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315.02 - Compagnie aérienne

Préavis de grève chez Ryanair en Belgique

Depuis que Ryanair a reconnu par convention collective de travail (CCT) l’application du droit du travail belge en janvier 2019, les différends entre ses pilotes basés en Belgique et la direction de Ryanair n’ont fait que s’accumuler. La compagnie contourne régulièrement ses obligations légales, les accords sectoriels ainsi que les accords d’entreprise signés avec les représentants du personnel.

Le dernier événement en date, sommet de l’iceberg Ryanair, est symbolique de la méthode utilisée. Cette fois, Ryanair a annoncé à tous ses pilotes basés en Belgique son intention de mettre fin le 1er octobre 2023 à une convention collective de travail qui garantit leurs rythmes de travail et de repos actuels, et ce malgré la confirmation écrite par l’Inspection Sociale et par le SPF Emploi qu’une telle démarche (annulation d’une Convention Collective à durée déterminée) était contraire à la Loi.

Simultanément, la direction de Ryanair refuse d’ouvrir des négociations sur la restauration du pouvoir d’achat au niveau pré-Covid, malgré le retour aux énormes bénéfices de la compagnie (1,43 milliard d’euros de bénéfices après taxes cette année). En mars 2020, les pilotes avaient accepté une réduction de 20% de leur salaire pour faire face au Covid afin d’aider leur compagnie, réduction de salaire qui est toujours d’actualité aujourd’hui.

La compagnie va même jusqu’à imposer comme prérequis à toute négociation collective future que ses pilotes renoncent au préalable à leurs actions en justice sur les manquements passés de la compagnie. C’est tout simplement un chantage aux droits individuels fondamentaux de tous les employés de notre pays.

Les pilotes Ryanair ont fait preuve d’une extrême patience jusqu’ici. Pour sortir du conflit, ils ont pris l’initiative de demander à la Commission Paritaire 315.02 une conciliation qui aurait permis de sortir de l’impasse. Le bureau de conciliation de cette Commission paritaire a formulé des recommandations le 2 février 2023, à l’unanimité des représentants des employés et des employeurs. Malheureusement, nous devons constater que Ryanair n’applique toujours pas ces recommandations, qu’elle avait pourtant accepté d’appliquer  le jour de la conciliation.

Pour toutes ces raisons, et sans une proposition sérieuse de Ryanair concernant leurs revendications avant ce vendredi 7 juillet à midi heure de Bruxelles, les pilotes Ryanair basés en Belgique annoncent leur intention de faire grève le 15 et 16 juillet prochains. 

Par la suite, les pilotes Ryanair se réservent le droit de continuer leurs actions jusqu’à l’échéance de la CCT Covid encore en cours, c'est-à-dire jusqu’en octobre 2024.

Ryanair doit changer définitivement ses méthodes de gestion de personnel (pilotes et cabines) si elle veut éviter de faire vivre à nouveau des moments catastrophiques à ses clients.

Nous nous excusons d’avance auprès des passagers qui prévoient de voyager avec Ryanair d’ici octobre 2024 et qui pourraient être impactés par ces grèves mais nous ne pouvons plus laisser Ryanair bafouer les principes élémentaires du dialogue social belge.

Rappelons que Charleroi est la deuxième base la plus rentable des 86 bases actuelles de Ryanair. Les responsables de Ryanair gèrent ce chaos organisé depuis l’Irlande, tout en encaissant les profits d’un juteux marché construit sur un droit du travail dont ils refusent d’appliquer les principes dans les faits à leurs propres employés.

Il ne nous appartient pas de juger le business model de Ryanair, dont les pilotes sont parmi les plus productifs et les plus flexibles d’Europe. Mais il nous faut aussi constater que la compagnie prospère sur un dumping social en évitant de se conformer aux règles auxquelles sont soumis tous les autres acteurs de l’aviation basés dans notre pays, ce qui crée de plus une concurrence déloyale envers les autres compagnies aériennes belges et européennes.

Enfin, en tant qu’association professionnelle, la BeCA se doit de surcroît de signaler que cette obstruction répétée au dialogue social s’accompagne de mises sous pression des pilotes malades et sous certificats médicaux par des lettres menaçantes. 

Les pilotes, étant donné le poids de leurs décisions et leurs responsabilités, sont les piliers de la sécurité des voyageurs. Essayer d’intimider les équipages pour maximiser la rentabilité d’une entreprise jusqu’au dernier euro est tout simplement inacceptable !