Communiqué de presse
08/02/2022
Le gouvernement relance le projet de loi d’interdiction professionnelle pour le personnel de santé non vacciné
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Monsieur Vanden Broucke, les soignants sont vos alliés contre la pandémie, pas vos adversaires politiques !
Le Ministre de la Santé persiste à vouloir faire voter la loi d’interdiction professionnelle pour le personnel de santé non vacciné. Il comprend que le retard pris oblige à retarder la mise en œuvre. Par contre, il continue à tenter de persuader que passer en force sera bénéfique en terme de santé publique. C’EST FAUX !
Pour rappel, le Conseil d’Etat a validé le principe de proportionnalité des sanctions prévues par le projet de loi, sur base d’avis scientifiques, du lobby de l’Absym, d’un avis partagé du CNT, et du Conseil fédéral des établissements hospitaliers… d’avant Omicron. L’avis du Conseil d’Etat relève cependant que l’évolution de la situation pandémique, des connaissances scientifiques, et des moyens thérapeutiques nouveaux peut remettre en cause cette proportionnalité, autrement dit, ne justifierait plus l’adoption de cette loi.
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on est bien dans ce scénario. Les auditions parlementaires en matière d’obligation vaccinale pour la population entière sont quasi unanimes (sauf l’Absym, évidemment) : il est TROP TARD. La propagation d’Omicron, les caractéristiques nouvelles de la protection vaccinale, même la politique gouvernementale (ainsi que les politiques internationales), réduisent drastiquement la plus-value d’une obligation vaccinale pour le personnel de santé.
Par contre, utiliser l’arme de l’interdiction d’exercice pour « pousser les professionnels de santé à faire le « booster », parce que le vaccin, c’est comme la stérilisation des instruments en chirurgie »(sic), c’est utiliser le défoliant pour être sûr qu’il n’y aura plus de pucerons sur les feuilles : TROP DUR ! Qui croit encore aujourd’hui qu’en menaçant les professionnels de santé, ils vont tous se faire vacciner. A peine 10% des professionnels de santé n’étaient pas en ordre de première vaccination ; ce taux diminue avec l’exigence du « booster ». Une proportion non négligeable du personnel, déjà à bout et en manque de reconnaissance, affirme clairement son intention de quitter le secteur en cas d’obligation.
Le problème majeur dans le cadre de la vague Omicron, c’est la pénurie de personnel dans les soins de santé. Selon nos informations, près de 10% des lits hospitaliers sont aujourd’hui fermés faute de personnel. La plupart des maisons de repos sont à la limite pour assurer la continuité des soins… Comment pourrions-nous imaginer qu’une telle décision politique ne prenne pas la peine de vérifier si la situation actuelle, tellement différente d’il y a quelques mois, justifie encore de prendre un tel risque sanitaire ? Le DOGMATISME, tellement décrié par tous, notamment par rapport aux fake news, deviendrait-il la nouvelle ligne politique ?
Plus que jamais, la population a besoin de personnel soignant motivé, valorisé, reconnu, et entendu. Certainement pas stigmatisé et infantilisé.
Alors, ne serait-il pas temps pour le Ministre de la Santé d’accepter d’entamer un réel dialogue avec les représentants de ce personnel pour en discuter ??
Chiche !



