Diminuer le futur déficit bruxellois sans rien faire...
Diminuer le futur déficit bruxellois sans rien faire...
Auteur: Benoit Dassy, secrétaire régional à la CSC Bruxelles
Septembre 2026
Il existe des pistes pour réduire le déficit budgétaire bruxellois sans couper aussi brutalement dans les services publics et non-marchand. La première est certainement de ne pas se priver de recettes. Les autres sont détaillées dans un article publié par le collectif Athéna.
Le gouvernement de la Région souhaite réduire son déficit budgétaire afin d’obtenir un équilibre en 2029. Cette volonté se traduit depuis plusieurs mois par des coupes dans les subsides des associations qui effectuent souvent un travail d’une grande nécessité pour le bien-être des bruxellois. Elle implique aussi un moratoire sur les engagements dans le service public et la réduction de nombreuses enveloppes budgétaires. Le gouvernement s’est engagé à ce que ce retour à l’équilibre se fasse sans perte d’emploi.
Dans le paysage associatif, les pertes d’emploi sont pourtant bien réelles et directement liées au sous-financement. Dans le service public également, sous couvert de réorganisation ou de suppression de missions, de nombreux emplois disparaissent. C’est donc la capacité d’action de la collectivité envers elle-même qui diminue, avec son lot prévisible de concitoyens se sentant abandonnés et toutes les dérives que cela peut entraîner.
Mais que peut-on alors faire pour améliorer la situation budgétaire de la région? Si des efforts pour équilibrer le budget doivent être réalisés, un scénario à la grecque n’est pas envisageable pour la Région. Mais ce qui est surtout inacceptable pour les personnes touchées directement ou indirectement par les coupes budgétaires, c’est la volonté du gouvernement de diminuer… les recettes fiscales! Alors qu’obtenir la moindre rallonge de budget relève de la mission impossible, le ministre des Finances, M. Desmedt, propose de diminuer les revenus de l’impôt des personnes physiques et du précompte immobilier pour un montant de plus de 90 millions d’euros. Le tout en s’asseyant joyeusement sur l’avis négatif de l’inspection des finances qui souligne l’absence d’effet retour escomptés (reconnaissons lui cette honnêteté-là).
Comment un gouvernement peut-il vouloir un équilibre budgétaire en travaillant à diminuer les recettes?! Comment un gouvernement qui veut augmenter le taux d’emploi peut-il se priver de recettes qui pourraient financer directement près d’un millier d’emplois utiles à la collectivité? Ce n’est plus du surréalisme, c’est de l’idéologie de droite dans ce qu’elle a de plus absurde, imposée au gouvernement bruxellois par un parti qui ne pèse presque rien en terme électoral. Y aura-t-il quelqu’un pour simplement arrêter cette folie et diminuer le futur déficit budgétaire de 90 millions… sans prendre cette direction?
