20/09/2021
78% des aides-ménager·es reportent des visites médicales pour raisons financières
Les salaires dans le secteur des titres-services sont si bas que les dépenses doivent être limitées en permanence. Une enquête de la CSC révèle que les visites médicales et les achats de médicaments essentiels sont souvent reportés.
Beaucoup d'aides-ménager·es souffrent de douleurs articulaires et musculaires, surtout au niveau du dos, de la nuque, des épaules, des coudes et des poignets. En 2018, une étude d'Idea Consult affirmait que deux aides-ménager·es sur trois souffrent de douleurs articulaires et musculaires. Or, faire soigner ses problèmes physiques n'est pas toujours une évidence, comme le montre une enquête de la CSC Alimentation et Services. Il ressort de cette enquête, menée auprès de 1.335 aides-ménager·es, que 43% reportent souvent, voire très souvent, une visite chez le médecin et l'achat de médicaments. Seuls 22% déclarent ne jamais reporter une consultation médicale. Du côté des aides-ménager·es célibataires, 53% reportent souvent à très souvent des soins médicaux.
« Chaque dépense doit être soigneusement examinée. Toutes les factures sont payées en plusieurs fois. Je n'ai pas les moyens d'aller au médecin, je mets cet argent de côté pour si l'un de mes enfants tombe malade. » – une aide-ménagere anonyme.
« Ces chiffres sont très préoccupants », déplore le secrétaire national de la CSC Alimentation et Services, Kris Vanautgaerden. « Le travail des aides-ménager·es est physiquement éprouvant et les taux d'absentéisme dans le secteur sont relativement élevés. Le "moniteur de faisabilité" du SERV (Conseil socioéconomique flamand) révèle que les absences pour maladie dans le secteur des titres-services sont environ 80% plus élevées que la moyenne en Flandre. Notre enquête a été réalisée au mois de mai, au moment où la pandémie de coronavirus faisait encore rage en Belgique. Selon une étude de Sciensano, la KU Leuven et l'UHasselt, les aides-ménager·es présentaient un risque de contamination supérieur à la moyenne. Ils et elles ont continué à travailler pendant toute la crise et entraient chaque semaine en contact avec des ménages différents. »
Les employeurs et les autorités subsidiantes doivent passer à la vitesse supérieure, estime la CSC Alimentation et Services. « Les revenus et la santé des aides-ménager·es doivent s'améliorer considérablement. Des salaires plus élevés, de meilleures conditions de travail, mais aussi des contrôles plus fréquents et plus qualitatifs, et un meilleur suivi du bien-être et de la santé au travail sont nécessaires », conclut Kris Vanautgaerden.
Pour information : le salaire horaire d'un·e aide-ménager·e s'élève à maximum 12,06 € et 90 % des aides-ménager·es travaillent à temps partiel.
