Monitor: la mobilité des Belges sous la loupe

Comment et pourquoi se déplace-t-on en Belgique? Ce sont les questions auxquelles l'enquête Monitor tente de répondre en interrogeant régulièrement de nombreux Belges sur leurs habitudes déplacements De par leurs actions dans les entreprises, les secteurs ou les régions, les militant.es de la CSC peuvent contribuer à rendre la mobilité plus durable. Ces chiffres nous donnent en effet des informations utiles pour prendre ou soutenir des initiatives qui encouragent des déplacements plus respectueux de notre planète et de notre portefeuille!

L’enquête Monitor a été réalisée en ligne en 2017 auprès de 10 632 Belges âgés de 6 ans et plus. C'est une enquête assez originale qui se base sur un "carnet de déplacements". Pour un jour donné, le répondant doit renseigner l’ensemble de ses déplacements, en détails, leurs motifs et les modes de déplacements utilisés. Il s'agit donc de données très détaillées. On peut aussi considérer que ces données sont représentatives puisque elles ont été pondérées pour les facteurs du genre, de l’âge, de la région de domicile et du niveau d’éducation. Ce sont en tout 25.000 déplacements qui ont été étudiés.

Une heure de voiture par jour en moyenne

La voiture personnelle reste le mode le plus souvent utilisé par le Belge qui parcourt en moyenne 35 kilomètres par jour et y consacre en moyenne 58 minutes. Au-delà de ces chiffres moyens, l'auto reste la reine aussi pour les petites distances: 17% des trajets effectués en voiture sont inférieurs à 5 km, une distance qu'il est raisonnable d'effectuer en vélo, par exemple.

En nombre de déplacements, la voiture représente à elle seule 61% des déplacements, contre 14% pour la marche, 12% pour le vélo et 11% pour les transports en commun (train, métro, tram ou bus).monitor infographie

La voiture incontournable en dehors des villes

L’utilisation des transports en commun, hors train, est répartie de manière relativement homogène à travers le pays. On remarque, sans surprise, une utilisation plus importante de ces modes dans les arrondissements comprenant des villes importantes.

Alors que dans les villes, 1/3 des déplacements se fait en auto, l'analyse des comportements montre clairement qu'en dehors des villes la voiture reste incontournable.

 La région et le genre font aussi  la différence

Les différences entre les régions du pays sont connues: les Flamand.e.s sont un peu moins attachés à la voiture que les Wallon.ne.s, ils enfourchent beaucoup plus souvent le vélo. Les Wallons utilisent quant à eux légèrement plus les transports en commun que dans le nord du pays. Les Bruxellois.e.s  utilisent une alternative à la voiture plus d’une fois sur deux, le plus souvent la marche ou les transports en commun (métro, tram, bus)

Autre différence:  les comportements de déplacements des hommes et des femmes . Même si le nombre de trajets est sensiblement identique, les femmes sont plus souvent passagères, marchent plus souvent et font moins de vélo que les hommes. La distance domicile-lieu de travail est plus courte chez les femmes et elles prennent plus souvent le bus ou le métro que les hommes.

Motifs de déplacements

Les trajets domicile-lieu de travail représentent 19% de l'ensemble de nos déplacements. Bien que ces trajets ne constituent pas le premier motif de déplacement (ce sont les loisirs), ils jouent un rôle important dans la congestion car ils sont très concentrés dans le temps. Ils affichent de surcroît un taux d'occupation des voitures très faible: on va souvent seul en voiture au travail. Changer ses habitudes pour cette portion de nos déplacements est donc intéressant à plus d'un titre.

L'intermodalité

Combiner plusieurs modes de transport pour un même trajet n'est vraiment pas une habitude des belges: 98% des trajets recensés dans l'enquête sont unimodaux. Les seules intermodalités recensées sont liées au train comme mode central. Cette multimodalité s'exerce essentiellement aux entrées/sorties des villes malgré la plus grande diversité d'offre d'alternatives au sein des villes.

Parmi les 30% de répondants qui combinent le train avec un autre mode de transport, 33% d’entre eux utilisent le vélo, 22% la voiture et 21% le métro, tram ou bus.

Un dernier chiffre pour la route

Un ménage belge sur 6 ne dispose pas de voiture! Le nombre de voitures par ménage est essentiellement dépendant de la présence et du nombre d'enfants dans le ménage ainsi que de l'accessibilité en transports en commun. Les revenus jouent un rôle indéniable dans les parts modales: à partir de 3000 euros de revenus mensuels, la part des transports en commun chute en-dessous des 10%.

 Evolutions positives à souligner

Les chiffres de Monitor sur le nombre de déplacements montrent des évolutions positives de la mobilité en Belgique: depuis 1999, la part modale de la voiture a progressivement diminué, de 67% à 61%; tandis que celle du vélo a progressé, passant de 8% à 12%. La diminution de la part modale de la voiture ne permet toutefois pas de diminuer l’intensité du trafic routier à cause de l’augmentation du nombre de déplacements, liée à l’augmentation de la population.

De manière générale,  les loisirs constituent un motif important de déplacement. Faire ses courses et accéder à divers services prend de plus en plus d’importance à mesure de l’âge. Pour la population active, se rendre à son travail constitue une autre grande raison pour se déplacer. Avec la multiplicité des services en ligne, la croissance de l’e-commerce et du télétravail, l’évolution de ces tendances sera à suivre de près dans les futures enquêtes.

Rapport complet de l'enquête sur https://mobilit.belgium.be/sites/default/files/resources/files/partie_mobilite_novembre_2019_final.pdf

 

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