Communiqué de presse
07/07/2021
IBM : le bilan après 8 mois d’irrespect total de la direction
Nous n’avons pas été respectés durant ces 8 derniers mois. Seul a compté l’exécution aveugle de directives venues de l’international menant à la perte de 20% du taux d’emploi dans une entreprise bénéficiaire qui a battu des records en termes de profitabilité en pleine crise CORONA ; près de 200 départs ce mois de juin et un chiffre similaire prévu en septembre dans le cadre d’un transfert.
Nous ne rappellerons pas ici le déni de la concertation sociale dans le conseil d’entreprise, ni les motifs de la contestation collective de la phase d’information et consultation, ni les innombrables entorses à la loi RENAULT et à d’autres législations, ni l’instrumentalisation du RGPD pour aveugler la délégation syndicale et les représentants du personnel dans l’exercice de leurs mandats.
Par contre, nous faisons ici le bilan de l’action syndicale pendant ces 8 derniers mois sachant qu’aucune convention collective de travail de plan social n’a pu être signée dans cette entreprise multinationale et que la direction a mis à exécution unilatéralement son plan de licenciement collectif ce jeudi 24 juin.
Le résultat final obtenu pour les travailleurs se situe pourtant bien au-dessus de celui de la négociation d’origine, principalement grâce à la contestation collective de la clôture unilatérale de la phase 1 de la loi RENAULT et de ses risques juridiques associés, aux actions collectives du personnel, aux actions syndicales, sociales, administratives, juridiques et politiques organisées par la délégation syndicale.
La proximité de la délégation syndicale et des représentants, le mandat reçu, reconfirmé et renforcé par le personnel à plusieurs reprises, le service donné à leurs collègues ainsi que la communication hebdomadaire dans l’entreprise se sont aussi traduits par un taux de participation élevé à chaque assemblée du personnel, supérieure à celui des sessions d’information de la direction et par un accroissement de l’affiliation syndicale.
Ce que la délégation syndicale/représentants du personnel ont obtenu :
• Une réduction du nombre de départs d’une vingtaine d’unités par rapport au nombre total d’origine (206)
• Une augmentation du nombre de départs volontaires (VLP) par rapport au nombre de licenciements forcés :
o Une augmentation du nombre de départs volontaires (VLP) de 25 % à 75% du nombre total de départs
o Une réduction du nombre de licenciements forcés de 75% à 25% du nombre total de départs
• Aucun licenciement forcé parmi le personnel à transférer vers KYNDRYL
• Une augmentation de la prime extra-légale par année d’ancienneté en plus de l’indemnité de rupture pour les licenciements forcés
• Un outplacement à charge de l’employeur pour les licenciements forcés
• Une augmentation significative du budget formation individuel pour chaque licenciement forcé
• Une amélioration du plan de départ volontaire (VLP) ; constituant un aménagement de fin de carrière
Ce que la délégation syndicale/représentants du personnel n’ont pas (encore) obtenu :
• La transparence et le suivi par la délégation syndicale de la mise en œuvre des décisions de la direction
• La sécurité d’emploi pour le personnel qui reste en service pour les prochaines années
• La mise en œuvre d’un plan stratégique de formation continue pour se préparer aux évolutions technologiques chez IBM
• La sécurisation transparente contractuelle des avantages collectifs acquis en vertu du contrat du personnel qui sera transféré chez KYNDRYL
Ce qu’il reste à faire :
• Recréer le dialogue social avec les représentants du CE/CPPT et la DS d’IBM après une analyse et une remise en question des pratiques de management de la direction
• Suivre l’implémentation du plan de transformation de la direction d’IBM
• Créer le dialogue social chez KYNDRYL en tissant de nouveaux liens entre les représentants transférés et la future nouvelle équipe de direction
• Continuer à revendiquer chez KYNDRYL l’établissement contractuel transparent d’un inventaire exhaustif des avantages collectifs acquis en vertu du contrat
• Poursuivre la dénonciation des entorses à la loi RENAULT et continuer à revendiquer son renforcement sur base des mauvaises pratiques chez IBM
Conclusion :
Le dialogue de sourd abrutissant subit pendant ces 8 derniers mois, l’incapacité de la direction à pouvoir parvenir à un accord social et le chantage fait aux licenciements forcés pour éviter les contestations individuelles se terminent par un ébranlement du leadership du nouveau directeur général belge et de son staff, en place depuis le début de cette année, qui a creusé un fossé gigantesque avec son personnel et les représentants/délégués mandatés spécifiquement par celui-ci.
Une pétition soutenue en quelques jours par plus de 200 travailleurs et une lettre vers le siège américain d’IBM pour demander une intervention au niveau du management local sont révélateurs de la situation actuelle dans l’entreprise.
L’accompagnement d’un médiateur social du Ministère de l’Emploi à partir du mois de septembre, réclamé par les syndicats, sera plus que nécessaire pour la restauration d’une base minimale de confiance et pour construire des ponts de part et d’autre de ce fossé.



