats de travail stables dans les Ecoles Européennes
Johny Rebel
Valentina, professeure de mathématiques dans la section d’Italien dans les écoles européennes à Bruxelles, en CDD depuis trois ans, a vu son horaires réduit de plus de moitié d’un mois à l’autre, car l’école a accepté un professeur au même poste, directement envoyé d’Italie : un professeur « détaché ». Ce professeur prend les heures de Valentina sans recours possible pour éviter la perte d’heures et de salaire. La situation de Valentina est loin d’être une exception.
Soutenus par les syndicats belges, la CNE et l’ACV Puls, les professeurs recrutés localement des écoles européennes (EURSC) dénoncent leur précarité et porteront ce mercredi leurs revendications sur la sécurité d’emploi et l'égalité de traitement des enseignants. Nous demandons également, avec eux, un vrai dialogue social au sein des EURSC.
Selon le Socle européen des droits sociaux, "il convient de prévenir les relations de travail qui conduisent à des conditions de travail précaires " (Commission, 2021). Malgré cela, les enseignants recrutés localement dans le système des EURSC peuvent perdre leur emploi, à tout moment, indépendamment de leur implication, de leurs compétences ou de leur ancienneté. Cette instabilité conduit à priver de leurs droits la moitié du personnel enseignant de l'EURSC à Bruxelles.
Pourtant, les enseignants recrutés localement font le même travail que les enseignants détachés, envoyés par les différents Etats membres. La Commission européenne, qui finance les EURSC, affirme que dans l'ensemble de l'UE "les travailleurs ont droit à un traitement juste et équitable en ce qui concerne les conditions de travail" (Commission, 2021).
Force est de constater que les Ecoles européennes n’appliquent pas les principes de base à eux-mêmes !
Les professeurs demandent de ne pas perdre leur emploi en cours d’année, que leur contrat de travail soit respecté et demandent l’installation d’une délégation syndicale.
