La solidarité des travailleurs après les inondations
41 morts, plusieurs disparus, des dégâts matériels inestimables : les inondations du mois de juillet représentent la catastrophe naturelle la plus meurtrière du pays… à ce jour. Durant cette crise, les travailleurs n’ont pas tergiversé pour faire preuve de solidarité. Ils ont démontré que l’unité faisait leur force, comme c’est le cas des travailleurs de Trafic, auteurs d’une belle initiative de solidarité !
Nous sommes le 14 juillet, les images de maisons dévastées par les courants de l’Ourthe et de la Meuse envahissent nos écrans. Liège est sous eau, mais pas la soif de justice des travailleuses de la chaîne Trafic. " On a directement pris contact avec nos collègues de la région de Liège pour savoir comment on pouvait les aider concrètement " explique Giovanna Spoto, employée du Trafic d’Haine-Saint-Pierre et déléguée CNE depuis près de deux décennies. " La première préoccupation des travailleurs de la région liégeoise était de savoir s’ils pouvaient légalement quitter leur lieu de travail pour rentrer chez eux. La direction s’y opposait. Mais nous avions négocié dans une CCT que le premier jour d’absence pour raison impérieuse devait être payé s’il était justifié. Certains ont pu en bénéficier le 15 juillet ".
La réponse spontanée des travailleuses : le soutien solidaire social
Parallèlement, la délégation syndicale s’est rapidement concertée pour mettre en place une caisse de solidarité. " Certains de nos collègues ont tout perdu " poursuit Giovanna. " On s’est rendu compte qu’une aide financière était la plus adéquate pour permettre à nos collègues sinistrés de se reloger ou d’aller à l’hôtel. En CPPT, nous avons proposé la création d’un compte de solidarité en partenariat avec les Ressources Humaines. Mais celles-ci nous ont répondu que ce n’était pas facile à mettre en place... On en a discuté avec la délégation et on a décidé que ce critère de faisabilité ne devait pas freiner la solidarité. Quand on a vu l’enthousiasme des travailleurs, on a donc décidé de lancer notre projet tout en informant la direction. On l’a appelé le soutien solidaire social. Un numéro de compte a été ouvert et les travailleurs y ont versé ce qu’ils voulaient " poursuit Giovanna.
La direction de Trafic préfère faire cavalier seul
Malgré l’incompréhension autour de la création des deux numéros de compte, le soutien social solidaire a été un franc succès. Les fonds récoltés par les employés ont permis de soutenir huit de leurs collègues directement impactés par les inondations. Gérée de manière démocratique, la redistribution de la caisse de solidarité des travailleurs s’est faite sur base de critères clairs - en fonction de l’impact des dégâts - pour éviter l’arbitraire.
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