"Le matériel d’hygiène est primordial et fait parfois défaut !"
Isabelle Lebacq est assistante sociale au sein du Service Psychosocial à la prison d’Andenne. « Mon rôle est de rencontrer régulièrement les détenus afin d’intervenir notamment dans leur accueil au sein de l’établissement et dans la rédaction d’avis à destination des Autorités en matière décisionnelle liée au processus de sortie (congé pénitentiaire, permission de sortie, surveillance électronique, libération conditionnelle, …) », explique-t-elle.
Une partie de son travail consiste à rédiger des rapports concernant les détenus rencontrés, ce qui permet à Isabelle d’être dans les conditions pour accéder au télétravail. Avant la période de confinement, cela était permis un jour par semaine. Avec les mesures sanitaires actuelles, Isabelle bénéficie de 4 jours de télétravail avec l’obligation de se rendre au sein de la prison un jour sur la semaine.
« Cette mesure apparait positive tant pour notre travail que pour notre famille, affirme Isabelle, néanmoins, elle n’est pas facile à gérer au quotidien ! D’un côté, les enfants sont présents à la maison et doivent faire leur travail scolaire nécessitant une aide. Ils demandent de faire des activités et on tente de ne pas les laisser devant les écrans. D’un autre côté, le travail se poursuit avec les mails auxquels il faut répondre, les rapports à rédiger, … sans oublier les tâches ménagères du quotidien. »
Isabelle a donc installé un rythme et un horaire pour la famille en tenant compte de cela.
Et concernant une éventuelle propagation du virus ? « On est confiné, les enfants ne sont plus sortis depuis le 16 mars, on espère donc qu’ils ne sont pas contaminés mais, par le fait de me déplacer et me rendre jusqu’à la prison, je suis en contact un jour par semaine avec des collègues, des agents, des détenus, des grilles, des boutons, qui sont peut-être porteurs du virus … et je rentre ensuite chez moi. J’ai donc un stress, alors que je respecte les règles de confinement, de transporter le virus », explique Isabelle.
Et de continuer : « Même si je sais que, comme les agents pénitentiaires, les autres membres du personnel des prisons sont des métiers, comme les policiers, qui doivent se poursuivre, les risques de présence du virus sont réels au sein des établissements et cela me préoccupe beaucoup. Pour toutes ces fonctions, le matériel d’hygiène est primordial et fait parfois défaut ! »
Ambivalence donc entre la nécessité d’une présence sur le terrain et les risques encourus.
