Accord sectoriel: un doux rêve ?
Accord sectoriel au fédéral : sans budget il devient hypothétique
Le gouvernement fédéral fraichement installé fin 2020 avait déclaré d’emblée vouloir accorder de l’importance au dialogue social et respecter les partenaires sociaux.
Dans la lignée, la ministre de la fonction publique fédérale, Petra De Sutter, s’est engagée à conclure un accord sectoriel au sein du Comité B. Et dans la foulée, le Premier ministre a pris un engagement similaire au niveau du Comité A pour la conclusion d’un accord intersectoriel.
C’est ainsi qu’en mai 2021 nous vous annoncions le lancement des négociations en vue de conclure un accord sectoriel au comité B. Que s’est-il passé depuis ?
La volonté du cabinet de la fonction publique était de conclure un accord fin juin. Cependant, le gouvernement n’avait pas octroyé de budget pour implémenter l’accord.
Nous avons refusé la proposition. Et ce pour les raisons suivantes :
- Un accord sectoriel comprend toujours un volet qualitatif et un volet quantitatif.
- Son exécution est toujours financée par le gouvernement, préalablement à toute négociation.
- Dans le volet qualitatif, nous savons qu’une grande partie de nos revendications rencontrent les attentes des administrations. Donc, avec ou sans accord qualitatif, les dossiers arriveront sur la table des négociations au cours de la législature.
- C’est la première fois que le cabinet fonction publique entame des négociations sans avoir obtenu du budget. Ce qui d’emblée hypothèque la conclusion d’un accord avec un volet quantitatif.
Accord budgétaire et impact sur la fonction publique fédérale
La semaine dernière, les informations suivantes nous ont été confirmées :
Alors que la Fonction publique fédérale est déjà en plein essoufflement, des économies linéaires de 1,1 % par an sont confirmées (150 millions d’euros en 2022, pour arriver à 600 millions d’euros en 2024).
Un budget de 24 millions d’euros est alloué pour financer divers projets portés par la ministre De Sutter, dont une indemnité de bureau pour le télétravail structurel post-covid.
Le budget pour financer le volet quantitatif d’un accord sectoriel est renvoyé au contrôle budgétaire de début 2022.
Pour rappel, nos revendicatifs pécuniaires prioritaires sont : un 13e mois complet, une revalorisation générale des échelles de traitement (la dernière remonte à 2002) avec l’augmentation des fonds d’échelle, l’octroi de chèques-repas/écochèques.
En juillet dernier, le cabinet de la fonction publique nous avait fait savoir que seuls le 13e mois et les chèques-repas pourraient être retenus et réalisés d’ici la fin de la législature. Force est de constater que sans financement, aucune de nos demandes ne pourra être retenue.
Accord sectoriel : un doux rêve ?
L’avantage étant d’amener à la table des négociations les dossiers qui sont portés par les organisations syndicales. Avec la contre-partie d’un engagement de paix sociale.
Sans accord sectoriel, seuls les dossiers portés par l’autorité seront réalisés. Et c’est ce qui se passe actuellement. En effet, après le projet sur la déconnection, la négociation sur la réforme du système d’évaluation vient de se terminer.

