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Fédération Wallonie Bruxelles: étudier est devenu un luxe

Fédération Wallonie Bruxelles: étudier est devenu un luxe

Parlement wallonie Bruxelles

Autrice: Julie Macq, conseillère au service d'études

Septembre 2026

La rentrée 2026 a un visage inhabituel cette année en Fédération Wallonie Bruxelles. Les premiers effets des mesures adoptées au nom de la nécessaire maitrise de la trajectoire de la dette se font sentir: les repas chauds gratuits dans les écoles à encadrement différencié ont disparu, le matériel scolaire est redevenu le symbole de distinction entre élèves, l’accès aux académies est désormais réservé aux familles qui en ont les moyens. Du côté de l’enseignement supérieur, ce sont les hautes écoles qui trinquent, en ayant parfois fait tripler leur minerval. Étudier est donc devenu un luxe, même pour les jeunes issus de familles mieux nanties. Les universités, elles, vont tenter de pallier ce contexte budgétaire tendu en débloquant des aides supplémentaires pour les étudiants qui ne se seraient pas vu attribuer le statut d’étudiant modeste ou boursier mais pour qui 1.194 € reste un coût exorbitant.

Les étudiants non européens, eux, sont tout simplement « interdits » d’accès à notre enseignement supérieur: 400 euros d’équivalence plus 1.200 euros de minerval plus 4.125 euros de contribution spécifique Fédération Wallonie-Bruxelles plus 12.000 euros de dépôt de moyens de subsistance annuels imposé par le fédéral. Qui peut encore se le permettre? Sans parler des étudiants boursiers gazaouis, dont le cadre du dossier (octroi d’un visa) dépasse ici la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Oui, cette rentrée a un visage plus que morose en ce mois de septembre 2026, où les effets du changement climatique se sont fait sentir tout l’été mais où la FWB propose un plan de transition écologique qui ne contient plus une seule fois les mots « lutte contre le changement climatique». La FWB a donc pris un virage bien loin de ses valeurs habituelles d’accessibilité, d’ouverture, d’émancipation, de droit à la vie sociale et culturelle. Lorsqu’un tel grand écart existe entre le gouvernement et les citoyens, le dialogue est-il encore possible?

Quoi qu’il en soit, les politiques en place devront rendre des comptes sur les mesures prises, évaluer les politiques mises en place et leurs conséquences sur le long terme tant sur la soutenabilité de la dette, que sur les missions que la FWB se doit de remplir pour chaque citoyen. Pour rappel, le gouvernement MR - Engagés avait déclaré en juin 2024 vouloir penser loin, parler vrai et agir juste. (DPC p5)

Penser loin, c’est précisément ce que certains avaient réussi à faire en FWB. Aujourd’hui PISA ne fait plus de nous les pires élèves des pays de l’OCDE en terme d’inégalités car certaines mesures correctrices mises en place depuis plusieurs années portent leur fruit: décret inscription, moyens dédiés à l’encadrement différencié, limitation du redoublement, … Espérons que les résultats 2029 seront davantage meilleurs et non torpillés par les mesures récemment adoptées ou dans les tiroirs.

La CSC francophone le répètera autant de fois que nécessaire: accessibilité émancipation, ouverture, inclusion ….doivent plus que jamais rester les constituants de la boussole du navire FWB et ce, quel que soit le contexte budgétaire ou les crises successives qui ébranlent notre monde d’aujourd’hui.