Vos droits
bab449ae-2477-46b3-8fca-27c4c5741bd6
https://www.lacsc.be/vos-droits
true
Actualité
59ea6a04-d5cb-49bb-86bf-262457cb04b8
https://www.lacsc.be/actualite
true
Services
c7cddb17-187f-45c2-a0e2-74c299b8792b
https://www.lacsc.be/services
true
S'affilier
abbb02d8-43dd-44b5-ae75-3cd90f78f043
https://www.lacsc.be/affiliation
true
La CSC
c62ac78b-1aa2-4cb9-a33b-59e6fc085fb4
https://www.lacsc.be/la-csc
true
Contact
7f7bdd4f-c079-401e-a1bf-da73e54f00c2
https://www.lacsc.be/contactez-nous/pagecontact
true
Je m'affilie

Les travailleurs, moteurs de la croissance économique

Les travailleurs, moteurs de la croissance économique

travailleurs croissance emploi

Autrices: Ann Vermorgen & Marie-Hélène Ska

Septembre 2026

Une fois encore, le gouvernement est confronté à un exercice budgétaire difficile. Il est essentiel qu'il opte enfin pour une trajectoire budgétaire durable, au lieu de se laisser guider par des choix idéologiques peu étayés.

Limiter une nouvelle fois le déficit budgétaire en s'attaquant au pouvoir d'achat et à la protection sociale des travailleurs, des demandeurs d'emploi, des malades et des pensionnés, c'est se tirer à nouveau une balle dans le pied sur le plan économique. Car les citoyens ne sont pas un poste de dépenses. Par leur travail, leurs revenus et leur consommation, ils font tourner l’économie.

La consommation intérieure est l'un des piliers essentiels de notre économie. Et elle l’est d’autant plus aujourd’hui, dans un contexte international particulièrement instable. Les salaires et les allocations ne disparaissent pas dans un trou noir. Ils permettent aux citoyens de payer leur logement, leur alimentation, leur énergie, leurs transports et leurs soins de santé. Ces revenus soutiennent l’économie locale. Ces emplois – pour autant qu'ils ne soient pas davantage sapés par les flexi-jobs ou le travail des étudiants – rapportent des cotisations sociales et des impôts.

Réduire le revenu disponible, c’est donc aussi toucher à la croissance économique et aux recettes publiques. Ce principe ne se vérifie pas seulement pour les mesures portant sur les salaires. Les économies réalisées sur les allocations de chômage, les indemnités de maladie ou les pensions ne sont, elles aussi, qu’un mirage. Nous observerons tôt ou tard un effet boomerang sous la forme de coûts liés aux problèmes sociaux et d’une baisse des recettes issues de l’activité économique.

Une analyse récente du groupe de réflexion Minerva, fondée sur une recherche scientifique consacrée à l’efficacité de la politique budgétaire, le confirme une fois encore: les mesures budgétaires n’ont pas toutes le même impact sur l’économie. Les dépenses publiques stimulent davantage l’économie que les réductions d’impôts. A l’inverse, réduire les dépenses publiques nuit davantage à l’activité économique que des majorations d’impôts ciblées. Promettre à la fois des économies drastiques et davantage de croissance économique, c’est donc risquer de choisir précisément les mesures qui freinent le plus cette croissance.

Pousser les citoyens dans la pauvreté, comme nous le constatons aujourd’hui avec la limitation des allocations de chômage dans le temps, ne procure aucun gain structurel aux pouvoirs publics. Et ce n’est pas non plus ainsi que l’on remettra davantage de personnes au travail. Priver quelqu’un de revenus n’est pas un moyen de supprimer des obstacles qui l’éloignent du marché du travail, ni de créer des structures d'accueil des enfants abordables, des emplois adaptés ou des solutions de mobilité accessibles. Cela ne résout aucun problème de santé et n’incite pas soudainement les employeurs à donner leur chance aux personnes les plus éloignées du marché du travail.

Si l’on veut mettre durablement davantage de personnes au travail, il faut investir dans l’accompagnement, la formation, la garde d’enfants, la mobilité, la prévention et la réintégration. Mais les employeurs doivent eux aussi prendre leurs responsabilités, en garantissant un travail faisable, des recrutements inclusifs et des conditions de travail adaptées. Sans accompagnement, l’activation se transforme vite en exclusion. Un gouvernement véritablement soucieux de miser sur la croissance doit cesser de privilégier la flexibilité des employeurs au détriment des travailleurs.

Car pour assainir le budget, plusieurs alternatives existent. On peut réduire les subventions et les avantages fiscaux qui génèrent peu d’emplois ou d’investissements. Il faut s’attaquer aux régimes favorables accordés aux flexi-jobs, aux options sur actions et aux sociétés de management. Garantir le paiement de cotisations sociales correctes, réduire l’écart de TVA, diminuer le recours à des consultants externes et faire contribuer plus équitablement le capital permettrait de renforcer le budget sans miner davantage le pouvoir d’achat des travailleurs.

La Belgique a besoin de finances publiques saines. Mais on n’assainit pas un budget en appauvrissant la population, pour ensuite s’étonner de voir l’économie ralentir. Si nous voulons de la croissance, investissons dans les personnes qui la créent chaque jour. C’est ce message que nous porterons haut et fort le 9 octobre.